Aux lendemains de l’accord de Bruxelles, Athènes met la stratégie européenne à l’épreuve en levant 5 milliards d’euros.
Aux lendemains de l’annonce par l’Union européenne d’un plan européen (assorti d’un recours au FMI) d’aide à la Grèce, le pays prend immédiatement les marchés à témoin, mettant ainsi illico la stratégie européenne à l’épreuve, en annonçant le lancement d’un nouvel emprunt de 5 milliards d’euros.
L’opération, pour laquelle Athènes a mandaté les banques Alpha Bank, Emporiki, Société Générale, Crédit agricole, ING et Merrill Lynch, se présente sous forme d’un emprunt obligataire à 7 ans. Son taux ? La « guidance » de l’emprunt (son taux indicatif) se situe 310 points de base au-dessus du « mid-swap » (taux de référence habituel des emprunts d’Etat), selon un document de Société Générale, qui recommande positivement l’opération à ses clients. Début mars, la Grèce avait déjà levé un emprunt avec le même taux indicatif (mais de maturité 10 ans), et le rendement final était ressorti à 300 points au-dessus du mid-swap, pour un montant de 5 milliards d’euros au taux de 6,38 %. Autrement dit, Athènes s’apprête encore à payer son financement public bien plus cher que la moyenne européenne, même le taux exact n’est pas encore fixé, et ne sera connu qu’au pricing définitif de l’opération, lundi en fin de journée. Quant au montant, il n’était pas plus déterminé au départ. Peu avant 14H30, le chiffre de 5 milliards d’euros était dévoilé par des banques partie prenante, alors que la demande serait déjà supérieure, dépassant les 7 milliards d’euros.
L’annonce d’un accord européen sur une aide commune à la Grèce a, depuis jeudi dernier, allégé quelque peu l’écart entre le rendement des obligations d’Etat grecques et ses équivalents européens (Athènes payait ces derniers mois pour emprunter presque le double de Berlin), mais les investisseurs restent attentistes sur le sujet, et les observateurs estiment que ce nouvel emprunt constituera un bon test grandeur nature de la validité de la stratégie européenne auprès des marchés. De même, l’euro poursuivait lundi son rebond face au dollar, mais les cambistes restent prudents tant que persistent des risques de contagion dans la zone euro.
La Grèce, notée A2 par Moody’s et BBB+ par Fitch et Standard & Poor’s, a 23 milliards d’euros d’échéances obligataires à rembourser d’ici la fin mai. Elle pourrait avoir à lever entre 16 milliards et 20 milliards d’euros dans les semaines qui viennent pour respecter ses engagements ou refinancer sa dette.
Source: les Echos






