Malgré les efforts consentis par les autorités depuis 2005 avec le soutien des bailleurs de fonds, qui se sont traduits par une légère hausse de 0,2 % entre 2008 et 2009 en milieu urbain, le secteur de l’assainissement rural rencontre encore des difficultés qui peuvent l’empêcher d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (Omd) de 2015 qui sont plafonnés à 78 %. En effet, le ministre de l’Assainissement et de l’Hygiène publique, Adama Sall, qui prenait part hier à la 4e Revue annuelle du Programme Eau et Assainissement du millénaire (Pepam) juge que la situation de l’assainissement dans ce milieu est assez mitigée. Situation qu’il explique, en grande partie, par un gap important de financement du sous-secteur. ‘Les besoins de financement additionnels sont évalués à 165 milliards de francs Cfa dont 109 milliards pour l’assainissement urbain et 56 milliards pour le l’assainissement rural’, déclare-t-il. Pour lui, depuis la fin du projet eau à long terme (Plt) en Juin 2009, avec ses composantes d’assainissement des quartiers périurbains de Dakar et de branchements sociaux à l’égouts, la majorité des financements mobilisés par l’Office national d’assainissement (Onas) dans le cadre du Pepam sont plutôt orientés vers la dépollution des eaux usées et marginalise l’amélioration du taux d’accès des populations proprement dit. Ce qui lui fait dire qu’il est ‘urgent de mobiliser sans tarder les ressources additionnelles nécessaires afin de doter les ménages urbains et ruraux de systèmes adéquats d’assainissement d’ici 2015’.
En outre, Adama Sall pense que cet effort de mobilisation de ressources doit aussi impérativement être accompagné par la prise en compte des besoins pressants de renouvellement de plus 400 kilomètres de réseaux d’eaux usées de Dakar devenus particulièrement vétustes et qui pose beaucoup de problème d’exploitation à l’Onas. Il affirme que le gouvernement du Sénégal a signé en 2008 un contrat de performances pour permettre un meilleur suivi des résultats du secteur afin de l’accompagner dans la consolidation de sa viabilité financière. Constatant les lacunes dans ledit contrat, le ministre estime qu’une intervention rapide de l’Etat est nécessaire pour permettre à la société de faire face à ses nombreuses obligations.
Le coordonnateur du Pepam, Mohammed Fadel Ndaw, pour sa part, estime malgré tout que compte tenu de la mobilisation des financements, 70 % des objectifs pourront être atteints en 2015 pour l’assainissement urbain et 40 % seulement pour l’assainissement rural. ‘C’est là qu’il faudra faire des efforts supplémentaires, mobiliser les financements et mettre les projets très rapidement à la disposition des populations’, lance-t-il.
Selon le rapport de cette 4e revue, les opérations dont les financements ont été mobilisés dans le cadre du Pepam constituent un portefeuille évalué à 352 milliards de francs Cfa mobilisé sur la période 2005-2009. Ce qui donne une moyenne globale de 70,4 milliards par an. La moyenne théorique attendue étant de 61,7 milliards sur la base des 617 milliards qui constituent le coût total du programme sur 10 ans. Ce portefeuille est constitué, en majorité, de prêts qui représentent 64,6 %, de dons à hauteur de 28,4 % et de ressources mobilisées par l’Etat qui se chiffrent à 6,7 % des financements globaux.
Source: Walf






