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Investisseurs ayant misé sur l’or, prenez garde

or_081a.jpg.jpgLe cercle des fonds spéculatifs (hedge funds) « accros » à l’or ne cesse de s’agrandir et compte de plus en plus de membres célèbres. Le milliardaire américano-hongrois George Soros a ainsi doublé ses réserves au cours du dernier trimestre 2009. Pourtant, les amateurs de métal jaune devraient s’inquiéter de voir le peu d’appétit manifesté par les banques centrales pour l’or.

M. Soros est en bonne compagnie : les plus célèbres gérants de hedge funds – John Paulson, Paul Tudor Jones et David Einhorn – ont tous récemment recommandé d’acheter de l’or, en soulignant sa qualité de bouclier face à l’inflation. M. Soros aurait bien déclaré en janvier qu’il se formait sur le marché de l’or la « plus belle des bulles », mais rien ne nous dit qu’il s’est mis à en vendre. Il devrait pourtant y songer, car le cours de l’or a été en partie soutenu par l’idée que les banques centrales achèteraient en 2010 plus d’or qu’elles n’en vendraient, un événement qui ne s’était pas produit depuis vingt ans.

La mise en vente de quantités d’or par le Fonds monétaire international (FMI) a contribué à conforter ces anticipations. L’Inde en a acheté 200 tonnes en octobre 2009, soit en gros la moitié de ce que le FMI avait prévu d’écouler. Beaucoup s’attendaient à ce que les banques centrales suivent et acquièrent le reste, rendant inutile une vente à d’autres types d’investisseurs.

De fait, cette vente privée offrait l’occasion aux pays émergents de se procurer beaucoup d’or sans prendre le risque que le marché se retourne contre eux. Les « accros » aux bons du Trésor américain que sont la Chine, le Brésil et la Corée du Sud ont choisi de stocker moins de 5 % de leurs réserves sous forme d’or. D’après la Deutsche Bank, c’est moins de la moitié de la moyenne mondiale.

Empocher leurs plus-values

Eh bien, non. Seules 12 autres tonnes ont trouvé acquéreur, et le FMI doit se résoudre à vendre le reste petit à petit sur les marchés libres. Il est possible que les banques centrales, connues pour priser la discrétion, aient fort peu apprécié la transparence de l’opération du FMI. La banque centrale indienne essuiera force diatribes si le cours de l’or devait passer au-dessous du prix d’achat, aux alentours de 1050 dollars l’once.

Il y a peut-être une meilleure explication : les grands manitous auraient passé leur tour. La réaction du marché, qui s’est traduite par un fléchissement très vite effacé, paraît excessivement épidermique. S’il est vrai que les banques centrales vendent plus d’or qu’elles n’en achètent depuis dix ans, leurs coffres en contiennent encore près de 30 000 tonnes, soit 4 % environ de la quantité à laquelle les investisseurs peuvent avoir accès. A les voir aussi peu empressées à acheter de l’or, on ne saurait trop conseiller à ceux qui en possèdent de ne pas tarder à empocher leurs plus-values.

Source: le Monde










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