Evaluant les impacts des arriérés de paiement sur les dépenses publiques, la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) indique que le secteur des Btp est celui le plus touché par le phénomène.
Le problème des arriérés de paiement sur les dépenses publiques doit être pris à bras-le-corps, car ses effets ne sont pas négligeables. C’est du moins l’avis de Sogué Diarisso, le patron de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee). Une étude menée par les économistes-chercheurs de la Dpee, révèle que le secteur des bâtiments et travaux publics (Btp) a été le plus touché par le phénomène des arriérés, qui représente 4,7% des dépenses publiques du secteur.
Kalidou Thiaw et Aslim Tall, auteurs de l’étude indiquent qu’en 2008, 54,2% des chefs d’entreprise considéraient les arriérés de paiement comme étant leurs principales contraintes.
Cependant, soulignent les chercheurs de la Dpee, ce taux est en baisse. De 54,2%, le taux est passé à 36,2% en 2009. Et en 2010, seuls 20% des chefs d’entreprise considèrent les créances comme leurs contraintes principales.
Sur le plan de la croissance, les impacts de la situation demeurent néanmoins importants, car les Btp sont l’un des secteurs qui portent la croissance, par sa forte potentialité de création d’emplois.
Sogué Diarisso appelle ainsi, l’Etat, les entrepreneurs, les travailleurs et les banquiers à se mettre ensemble pour trouver des solutions. Pour lui, ces différents acteurs pourraient s’entendre sur des jeux d’écriture, en attendant que l’Etat trouve des liquidités permettant de faire face au problème.
Les résultats de l’étude montrent que les arriérés de paiement ont un impact négatif et persistant sur les principales grandeurs macroéconomiques. Globalement, la présence d’arriérés induit un ralentissement de l’activité, un repli des rendements et partant, des investissements. A cela s’ajoute une augmentation du chômage, un renforcement du déséquilibre public…
Thiaw et Tall enseignent qu’un choc de 10% des créances, induit à court terme, une baisse de 0,6% du stock de capital, une baisse de 0,3% de la production ; mais aussi, une baisse du rendement net de 1,2%.
A long terme, indiquent-ils, les effets cumulés d’une hausse ponctuelle de 60% des arriérés de paiement, induisent une chute de 36% du stock de capital, une diminution de 12% de la consommation privée et un ralentissement de l’activité de 12%, accompagné d’une perte de recettes fiscales de 24%.
Par ailleurs, la contribution des arriérés à l’incertitude reste significative. La raison en est que l’accumulation d’arriérés est susceptible d’accroître les craintes des agents économiques, quant à la capacité financière de l’Etat à honorer ses engagements futurs, ce qui peut être source d’une incertitude accrue.
Source: le Quotidien






