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La Grèce réussit sa levée de dette sur le marché

40635_vignette_manif-athenes.jpgAnnoncée dès janvier, l’émission de dette grecque a finalement eu lieu hier. Le pays a profité de conditions plus favorables et a réalisé une opération plus avantageuse que la précédente. Mais pour un prix toujours élevé.

Tout s’est joué très vite. En début de semaine, alors qu’une embellie se dessinait déjà, Petros Christodoulou laissait entendre que la Grèce n’était pas prise à la gorge et lèverait de la dette quand les conditions de marché seraient « favorables ». Le nouveau patron de l’agence de la dette n’aura finalement pas attendu longtemps. L’annonce, mercredi, de mesures d’austérité supplémentaires, saluées par les agences de notation et les opérateurs de marché a servi de déclencheur. Dans la soirée, la stratégie d’émission était finalisée, avec les banques mandatées quelques jours plus tôt – Barclays Capital, HSBC, Nomura, National Bank of Greece et Piraeus Bank. Jeudi matin, à l’ouverture des marchés, le « go call » (feu vert) était donné.

La Grèce a levé 5 milliards d’euros de titres à 10 ans, à un taux de 6,38 % -à comparer aux taux de 3,12 % pour l’Allemagne. Signe de l’appétit des investisseurs, le carnet d’ordres a atteint 16 milliards d’euros. « Il était convenu d’avance de se limiter à 5 milliards, ce qui représente la taille standard des émissions obligataires grecques les années précédentes », indique Frédéric Gabizon, responsable de l’origination sur la dette souveraine Europe chez HSBC, la banque qui a coordonné l’opération. « L’idée n’était pas de faire un coup, mais d’oeuvrer à la stabilisation des dettes souveraines européennes à plus long terme. »

Lors de l’émission à 5 ans fin janvier, la Grèce avait dépassé son plafond pour lever 8 milliards, à un taux très élevé (6,10 %). Le pays avait aussi prévenu de l’imminence de l’opération, au lieu d’agir par surprise comme hier, ce qui avait provoqué des ventes massives d’obligations à 5 ans déjà en circulation.
Un signal encourageant

En janvier, la Grèce avait émis à 70 points au-dessus du taux (mid-swap) qui prévalait juste avant l’opération, alors qu’hier la prime était de 30 points. « L’émission effectuée jeudi est plus avantageuse pour la Grèce que celle de la fin janvier », résume Cyril Regnat, chez Natixis. Pour le stratège, le fait que le Trésor n’ait pas dépassé la fourchette qu’il s’était fixé est un signal encourageant. « Il doit considérer qu’il pourra se refinancer dans de meilleures conditions prochainement. » Petros Christodoulou a d’ailleurs admis qu’une ou deux levées de dette syndiquée (comme hier) pourraient être effectuées. Il a aussi jugé que « la prime de risque de la Grèce pourrait se rapprocher de celle de l’Irlande. »

Plus de trois quarts du montant émis hier a été alloué à des investisseurs internationaux. Les Européens dominent, l’Asie pèse 8 %, le Moyen-Orient 1,5 % et les Amériques 1 %. La Grèce est désormais plus sereine pour faire face à ses échéances d »avril et mai.

Source:les Echos










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