L’Afrique est dotée en ressources énergétiques de toutes sortes. Pourtant, elle vit dans une dépendance énergétique structurelle. Et près de 60% des populations africaines n’ont pas accès au réseau électrique indispensable pour le développement. Pour sortir de ce cercle vicieux, le Pr Momar Marième Dieng avance comme solution le recours à l’énergie thermonucléaire.
Le professeur Momar Marième Dieng, responsable du Laboratoire de chimie-physique organique et d’analyse instrumentale (Lcpoa) de la Faculté des sciences et techniques de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) est convaincu que, pour se développer, l’Afrique doit impérativement recourir à l’énergie thermonucléaire. Surtout que, d’après l’ancien lauréat du Grand prix du président de la République pour les sciences, les prévisionnistes les plus optimistes prévoient le tarissement des réserves de pétrole de part le monde à l’horizon 2050. D’où la nécessité de trouver ici et maintenant des énergies de substitution. Pour ce faire, le Pr Dieng propose un schéma de développement énergétique continental qui tient compte à la fois des sources d’énergie renouvelables et non renouvelables, de l’écologie et des progrès techniques des prochaines décennies. Et dans la palette des sources d’énergies du futur, le Pr Momar Marième Dieng jette son dévolu sur l’énergie thermonucléaire ; même s’il n’exclut pas les autres comme l’hydroélectricité (avec notamment les barrages) le solaire, le géothermique, le nucléaire ; les hydrocarbures (pétrole) et les biocarburants.
Avec force conviction, le Pr Dieng soutient que ‘si l’énergie thermonucléaire devenait exploitable avec un contrôle efficace de la réaction thermonucléaire, les besoins de la planète seraient couverts pour une période d’un milliard d’années. Je dis bien un milliard d’années’.Le responsable du laboratoire de chimie-physique organique et d’analyse instrumentale de l’Ucad, animait avant-hier samedi une conférence organisée par les établissements d’enseignement supérieur privé sur le thème on ne peut plus actuel : ‘Pour une doctrine énergétique et scientifique des Etats-unis d’Afrique’.
Avec force détails scientifiques, le Pr Momar Marième Dieng explique : ‘Les futurs appareils qui produiront cette énergie, qu’on appelle réacteurs thermonucléaires ou tokomaks (à cause de l’origine soviétique des premiers appareils qui portent ce nom) seront alimentés au stade vraiment opérationnel et définitif avec de l’hydrogène dit lourd qui sera obtenu essentiellement par l’électrolyse de l’eau de mer’. Selon lui, l’électrolyse qui fournit l’hydrogène léger, considéré comme ‘l’énergie de demain’, est déjà utilisé par les navettes spatiales comme carburant. A en croire le conférencier, chaque pays africain pourrait avoir sa petite installation d’électrolyse qui couvrirait largement ses besoins courants. Mieux, le Pr Dieng est d’avis que les barrages hydroélectriques, dont les 2/3 sont en Afrique, sont appropriés pour produire cette source d’énergie pour remplacer progressivement l’essence même au niveau de tous les moteurs à explosion comme au niveau des véhicules. Mais avant cela, le Pr Momar Marième Dieng suggère la création à l’échelle du continent d’un centre pilote de fusion. Ce centre pourrait être installé dans un pays africain approprié et accessible à tous les chercheurs qualifiés qui voudraient s’orienter dans cette voie. Parlant de l’énergie solaire, le conférencier pense que les recherches en vue d’abaisser le prix de revient des photopiles permettra de disposer de centrales solaires ; d’autant plus le continent africain avec le désert du Sahara dispose de formidables atouts. Il a passé sous silence les autres sources d’énergie.
En conclusion, le Pr Dieng suggère l’équipement des barrages existant et qui produisent l’hydroélectricité principale source d’énergie en Afrique sub-saharienne, pour réaliser une interconnexion du réseau électrique africain. Ce qui pourra devenir un marché intégré de l’énergie électrique à l’échelle du continent pour couvrir les besoins énergétiques des Etats-unis africains par une distribution rationnelle éliminant tout gaspillage.
Source: Walf






