
Du bon usage de la polémique
Apres avoir jeté une pierre dans le jardin des socialistes lors de la destruction du vieux pont de Pikine, le Ministre d’Etat Karim Wade avec une ironie toute british a profité de la visite des grands travaux du Port de Dakar pour jeter une grosse brique dans le jardin des socialistes en disant « avant l’an 2000, si les colons revenaient au Port de Dakar, ils ne seraient pas dépaysés » sous entendant bien sur que rien a changé de 1960 à 2000 ». Cette flèche assassine a été décochée sans l’air d’y toucher à la fin de la visite « puisqu’il faut polémiquer » comme dit il. La polémique est un art en démocratie. « La vérité ne se dégage pas de la polémique mais des œuvres qu’on a faites » disait Paul Gaugin. Quand la Signare accoste après la visite des travaux du Port de Dakar, on aura appris pour les débarquements de containers le Port est passé « de plusieurs jours à 15 mn » et de « 17 containers par heure à 50 aujourd’hui » et que l’investissement de DP World est de 75 milliards en lieu et place des 40 milliards ». Evidemment les grands travaux du PAD sont titanesques et constituent une excellente chose pour reconnecter l’hinterland west africain à Dakar comme du temps de Messmer. Etant donné qu’un bon croquis vaut mieux que 1000 mots, la meilleure illustration entre le vieux port qui se meurt et celui qui entrain de sortir de terre avec les grands travaux, est la juxtaposition entre les deux gares maritimes. Quand on débarque du bateau la Signare, l’image est saisissante. La nouvelle gare ressemble à une jeune signare alors l’ancienne a les traits et la lassitude d’une vielle rombière. Cette image des gares maritimes est plus illustrative que tous les chiffres et les discours. Etant donne que Lord Mountbatten ( pardon Karim Wade pour éviter toute polémique » adore l’art de la polémique, la destruction de l’ancienne gare maritime comme celle du vieux Pont de Pikine sera une bonne occasion de jeter des briques dans le jardin du PS à moins de faire venir à Dakar Pierre Mesmer, le dernier Gouverneur General, auteur du livre « les blancs s’en vont » pour qu’il constate que les blancs sont partis mais Wade est arrivé en 2000 et tout changea. Bien sur les socialistes ne seraient pas d’accord, ce qui ne ferait que relancer la polémique qui est à la démocratie ce que le silence est à la dictature. Pour parler comme Gauguin disons « la vérité ne se dégage pas de la polémique » mais de la sanction des marches financiers. Le fait que le PAD puisse lancer un deuxième emprunt obligataire sur le marché financier en moins de 10 ans et le marché réponde favorablement est le meilleur indicateur de performance du Port.
L’Iman, l’argentier de l’Etat et la jellabah du Khalife Oumar
C’est le quotidien L’As du 26 mai qui relate le « débat » entre le Ministre des Finances et l’Imam Mbaye Niang sur les dépenses hors budget. La réponse du Ministre est fort intéressante. Abdoulaye Diop apprend le ba-ba des finances publiques à l’Imam à savoir à la séparation entre ordonnateurs et comptables publics qui garantit la bonne gestion de l’argent public et pourquoi au Sénégal cette séparation est purement formelle. Le gros bon sens de l’Imam et la réponse technique du Ministre montrent l’écart qu’il y a la perfection des textes et la réalité. Si les comptables publics avaient pris leur responsabilité en refusant d’exécuter des dépenses manifestement illégales il n’y aurait jamais de dépenses hors-budget. D’ailleurs le terme « dépenses hors budget » n’existe pas en Finances publiques. L’Imam Mbaye Niang a beaucoup de mérite parce qu’il a fait toucher du doigt au Ministre les failles de l’Etat de droit surtout en matière de finances publiques. L’Etat de droit est tellement bien organisé qu’il y a un équilibre en ceux qui ont un contrat à durée indéterminée avec l’Etat à savoir les Hauts fonctionnaires et ceux qui ont un CDD (les élus à commencer par le Président de la République et certains nommés comme les ministres). Si les fonctionnaires chargés de veiller sur l’argent public et qui devront rendre compte si l’on en croit au ministre, avaient appliqué les quatre principes budgétaires ( le principe d’annualité, le principe d’unité, le principe d’universalité et celui de spécialité) il n’y aurait jamais eu cette délinquance budgétaire appelée pudiquement dépense hors budget. Le Ministre qui ne rendra pas compte est tout le temps dans le domaine du politique, le fonctionnaire doit le tirer dans le domaine du légal car les ministres qui ont un CDD viennent et partent et le fonctionnaire qui reste et qui est toujours à portée de main est oblige de rendre compte. L’irresponsabilité organisée du ministre est limitée par le pouvoir qu’a le fonctionnaire de refuser d’exécuter un acte manifestement illégal. Le ministre des Finances en bon produit de l’administration a donné du haut de sa tribune un cours élémentaire de Finance Publique à l’Imam. L’Imam aurait du à son tour lui donner un cours sur la transparence et la gestion de l’argent public dans l’Islam en lui citant l’exemple du Khalife Oumar symbole de rigueur dans la gestion de l’argent public. Les quatre principes budgétaires ont pour objectif d’assurer une bonne gestion et la transparence. Cela ne sert à rien si on les prêche pas par l’exemple comme le Khalife Oumar. Le kahlife Oumar Oumar gérait avec une telle parcimonie les biens de la communauté qu’il ne changeait presque jamais son unique habit devenu légendaire. Le jour où il le changea, les langues commencèrent à jaser sur le nouvel habit de Oumar et sa provenance. Quand la rumeur lui parvint, il fit témoigner son fils Abdoulaye ibn Oumar qui reconnut lui avoir prête sa jellabah parce que celui Khalife qu’on lavait tarder à sécher au soleil. Evidemment l’Etat musulman n’avait pas les quatre principes budgétaires mais avaient des hommes d’Etat qui prêchaient par l’exemple. Cela vaut tous les textes qui n’ont de sens sens que par rapport à la qualité des hommes qui doivent les mettre en vigueur.
Dakar, bientôt comme Lagos
Il ya quelques semaines, je vous disais que le sous développement, c’est quand le futile l’emporte sur l’utile en donnant l’exemple de Ministre de l’Energie qui était intervenu de l’étranger pour qu’on rétablisse l’électricité aux HLM pour un combat de lutte alors qu’il n’a jamais eu la même diligence pour le domaine industriel. Eh bien il faut y ajouter le refus du bon sens urbain. Vous l’avez sans doute remarqué. Notre capitale est probablement la seule grande ville au monde sans trottoirs mais aussi une ville sans feu rouge. Les feux rouges sont des outils d’une telle banalité mais vous simplifient grandement la vie. Peut être que maire de Dakar pense que la discipline légendaire des dakarois leur courtoisie qui rendent facultatif le code de la route rendent les feux rouges anachroniques à Dakar en 2010. Lagos a été classé « la pire des cités » en matière de qualité de vie. Dakar va bientôt la détrôner avec des embrouillages qui se forment automatiquement quand la Police est absente, des mendient qui organisent leur vie sur des trottoirs déjà privativés par des marchands ambulants. Dakar est devenue une ville agressive sur le plan psychologique et très stressante pour les automobilistes entre les mendiants qui vous interpellent à droite, les marchands qui vous assaillent à gauche et le laveur de voiture devant qui prend des airs de policier pour vous demander de vous garer. Dakar n’est pas la ville la plus pauvre du continent mais c’est la ville qui fait le plus étalage de misère en Afrique



Le secteur du transport interurbain intéresse de plus les grosses pontes du transport touristique et de location de voitures de luxe. C’est à l’image du groupe Senecartours qui, face à la presse, le samedi 29 mai dans le cadre du salon international du tourisme de Dakar, a présenté trois projets pour les cinq ans à venir, dont un de 5,100 milliards de F Cfa qu’il compte investir dans le secteur du transport interurbain.
La France accueille aujourd’hui et demain à Nice 38 dirigeants africains pour le 25e sommet Afrique-France, une rencontre présentée comme celle du “renouveau”, faisant la part belle aux puissances nigériane et sud-africaine tout en s’efforçant de ne pas fâcher les vieux alliés francophones.
Le premier salon du tourisme, des industries culturelles et de l’artisanat d’art, a pris fin, hier, sur une note de satisfaction des organisateurs qui donnent rendez-vous aux acteurs et au public, au mois de mai 2011 pour l’organisation de la 2e édition.
Satisfait de l’action de la Banque africaine de développement (Bad) dans la gestion de la crise récente, le Conseil des gouverneurs a cependant invité l’institution à « accorder une attention accrue » à une douzaine de questions très importantes.
Une ville touristique verra bientôt le jour à Mbodiène. C’est le fruit d’un projet de partenariat de 195 milliards de francs Cfa entre la Société « Sapco » et le « Groupe Adonis »
La Chine, plus gros détenteur de réserves de changes au monde, serait-elle inquiète de la crise européenne au point d’envisager de vendre une partie de ses avoirs en euros ? Pékin s’est empressé de démentir cette rumeur, rapportée jeudi 27 mai par le Financial Times, qui a mis en émoi les marchés. La nervosité qu’a suscitée cette indiscrétion, vraie ou fausse, et l’immense soulagement procuré par son démenti, révèlent l’enjeu que représente la Chine, et plus largement l’Asie, dans les fluctuations de la monnaie unique.
L’Italien Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE, a accusé vendredi un “grand pays de la zone euro” d’avoir “jeté de l’huile sur le feu” en pleine crise grecque, dans une allusion claire à la chancelière allemande Angela Merkel.
Les structures bancaires de la zone UEMOA devraient se muer en banques spécialisées ou de développement, pour un financement plus adéquat de l’activité économique dans cet espace, a suggéré le directeur du Centre de recherches économiques appliquées (CREA) Ibrahima Diop.
Améliorer l’accès à des statistiques plus fiables sur l’alimentation, l’agriculture et la sécurité alimentaire au niveau national et sub-national, est l’objectif principal du Projet CountryStat Sénégal. C’est un système basé sur internet qui vient d’être lancé officiellement, hier, par le ministère de l’Agriculture et la Fao.
Directeur général de l’Agence nationale des affaires maritimes (Anam), depuis juin 2009, M. Yérim Thioub a exercé les fonctions de directeur de la Marine marchande, de 2005 à 2009 et de directeur de la Protection et de la Surveillance des pêches, de 2001 à 2005, de Conseiller technique au ministre de la Pêche (1996-2001). Titulaire d’un Master of Sciences in Fleet Management obtenu à l’Université maritime internationale de Malmö (Suède), après avoir fréquenté le Centre supérieur des Transports maritimes et internationaux de Marseille (1979-1980), l’Ecole supérieure des Transports de Paris (1977-1979) et l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il révèle les innovations apportées en matière de sécurité sur la liaison maritime Dakar-Ziguinchor.
Faisant le tour des relations existant entre la Banque africaine de développement (Bad) et le Sénégal, le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, rappelle que notre pays a tout intérêt à continuer sa collaboration avec l’institution.
Par senegal-business.com Pendant la colonisation le Port de Singapour n’était rien d’autre qu’u vaste entrepôt pour les britanniques. Apres l’indépendance, il a continué d’être un entrepôt pour les pays voisins. Avec une grande ambition et des investissements massifs, le Port de Singapour est devenu un très grand Port. Il est même devenu le plus grand au monde car il a détrôné celui de Rotterdam. A suivre le discours de Bara Sady et les investissements colossaux investis au Port, on a l’impression qu’il a l’ambition de faire du PAD un autre Singapour. Ambition tout à fait réalisable pour deux raisons. Premièrement Dakar est aussi stratégique que Singapour dans les voies maritimes et le commerce international. Deuxièmement les marches financières réagissent favorablement au projet d’entreprise du Port. Un premier emprunt obligataire avait permis de réaliser de grands travaux comme la réhabilitation du Mole II, extension du terminal à containers, la plateforme de distribution, des entrepôts au Mali et la gare maritime. Le port vient de lancer un autre emprunt obligataire et le marché est entrain de répondre favorablement. « Il n’y point de bon vent pour celui qui ne sait pas naviguer » nous enseigne Sénèque, le grand sage. Si les marches et les investisseurs répondent aussi favorablement c’est qu’ils sont convaincus que le DG du Port sait où il veut mener sa barque. Le PAD est une double porte. Le port de Dakar est un outil essentiel pour reconnecter l’hinterland ouest africain à Dakar grâce aux corridors mais est la porte de sortie naturelle de l’hinterland vers le monde. L’ambition du PAD ne doit pas être de concurrencer Abidjan mais visons Singapour, ce qui fait à défaut de détrôner Singapour, nous serons au moins le plan port de Tanger au Cap. 


