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Les nouvelles mesures d’austérité grecques bien accueillies par Berlin et Bruxelles

zone-euro_83.jpgLe gouvernement grec a annoncé hier un nouveau plan d’austérité portant sur 4,8 milliards d’euros immédiatement salué par les marchés et les partenaires d’Athènes. Désormais, la balle est dans le camp des Européens, qui semblent toutefois encore hésiter à apporter un soutien financier sans faille à la Grèce.

Si elle s’est longtemps jouée des règles européennes, la Grèce semble aujourd’hui prête à s’amender et à mériter la confiance des marchés et de ses partenaires. Le gouvernement de Georges Papandréou a adopté hier, en Conseil des ministres, un nouveau train de mesures d’austérité devant permettre de réduire de 4,8 milliards d’euros -soit environ 2 % du PIB -le déficit public du pays. Il s’ajoute au premier volet d’économies annoncées à la mi-janvier puis renforcée début février portant sur une quinzaine de milliards d’euros que les principaux partenaires d’Athènes et la Commission européenne avaient jugé insuffisant pour réduire de 4 points -de 12,7 % à 8,7 % -le déficit public grec et alléger la pression des marchés. La moitié de l’ajustement décidé hier sera généré par des coupes claires dans les dépenses publiques, l’autre moitié par des recettes supplémentaires.

Engagement

Parmi les mesures décidées hier : le relèvement de 2 points de pourcentage de la TVA qui passera à 21 % et devrait générer 1,3 milliard d’euros, la hausse des droits d’accises sur l’essence, les cigarettes, l’électricité et les produits de luxe pour 1,1 milliard d’euros. Du côté des dépenses, la réduction des émoluments des fonctionnaires (la baisse de 60 % du 14 e mois et de 30 % du 13 e correspond à une amputation de 6,6 % des salaires) ainsi que le gel des retraites devrait permettre de faire des économies d’environ 1,7 milliard d’euros. Ce plan a immédiatement été salué de Berlin à Bruxelles en passant par Paris et la BCE. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso y voit « la confirmation de l’engagement du gouvernement grec à prendre toutes les mesures nécessaires ». Le FMI a jugé « très solides » les mesures adoptées et les marchés de leur côté ont bien réagi (voir page 32). Chez BNP Paribas, le nouveau programme est jugé « crédible » et apte à réduire le déficit dans les proportions prévues, la principale inquiétude étant « la capacité du gouvernement à les mettre en oeuvre ».

Dès la sortie du Conseil des ministres, le chef du gouvernement grec a renvoyé la balle dans le camp des Européens. Il a déclaré qu’en retour de ses efforts, « le peuple grec attend la solidarité de l’Europe ( …) Il s’agit de l’autre partie de l’accord avec l’Union». Une façon de rappeler les promesses de soutien faites le 11 février dernier, lors du sommet des Vint-Sept à Bruxelles. Il a également fait savoir que la Grèce ne pouvait pas continuer à emprunter « à de tels taux » et qu’il n’excluait pas « de se tourner vers le FMI si l’Union européenne ne lui apportait pas son soutien » .

Manifester leur confiance

Info ou intox ? Georges Papandréou est probablement plus qu’impatient de voir ses partenaires manifester avec plus de chaleur leur confiance dans l’économie grecque, y compris en mettant la main au portefeuille pour acheter des obligations ou garantir de tels acquisitions par leurs banques commerciales. Or les déclarations en provenance d’Allemagne ne sont pas très encourageantes. La chancelière, pressée de ne pas agir à la fois par son opinion publique et par son allié gouvernemental, le FDP, a organisé mardi soir une réunion de crise consacrée à la Grèce, selon le journal « Handelsblatt ». Celui-ci affirme qu’il y a eu un désaccord entre la CDU qu’elle dirige et les libéraux sur la prise en compte d’une éventuelle aide financière à Athènes dans les débats sur l’élaboration du budget 2010.

Au même moment, à Bruxelles, la Commission européenne s’est prononcée en faveur d’un « mécanisme financier » entre pays de la zone euro. José Manuel Barroso s’est refusé à « spéculer » sur les modalités de ce système mais a souligné la nécessité de disposer à l’avenir d’un tel filet de sécurité.

Source: les Echos










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