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L’Eurogroupe va fixer les modalités et les conditions d’une aide à la Grèce

zone-euro_83.jpgLes ministres de la zone euro devraient peaufiner, à l’occasion de l’Eurogroupe de ce soir, sans les rendre publics, les derniers détails du mécanisme de soutien financier à la Grèce afin d’être prêt à le mobiliser le moment venu si Athènes le demande. Cette intervention européenne pourrait lui éviter de faire appel au Fonds monétaire internationaI.

Les ministres de la zone euro devraient adopter, lors de la réunion de l’Eurogroupe ce soir, les modalités et les conditions d’une aide coordonnée à la Grèce, sans toutefois en révéler la teneur et le montant. « Cette aide sera mise en oeuvre si nécessaire et si la Grèce le demande, ce qui n’est pas le cas pour l’instant », explique un négociateur, qui ajoute que les ministres ne devraient pas fixer de chiffre pour l’instant. Plusieurs experts citent cependant une fourchette comprise entre 20 et 30 milliards d’euros, qui dépendra de la situation lors du déblocage de ces fonds et des demandes d’Athènes.

Pour finaliser cette aide -la plupart des négociateurs refusent de parler de plan -, les seize ministres de la zone euro trouveront sur leur table une étude réalisée par les services d’Olli Rehn, le commissaire européen responsable des Affaires économiques et monétaires, présentant tous les scénarios possibles pour permettre à la Grèce de se refinancer, si nécessaire, à des conditions plus favorables que celles proposées sur les marchés.
Trois grands principes

Cette aide, mise à l’étude dès le 11 février, après que les dirigeants européens ont promis à la Grèce de la soutenir par des mesures financières « déterminées et coordonnées », devrait respecter trois grands principes. Respecter d’abord les modalités et les instruments prévus par le traité de Lisbonne. Son déblocage serait, en outre, soumis, le moment venu, à une conditionnalité très stricte.

Enfin, ce soutien ne devrait pas remettre en cause le principe, dit de « bail out », figurant dans les statuts de la zone euro, qui interdit de sauver un Etat au bord de la faillite. Cette intervention européenne éviterait, en revanche, à Athènes de devoir faire appel au Fonds monétaire international (FMI), un recours jugé politiquement humiliant par la plupart des pays partageant la même monnaie, France et Allemagne en tête.
Deux scénarios

Le document de la Commission soumis à l’Eurogroupe retiendrait, selon diverses sources, deux options principales. La première consisterait à recourir à une facilité de prêts financés par les pays de la zone euro ou par les Vingt-Sept qui le souhaitent et dont l’attribution serait gérée par la Commission. L’Allemagne et la France en prendraient une grande partie à leur charge, même si d’autres pays redoutent cette mainmise franco-allemande et plaident pour une action européenne coordonnée.

L’autre option prévoit le recours à des emprunts lancés par la Commission européenne avec la garantie des Etats. Si ce second scénario semble avoir les faveurs de Bruxelles, il serait plus difficile et plus long à mettre en oeuvre. Il faudrait, en effet, que les Vingt-Sept autorisent auparavant à l’unanimité la Commission à aller sur les marchés pour emprunter, ce qui n’est pas possible selon les règlements actuellement en vigueur. Il reste, en outre, à déterminer les conditions auxquelles la Grèce pourrait bénéficier de ce soutien européen, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche se montrant les plus exigeants et les plus sévères.

Toutes ces questions ne seront pas forcément définitivement réglées cette semaine car, de l’avis unanime, un tel soutien n’apparaît pas indispensable dans l’immédiat. En outre, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, risque de ne pas pouvoir participer à la réunion de l’Eurogroupe puis des Vingt-Sept, alors que la position du gouvernement allemand reste déterminante.

Source: les Echos

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