
Casamance ou comment gagner la guerre et perdre la paix
En Casamance, il est avéré que l’armée a gagné la guerre (après 28 ans de rébellion, le MFDC ne contrôle pas la plus petite communauté rurale) mais les hommes politiques et la société civile n’ont pas réussi à gagner la paix. Ce n’est pas étonnant d’ailleurs. Après la sortie irresponsable de Niasse qui propose un envoyé spécial de l’ONU en Casamance, ce qui consisterait à internationaliser le conflit ( le rêve du MFDC), c’est Ousmane Tanor Dieng qui sort de son chapeau l’idée des assises nationales sur la Casamance et Boucounta Diallo, une fédération entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée Bissau. Avec de telles idées venant de l’élite politique et de la société civile, on comprend pourquoi après que l’armée a gagné la guerre sur le terrain dans les années 90 en montrant au MFDC que l’option militaire était impossible, les hommes politiques n’ont pas pu gagné la paix. Ni une fédération entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée encore moins des assises nationales ne ramèneront l’aile radicale au MFDC à la raison. Le Sénégal perd son temps en comptant sur la Gambie et la Guinée Bissau. C’est une question d’intérêt national pour la Gambie et la Guinée Bissau que le conflit perdure en Casamance. Pourquoi ces deux Etats devraient –ils renoncer à l’unique moyen de pression qu’ils ont sur le Sénégal ? « Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » disait De Gaulle et la poursuite du conflit est objectivement dans l’intérêt des nos deux voisins. Le Sénégal doit d’abord compter sur lui-même c’est-à-dire sur son armée pour imposer l’autorité de l’Etat partout en Casamance. Si on regarde sur une carte l’axe Senoba-Sare Alcaly, on comprend aisément que si braquages continuent sur cette axe c’est parce que la Gambie le veut bien. La Gambie qui est un Etat quasi militaire a les moyens de contrôler ses frontières et les contrôle très bien. Donc si les braqueurs trouvent refuge en Gambie, c’est parce que les forces armées gambiennes ferment les yeux ou détournent le regard. On a jamais entendu la redoutable NSIA ( National Serucurity Agency) arrêter des braqueurs qui se sont refugiés en Gambie alors que cette agence a des oreilles partout en Gambie. Comme la Gambie, Bissau utilise aussi le conflit comme moyen de pression pour ne pas dire de chantage sur le Sénégal. Après l’opération Gabou, il avait fallu un peu de volonté politique à Bissau et la détermination du Général Tag mena Way pour que la frontière soit sécurisée entrainant ainsi la transhumance du maquis vers la frontière gambienne. Les assises que propose Tanor ne seront rien d’autres que des parlottes de plus sur les causes culturelles et la nécessité d’impliquer nos voisins. Ce que le Sénégal fait depuis 1981 sans résultat. Le seul résultat tangible a été obtenu par l’armée : le maintien de l’intégrité du territoire. Renforçons cet acquis en comptant davantage sur nous même c’est-à-dire nous donner les moyens de garantir l’intégrité du territoire quelque soit les positions affichées ou dissimulées de nos voisins.
Bases militaires : la logique budgétaire l’emporte
« Il est peu probable que l’on touche aux installations militaires que la France occupe à Dakar du fait des relais s et des escales qu’elles procurent pour les rotations aériennes vers l’Amérique du Sud ou le déploiement des navires le long des cotes africaines ……Entretenir une base coute cher mais en cas de crise on est content de l’avoir. On l’a encore vu récemment avec les événements de Guinée Conakry » Ainsi parlait General Paulus commandant des forces françaises dans un article mis en ligne par le journal l’Express le 12 décembre 2009. Ce reportage de notre consœur Christine Holzbauer, résume de façon lumineuse la problématique de bases françaises. Ces bases sont certes très importantes sur le plan stratégique mais elles coutent tres chères. Finalement la logique budgétaire l’a emporté. Ce qui est intéressant c’est que c’est la France qui a décidé de plier bagage conformément à la géographie de son intérêt national et de ses moyens. Ces bases étaient d’autant plus chères pour le contribuable français que les forces françaises du Cap Vert en étaient reduites en dehors des manœuvres à suppléer les défaillances et les carences de Sénégal en matière de protection civile. Eteindre des incendies graves ou amener des motos pompes pour les inondations sont certes des actes nobles mais ils ne sauraient être que des avantages collatéraux parce que ce n’est pas la mission principale de ces forces. Et la grande inquiétude qui gagne les sénégalais en matière de protection civile avec le départ des forces françaises illustre à merveille ce que nous avons fait de nos 5O ans d’indépendance. Ah Revenons à l’article de l’Express qui apprend aussi que les bases militaires françaises « occupent 300 Hectares et un Général Sénégalais à la retraite sous couvert de l’anonymat espère que la raison d’Etat va l’emporter sur celle des promoteurs ». La raison d’Etat ! combien de divisions face à celle des promoteurs ? Quel optimisme mon Général.
Niger : un putsch vertueux
Le putsch qui a balayé Mamadou Tanja du pouvoir est incontestablement un putsch vertueux comme l’était celui du Général Robert Guei en Cote d’Ivoire du moins durant ses premières semaines. Le putsch au Niger a mis un terme aux dérives qui allait amener ce pays dans les abysses de l’autocratie. En 1999, le Général Guei avait déclaré après sa prise du pouvoir « vouloir balayer la maison et repartir » mais après le coup de balaie, il a voulu s’installer. Dans un tube génial intitulé « le balayeur balayé » Tiken Jah Fakoly relate les péripéties de Guei passé de sauveur à autocrate.. Pour l’instant les putschistes de Niamey ont réussi à stopper la dérive de Tanja, il ne leur reste plus qu’à rétablir les libertés publiques. Il n’ya pas forcement antagonisme entre militaires et libertés publiques car tous les militaires ne sont pas de potentiel Pinochet ou Idi Amin. Au Mali, Amoudou Toumani Touré a mis fin à la dictature et restauré la démocratie, en Turquie, Attaturk a sauvé la nation et proclamé la république, en France De Gaulle a sauvé l’honneur de la patrie et rétabli les libertés publiques alors que le Général Washington a été le pilier de la naissance des Etats Unis. En lieu et place d’un bréviaire sur la démocratie, on devrait offrir rapidement le tube de Tiken Jah à l’homme fort de Niamey pour lui éviter les errements de Daddis Camara ou de Guei le « balayeur balayé » et roulé dans la farine par le « boulanger » Gbagbo, un autre fossoyeur de la démocratie qui oublie d’envoyer l’ascenseur de la démocratie après l’avoir utilisé.






