Le Gabon donne l’exemple
Le Gabon a décidé de rendre un hommage mérité à Cheikh Ahmadou Bamba dans le cadre de son cinquantenaire. Son pays d’origine n’a pas eu l’idée de rendre hommage aux résistants à la colonisation lors de ce cinquantenaire. Malheureusement ce n’est guère surprenant. Notre pays a toujours entretenu des rapports ambigus avec l’ancienne puissance coloniale. Cette ambigüité qui fait que pour plaire à la métropole le Sénégal a toujours refuse d’assumer son histoire. Cette ambigüité a été résumée par Senghor qui parlait de la colonisation comme « un mal nécessaire ». Si la colonisation est un « mal nécessaire », de facto tous les résistants anti-coloniaux sont du mauvais coté de l’histoire. En voulant rendre hommage à Cheikh Ahmadou Bamba pour son cinquantenaire le Gabon nous donne une leçon de bon sens historique. Célébrer son indépendance passe forcement par une remise en cause de la colonisation mais quand on est convaincu que la colonisation est un mal nécessaire on ne peut qu’avoir un discours ambigu et faire le grand écart historique comme s’agiter avec des pancartes devant de Gaulle le 26 aout et voter oui au referendum oui au referendum du 28 septembre, célébrer dans la même semaine le centenaire de l’AOF et le bicentenaire de El Hadji Oumar Tall. Le Sénégal n’en est pas à une contradiction historique de prés. Lors de la dernière visite d’Etat du Président Chirac, le Président Wade a cru devoir rappeler avec passion que le Sénégal était la première colonie française et non la Cochinchine. On ne voit pas ce qu’il y a de glorieux à avoir été la première colonie sauf à être convaincu comme Senghor que la colonisation est un mal nécessaire. C’est peut être pourquoi pour le cinquantenaire on a volontairement oublié ceux qui comme Cheikh Ahmadou Bamba étaient convaincus que la colonisation était un mal absolu. Oumar Bongo et qui est de la génération de Senghor et Wade et donc de la même culture politique avait pour ambition de rapatrier les cendres du colon Savorgna de Brazza, son fils Ali tourne la page coloniale et célèbre Cheikh Ahmadou Bamba, un authentique résistant africain prouvant ainsi le rapport à l’histoire est avant tout une question de mentalité et de génération. Le Sénégal atteindra aussi ce cap le jour où nous aurons un Président né après l’indépendance et qui n’aura pas chanté « nos ancêtres les gaulois » ou « Douce France ». Ce n’est plus une question de génération c’est une question d’années parce que au fond Wade est la dernière page coloniale.
Caisse de sécurité sociale : le pari prométhéen de Iba Gueye
Iba Gueye, le nouveau DG de la Caisse de sécurité sociale a du pain sur la planche. Il est entre l’enclume (obligation de faire mieux que Yeri Diop qui a mis la barre très haut) et le marteau d’un PCA qui est superpuissant et qui le montre. Le PCA a mis en garde le nouveau DG contre la tentation confrérique et politique. Ce qui est une excellente chose mais le PCA devrait s’inspirer du grand Sénèque qui nous enseigne « Long est le chemin des préceptes, court est le chemin de l’exemple ». Donc on attend du Président Racine Sy qu’il emprunte le « court chemin de l’exemple » et non les longues circonvolutions des préceptes. Le départ de Yeri Diop ne milite pas en faveur du court chemin de l’exemple. Pourquoi faire partir un DG avec bilan élogieux et unanimement salué. Dieu seul sait et peut être ceux qui ont fait venir Iba Gueye. La qualité d’un DG est un avantage absolu de l’entreprise (Cheikh Tidiane Mbaye à la Sonatet et Yeri Diop à la CSS). L’IPRES et la Caisse de sécurité Sociale ont sensiblement les mêmes missions, si l’IPRES a toujours traversé des zones de turbulences et la CSS un ilot de paix et de bonne gestion c’était grâce à la rigueur de Yeri Diop. Il est d’ailleurs bon que Racine Sy montre qu’un Conseil d’administration ne doit pas être seulement une chambre d’enregistrement et que le DG dise lui-même sur les ondes de la RFM « qu’il n’est qu’un simple exécutant » Etant donné que le PCA de la Caisse a autant de pouvoir, il serait bon qu’il se rappelle que le pouvoir ne va pas sans la responsabilité. En France depuis l’affaire vivendi les administrateurs ne peuvent plus jouer à ceux qui ne savaient pas car ils ont l’obligation de rechercher l’information pour accomplir leurs missions de contrôle. A défaut, leur responsabilité civile est engagée. Ce qui est non seulement justice mais aussi gage de transparence et de bonne gestion. Le PCA et le nouveau DG se sont engagés à maintenir les acquis de la caisse, ils seront jugés aux actes comme Yeri Diop l’a été.
Vacances scolaires
En France, le Ministre de l’Education Nationale envisage sérieusement de réduire les vacances scolaires d’été. Etant donné qu’on aime copier la France, essayons de copier les bonnes choses comme cette idée de Luc Châtel. Les vacances scolaires sont encore plus longues au Sénégal. Trois mois de vacances scolaires c’est trop pour un pays sous développé. Les trois mois, c’est le calendrier officiel mais en fait les élèves ont quatre mois de vacances. Les cours reprennent en octobre et les élèves s’offrent deux semaines de vacances supplémentaires avant de reprendre les cours et anticipent aussi la date officielle de la fermeture des classes. A ces quatre mois de vacances, il faut ajouter les 15 jours des vacances de pâques, la dizaine de jours Noel et la fin de l’année, de la tabaski et de la Korité. Ce qui fait que les élèves n’ont même pas 25 semaines de cours effectifs sans parler des grèves et les fériés que les élèves s’accordent d’autorité les veilles et les lendemains de Magal ou de Gamou. Partir en grève vers le 20 décembre pour anticiper sur les fêtes de Noel et « accompagner » ces fêtes la première semaine du mois de janvier est devenu une « jurisprudence » dans les écoles publiques. Les 25 semaines c’est une hypothèse optimiste quand les enseignants ou les élèves ne sont en grève à tour de rôle. Avec des élèves qui passent la moitie de l’année en vacances, c’est de la tartufferie que de s’étonner de la baisse de niveau des élèves et donc des étudiants. Faites l’expérience d’écouter les étudiants grévistes à la radio. C’est un désastre. Rien que de la délinquance grammaticale.






