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Le risque inflationniste plane plus que jamais sur les Etats-Unis

inflation-prix-consommation_280.jpgSi les chiffres publiés vendredi 19 février montrent une certaine stabilité de l’indice des prix à la consommation américain, il ne faut pas pour autant se sentir rassuré quant au risque de résurgence de l’inflation.

Les prix ont augmenté de 0,2 % en janvier par rapport à décembre 2009, c’est-à-dire moins que prévu. Si l’on exclut l’alimentation et l’énergie, on constate même une baisse de 0,1 %, mais il faut savoir que les données sont en partie construites artificiellement. De leur côté, les prix à l’importation et à la production sont vivement repartis à la hausse : il y a bien danger de poussée inflationniste.

Le logement est le poste le plus important du budget des ménages (32 %), tel qu’il est représenté par l’indice, et pourtant c’est une composante tout ce qu’il y a de plus fabriquée. En effet, depuis 1980, elle ne reflète plus directement l’évolution des prix de l’immobilier et des loyers. Elle retient pour les propriétaires un loyer théorique calculé par le Bureau of Labor Statistics, indicateur qui se trouve être très sensible aux taux d’intérêt.

Ainsi, entre 2002 et 2006, alors que les prix de l’immobilier s’envolaient, le poste logement de l’indice des prix restait très sage et contribuait à donner l’impression que l’inflation était maîtrisée.

C’est vrai, avant janvier 2010, cela faisait près de trente ans que le noyau dur de l’indice, hors alimentation et énergie, n’avait pas reculé. Néanmoins, il ne faut pas conclure trop vite que tout est calme sur le front de l’inflation, car le chiffre global est surtout le résultat d’une baisse du poste logement (- 0,5 % en janvier).

L’évolution des prix à la production est un sujet d’inquiétude. Ils ont augmenté de 1,4 % en janvier par rapport à décembre 2009, exactement comme les prix à l’importation. En janvier, l’indice général des prix à la production a progressé de 4,6 % sur un an en glissement annuel, tandis que dans le même temps, le coût des produits de base a bondi de 25 % et celui des importations de 11 %.

Cette série de hausses est surtout la résultante, d’une part, du renchérissement du coût de l’énergie et des matières premières, d’autre part du recul du dollar. Un dollar qui a, certes, récemment repris du terrain face à l’euro, mais qui en est resté au statu quo vis-à-vis du yuan chinois et des devises des pays producteurs de matières premières.

Le chômage semble s’être stabilisé aux Etats-Unis. Il pourrait même commencer à régresser lentement. L’immobilier bénéficie de mesures exceptionnelles de soutien, et les taux d’intérêt ne peuvent que remonter. Dans un proche avenir, on ne voit pas vraiment quels seraient les facteurs domestiques susceptibles de contrebalancer l’impact croissant de l’inflation importée de l’étranger. Il est donc tout à fait prématuré de se réjouir du comportement de l’indice des prix à la consommation américain en janvier.

Source: le Monde

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