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Le FMI à Athènes pour aider la Grèce à tenir ses objectifs de réduction du déficit

Tandis que les principales banques du pays demandent à bénéficier des aides d’Etat promises par le gouvernement et que le déficit pour 2009 se creuse, les experts du FMI sont arrivés à Athènes, hier, pour assister l’administration grecque dans la gestion de son programme d’austérité.

L’arrivée hier à Athènes d’une poignée d’experts du Fonds monétaire international (FMI) n’a pas suffi à rassurer les investisseurs, qui ont exigé les plus forts rendements jamais réclamés pour l’achat des obligations d’Etat grec depuis l’entrée de ce pays dans la zone euro. Les fonctionnaires mandatés par le Fonds sont, pour deux semaines, en mission « technique », ont pour vocation, comme l’a rappelé hier le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, à veiller à la bonne marche du plan de rigueur lancé par le gouvernement pour réduire de 4 points cette année, à 8,7 % du PIB, le déficit public de l’Etat. Le FMI va assister le gouvernement pour rendre plus efficace le projet de loi contre l’évasion fiscale. Du côté des dépenses, il doit garantir la transparence, le contrôle et le suivi du budget, placé sous haute surveillance de la Commission européenne par les ministres des Finances de l’Union européenne.

Le FMI – officiellement -n’est donc pas à Athènes pour évoquer le prêt qu’il pourrait être amené à lui faire dans le cadre de l’accord conclu au sommet européen du 25 mars avec ses partenaires de la zone euro. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent cependant pour penser que la Grèce ne pourra se passer longtemps d’un soutien financier important. Le gouvernement doit lever une dizaine de milliards d’euros d’ici à la fin mai et au total 54 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année. Et, hier encore, le ministre des Finances a répété : « Les taux d’intérêt sont très élevés et l’on ne pourra pas continuer à ce niveau très longtemps. »

Système bancaire en difficulté

Le taux de l’obligation d’Etat grecque à 10 ans a dépassé hier 7 %, son plus haut niveau depuis 2001, ce qui représente plus du double de la rémunération de la dette allemande. L’inquiétude des marchés a été alimentée hier par l’annonce que le déficit public serait en fin d’année plus élevé que les 12,7 % du PIB annoncés. Le ministère des Finances a évoqué le chiffre de 12,9 % en raison d’une récession plus profonde qu’escompté (- 2 % au lieu de – 1,2 %), mais la presse économique grecque mise plutôt sur un déficit final de 13,5 % voire de 14,3 %, selon le quotidien financier « Naftemboriki ».

En outre, les quatre principales banques grecques (dont National Bank of Greece et Alpha Bank), qui disent éprouver des difficultés à lever des fonds sur le marché monétaire, ont demandé au gouvernement de leur verser le solde de l’aide financière promise en 2008, soit 17 milliards d’euros. Autre signe de fragilité de l’économie, le taux de défaut de paiement dans le système bancaire a encore augmenté au dernier trimestre 2009 pour atteindre 7,7 %.

L’extrême tension des marchés est enfin nourrie par les nombreuses questions laissées sans réponse sur le plan d’aide européen. Outre les conditions posées par le FMI, subsiste l’inconnue des taux auxquels les pays de la zone euro prêteraient à la Grèce. Selon les commentaires venus de Berlin, l’Etat grec ne devrait pas pouvoir bénéficier de taux inférieurs à 6 % ou 6,5 %, des niveaux pourtant jugés trop élevés par Athènes.

Source: les Echos

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