Mme Fatou Danielle Diagne, ministre-conseiller à la présidence de la République du Sénégal a souligné hier la nécessité pour les dirigeants africains d’établir un contrat de confiance entre eux et les citoyens pour relever avec succès le défi de la bonne gouvernance, version Afrique. ‘Pour réussir une bonne gouvernance, il est indispensable qu’il existe un contrat de confiance entre l’Etat et les gouvernés, c’est-à-dire, une adhésion de la population aux principes et à la mise en œuvre des pratiques de bonne gouvernance; ce qui suppose leur implication dans les processus d’élaboration de la gouvernance du développement’, a indiqué Mme Diagne. Le ministre-conseiller du président de la République présidait la cérémonie d’ouverture du séminaire de haut niveau sur ‘Les conceptions actuelles de la gouvernance de développement en Afrique’, organisé par l’Institut africain de gouvernance (Iag). Pour Mme Diagne, c’est ce rapprochement entre l’Etat et la société qui permet de restaurer la confiance et de relever les défis aux obstacles de la bonne gouvernance. Parmi ceux-ci, elle a cité, la responsabilisation de la société civile et des citoyens, l’élimination de la corruption et du clientélisme, le respect des règles du jeu d’une gouvernance de développement. ‘Cette refondation de la gouvernance en Afrique exige des transformations profondes, des attitudes et aptitudes des acteurs nationaux mais aussi des partenaires au développement ; des mécanismes de dialogue novateurs, des expérimentations politiques et sociales, en s’inspirant des nombreuses dynamiques porteuses en matière de gouvernance qui se manifestent à plusieurs niveaux sur le continent mais restent souvent inconnues et peu reliées’, a-t-elle indiqué.
D’après Mme Diagne, les différentes expérimentations politiques et sociales de l’instauration de la bonne gouvernance en Afrique durant ces dernières années ont montré leurs limites du fait des résultats subjectifs et mitigés. ‘Si, en Afrique, la plupart des schémas de gouvernance sont d’origine importée, il n’en demeure pas moins que les résultats escomptés au terme de leur expérimentation ne sont pas favorables, à en juger par la faible appropriation des institutions et des politiques mises en oeuvre par les populations dans de nombreux pays ; ce qui a eu comme conséquence l’instabilité politique par la génération de conflits et de tensions’, a-t-elle signalé.
Et pour aider l’Afrique à se doter de nouvelles formes de gouvernance, elle trouve nécessaire de respecter les aspirations de ses populations et de ses acteurs endogènes. ’La gouvernance doit être fondée sur des valeurs, des principes et des pratiques connus, reconnus et acceptés par tous’, a-t-elle préconisé.
Cette rencontre qui se termine demain est justement conçue afin de permettre aux experts de la gouvernance, aux praticiens de la gouvernance des secteurs public et privé, et militants de la société civile, de s’engager dans le dialogue intellectuel sur les grands défis auxquels l’Afrique doit faire face et de proposer des manières de repenser la gouvernance en Afrique, en répondant aux aspirations des peuples pour la paix, les droits de l’homme et le développement.
L’un des principaux résultats attendus de ce séminaire est l’amorce d’une réflexion sur une nouvelle pensée africaine en matière de gouvernance.
Source: Walf






