
Wade, les perses et les Gaulois
Ce n’est pas par hasard si ce sont les perses (iraniens) qui ont inventé le jeu d’échec et les français les subtilités de la diplomatie moderne. L’affaire Clotilde Reiss est une sortie de jeu d’échec à Odéon. Les iraniens ont joué et gagné et le reste est digne d’une représentation à Odéon parce que chacun y a joué sa partition mais l’Iran a écrit le scenario et a distribué les rôles avec cette grande subtilité des perses. Wade a joué un rôle taille sur mesure de même Lula et Assad. Leur rôle a été simple : divertir le public et donner un cachet humanitaire à des négociations entre perses et Gaulois. La représentation est parfaite parce qu’elle avait été jouée dans les années 90. Le 18 juillet 1980, Anis Naccache tente d’assassiner Bathiar, le dernier Premier Ministre du Shah et le rate de peu. Il est condamné à perpétuité. Pour obtenir la libération des otages français au Liban détenus par une milice proche de Teharan, Mitterrand libère et amnistie Nacache le 27 juillet 90 qui s’installe à Teheran. Fin de l’acte 1. Leçon : Téhéran n’abandonne jamais ses soldats. Un an après, Ali Vakli Rad réussit là où Naccache avait échoué : assassiner Bathiar. Teheran ne pouvait pas faire moins pour lui qui a réussi que pour Naccache qui avait échoué. Ali Vakli Rad a été libéré en échange du retour de Clotilde Reiss comme les otages français au Liban les ont été en échange de la libération de Naccache. Fin de l’acte II. Leçon : le secret est vital pour de telles négociations du moins jusqu’à ce qu’on trouve un accord. Ce que les Français viennent d’accepter, les iraniens avaient demandé à Wade il y a six mois de le proposer à Paris. On se souvient alors des cris d’indignation de Kouchner rappelant la séparation de pouvoirs en France. Apparemment la raison d’Etat a été plus forte que les principes. Français et Iraniens ayant trouve un accord, il ne restait plus que la mise en scène et c’est en ce moment que Wade, Lula et Assad entrent en scène. Donc ils ont eu un rôle : celui que les français et les iraniens leur ont fait joue probablement à « l’insu de leur plein gré » comme aurait Richard Virenque. C’est la deuxième partie de jeu d’échec à trois entre l’Iran, la France et le Senegal puisque dans les années 90, Abdou Diouf avaient joue un grand rôle dans les négociations qui avaient abouti à la libération des otages du Liban mais il s’était gardé de revendiquer un quelconque rôle.
Senegal Airlines: Karim contre Wade
En inaugurant le bijou qu’est la gare maritime internationale, le Président Wade dans ce qui sera probablement un de ses meilleurs discours a fait l’éloge de l’expertise nationale. Wade a demande aux sénégalais à avoir confiance en eux même en donnant l’exemple de Cosama, la société qui a mis fin la tutelle maritime marocaine après le drame du Joola. Le fait d’avoir courageusement confié ce bateau à des sénégalais malgré le traumatisme du Joola est l’un des rares actes d’homme d’Etat posé par Wade. En refusant notre mise sous tutelle maritime et confiant le bateau au privé national Wade a sauvé notre orgueil national qui a failli être englouti par l’atlantique. Nul n’est prophète chez soi. La formule n’a jamais été aussi vraie. Au moment où Wade fait l’éloge de l’expertise nationale et nous invite à avoir confiance en nous même, Sénégal Airlines choisit un italien comme DG. Ce choix est d’autant plus inconvenable que le privé national détient 60 % des actions. On ne dit pas qu’un étranger ne doit pas diriger une société au Sénégal, cela n’aurait pas de sens par la compétence n’a pas de couleur, ni d’ethnie mais pour une compagnie nationale, la préférence nationale est naturelle. Imaginez Air France dirigé par un Anglais. Pour le cas de Senegal Airlines, la préférence nationale n’était même pas nécessaire parce qu ‘il ya une expertise nationale avérée. C’est tout de même anachronique de mettre un italien à la tete de Senegal Airlines au moment où le privé national fait ses preuves avec le bateau Aline Sitoe Diatta et la BNP reconnait l’expertise nationale en ramenant Amadaou kane à la Bicis. Avec Air Senegal International, on a l’impression que Wade « montre la lune, Karim regarde son petit doigt »
TFM : le prix de la pression
Il y a de quoi réserver en permanence une partie de ce bloc-notes à l’art qu’a l’Etat du Sénégal de s’enfermer dans des paris pascaliens à l’envers ( perdre à tous les coups). La gestion calamiteuse du dossier de TFM en est le dernier exemple. Youssou Ndour est convaincu et c’est vrai qu’il a eu sa licence non pas par le droit mais grâce à la pression. Donc les citoyens sont fondés à croire que la loi n’a pas de portée générale et que la pression est le seul langage que comprend ce gouvernement. Deuxièmement, il est evident que TFM ne se limitera pas à la culture. On connait le point faible du gouvernement : en cas de besoin on remet la pression. Donc l’Etat est allé à Canossa devant un citoyen. Ce qui sape gravement sa crédibilité et celle des institutions parce que le Président a démontré que la gestion des fréquences dépend de son bon vouloir ou de la pression qu’on peut lui imposer. Youssou Ndour a avec lui la jurisprudence 2stv qui est passée de thématique à généraliste mais aussi et surtout sa grande capacité de contourner le « gate keeping » par la pression. D’ailleurs le sage de Sebikotane m’avait donné l’épilogue naturel du conflit. Il me disait en substance l’Etat reculera parce que la démocratie est la loi du nombre et Youssou Ndour a les foules et donc la pression. « Les gens paient très cher pour aller voir Youssou Ndour et l’Etat mobilise les ndiaga ndiaye, des bus et distribue des tee-shirts pour faire venir les gens ». Youssou Ndour a les foules et c’est un immense pouvoir en démocratie. C’est ce que Bara Tall n’a pas encore. C’est pourquoi son problème tarde à trouver une solution.






