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Grèce : Paris et Berlin d’accord sur la lutte anti-spéculateurs

Paris et Berlin ont apporté durant le week-end un soutien politique appuyé au Premier ministre grec qui a cependant répété qu’il pourrait avoir besoin du soutien de ses partenaires. Une initiative devrait être prise contre la spéculation.

Après le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, et la chancelière allemande, Angela Merkel, vendredi, le président français a apporté hier soir, à l’Elysée, un soutien appuyé et chaleureux à la Grèce et à son Premier ministre, Georges Papandréou. Faisant référence au plan d’austérité de 4,8 milliards d’euros annoncé la semaine dernière , Nicolas Sarkozy a déclaré : « La Grèce a agi avec courage et détermination en conséquence de quoi elle peut compter sur le plein soutien de la France », ajoutant peu après « les Etats de la zone euro doivent être prêts à prendre leur responsabilité ». Quant à savoir quel type d’aide la Grèce pourrait recevoir, George Papandréou a été on ne peut plus clair : « Nous ne demandons pas un prêt, nous voulons seulement pouvoir emprunter à un taux similaire, sinon identique, aux autres pays de la zone euro », a t-il expliqué, soulignant que pour lever les 5 milliards d’euros de dette, jeudi dernier, il lui faudrait rembourser 750 millions d’euros de plus que si c’était l’Allemagne qui avait emprunté . « Ce n’est pas viable pour notre économie. Nous voulons lever des fonds aux mêmes conditions que nos partenaires ». a t-il ajouté, laissant entendre que seule la spéculation était à l’origine des taux élevés (6,38 %, le double de la l’Allemagne) demandés à la Grèce. Une demande bien accueillie par Nicolas Sarkozy qui a indiqué sans les détailler que des mesures existaient pour soulager la Grèce. Il a ajouté que la Grèce, l’Allemagne et la France prendraient une initiative concertée pour lutter contre la spéculation.
Coopérations bilatérales

Angela Merkel s’en était pris vendredi aux spéculateurs et aux dérivés de crédit (CDS) à travers lesquels ils cherchent à profiter des difficultés de la Grèce. Elle veut en limiter l’usage et veut saisir la Commission européenne et « solliciter nos partenaires américains, car la spéculation est mondiale ». Le gendarme du secteur financier allemand, le BaFin conseille d’établir un registre central européen d’enregistrement des CDS. Angela Merkel avait cependant mis l’accent sur l’amélioration de la situation après le plan d’austérité grec : « la stabilité de la zone euro est assurée , la question d’une aide financière à la Grèce n’est pas posée et je suis même optimiste sur le fait qu’elle ne sera pas posée ». Un peu plus tôt, Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, avait lui aussi estimé qu’un plan d’aide concrète à Athènes « ne devrait pas être nécessaire ». Athènes doit cependant encore emprunter autour de 20 milliards d’euros d’ici à la fin mai et rien ne dit qu’elle pourra le faire aux conditions souhaitées.

La chancelière allemande a proposé ses services pour moderniser l’ économie grecque. Une commission va être constituée pour réfléchir à des coopérations bilatérales dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de la recherche et de la politique d’immigration. De son côté, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a repris une suggestion du Premier ministre grec et d’autres responsables européens en proposant hier dans le quotidien « Welt am Sonntag » la création d’une institution européenne sur le modèle du FMI, qui posséderait « des pouvoirs d’intervention analogues ».

Source: les Echos

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