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ASECNA : La convention de Dakar signée hier

La Convention révisée de Dakar a été signée hier à Libreville (Gabon) par les dix-huit pays membres de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna). La cérémonie de signature de cette convention s’est déroulée sous la présidence du chef de l’Etat du Gabon, Ali Bongo, en présence des 18 ministres de tutelle de l’Agence, dont le ministre d’Etat Karim Wade

La cérémonie de signature de la Convention révisée de Dakar s’est déroulée sous la présidence du chef de l’Etat du Gabon, Ali Bongo, en présence des 18 ministres de tutelle de l’Asecna, dont le ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures, Karim Wade.

A cette occasion, le président Ali Bongo a indiqué qu’au « moment où l’aviation civile internationale est à l’heure des grands défis, il était nécessaire d’adapter l’Asecna à l’évolution du secteur aérien ». « La nouvelle Convention révisée de Dakar, qui réaffirme le principe de solidarité et la volonté d’aller de l’avant, malgré les turbulences, démontre que les Etats membres de l’agence veulent être des acteurs dans le monde de l’aviation civile », a dit M. Bongo. « Si tout ce travail d’adaptation n’était pas fait, l’Afrique courrait le risque d’être marginalisée », a affirmé le président gabonais, ajoutant que « les prémisses de cette marginalisation sont déjà là avec l’inscription, par l’Europe, de certaines compagnies africaines sur la liste noire du transport aérien ». Auparavant, le président du comité des ministres de tutelle, le ministre burkinabé des Transports, Me Gilbert G. Ouedraogo, avait rappelé que la signature de la Convention révisée de Dakar était « le couronnement d’un travail de dure labeur entrepris depuis juillet 2006 à Bamako, au Mali ».

Le ministre d’Etat Karim Wade a, pour sa part, salué la signature à Libreville de cette convention révisée de Dakar qui, selon lui, « ouvre pour l’agence une nouvelle ère de transparence, de bonne gouvernance et de modernité ».

Il s’est dit convaincu qu’avec la signature d’un tel document « l’Asecna saura remporter les défis qui se posent à elle pour les prochaines décennies ».

« Avec la désignation, en juillet prochain à Moroni (Comores), du prochain directeur général, l’Asecna pourra enfin entreprendre les reformes nécessaires, notamment la mise en œuvre des recommandations de l’audit comptable et financier décidé par les Etats membres’’, a-t-il déclaré.

Consolider l’existant tout en préparant le futur

Régie par la Convention de Dakar du 25 octobre 1974, l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) exerce à titre principal, les activités communautaires prévues en son article 2 et à titre subsidiaire, de gérer les activités nationales au bénéfice des Etats membres pris individuellement ainsi que les Etats et organisations tiers. Depuis sa création, l’Asecna s’est toujours évertuée à consolider l’existant tout en préparant progressivement le futur.

En dépit des soubresauts qu’il a connus au cours de ces dernières années, l’Agence continue de veiller à la mission qui lui est dévolue dans la gestion de l’espace aérien en Afrique. L’Asecna est chargée de la conception, de la réalisation et de la gestion des installations et des services ayant pour objet, la transmission des messages techniques et des trafics, le guidage des aéronefs, le contrôle de la circulation aérienne, l’information en vol, la prévision et la transmission des informations dans le domaine météorologique aussi bien pour la circulation en route que pour l’approche et l’atterrissage sur les aérodromes communautaires. Dans son rayonnement, l’Asecna déploie des efforts constants pour établir et consolider les relations de coopérations avec les organismes nationaux ou internationaux œuvrant dans le domaine de la sécurité de la navigation aérienne dans notre région. Mais elle a connu par moment quelques perturbations. On se souvient du feuilleton que le ministre sénégalais des Transports terrestres et aériens, M. Farba Senghor, avait eu en son temps à dérouler avec la direction régionale de la boîte à Dakar. En effet, le 12 mai 2008, Farba Senghor engage une bataille avec la boîte et déclare le retrait définitif du Sénégal de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar. Ce fut le début d’un feuilleton qui embrasera toutes les composantes de la boîte. Le ministre avait évoqué à l’époque, entre autres raisons, la nécessité de fournir un service de qualité soutenu par des équipements de pointe. Il profitait de l’occasion pour déclarer en marge d’une rencontre tenue avec le syndicat des travailleurs de la boîte, le retrait définitif du Sénégal. Le Sénégal, disait le ministre des Transports aériens, a décidé de relever le défi afin de continuer à mériter la confiance des usagers du ciel africain et de la communauté de l’aviation civile international en reprenant la gestion de son espace aérien ». En effet, au-delà du déficit d’équipements et d’infrastructures évoqué par le ministère de tutelle, il a été également soulevé la question de la gestion des finances de l’Agence notamment les fonds récoltés dans le cadre du Fir (Fly Information region) ou bien (Région d’information en vol) qui, selon certaines sources, engendraient un pactole d’environ 20 milliards de franc Cfa qui devrait revenir au Sénégal. Cela avait suscité une vive polémique entre la tutelle, l’Agence et le syndicat des travailleurs. Le secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’Asecna, M. Seydou Diémé, avait déploré en son temps, la décision du gouvernement sénégalais et mis en doute les capacités de notre pays à gérer son espace aérien. Cet épisode connaîtra son épilogue avec la nomination d’un nouveau ministre à la tête des transports aériens en la personne du ministre d’Etat, Habib Sy. Ce dernier, contrairement à son prédécesseur, revoit sur instruction du chef de l’Etat, la copie de la tutelle. Et le ciel se dégage à nouveau pour l’Asecna. Cette agence dont le siège se trouve à Dakar, continue encore son chemin en dépit des difficultés que connaît le transport aérien. En 2003 par exemple, l’Asecna avait engrangé un excédant de six milliards de francs Cfa. Elle continue de bénéficier de la confiance des institutions financières et des partenaires telles que la Banque ouest-africaine de développement, de la Banque européenne d’investissement et de l’Agence française de développement. L’Asecna, grâce à des appels d’offres internationaux, a pu bénéficier d’une réduction de plus de 30% sur le prix d’achat de nombreux équipements. Avec la nouvelle convention que les Etats membres viennent de ratifier à Libreville, l’Asecna entreprendra sans nul doute un envol plus sûr dans un ciel beaucoup plus brillant.

Source: le Soleil

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