« La formalisation à long terme de l’informel, étant donné la difficulté qu’il y a pour une économie de se développer tout en ayant une bonne partie de l’activité économique en dehors du cadre réglementaire et fiscal légal. C’est l’une des conclusions de l’étude menée par une experte de la Banque mondiale, le Dr. Nancy C. Benjamin et le doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de l’Ucad, Pr. Ahmadou Aly Mbaye et qui a fait l’objet d’une restitution.
Bien que constituant plus de 80 % des entreprises du Sénégal et contribuant pour 60 % à la formation de la valeur ajoutée globale au Sénégal, le secteur informel, en particulier le gros informel, demeure « un modèle d’échec même s’il permet de survivre », a estimé le doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de l’Ucad, le Pr. Ahmadou Aly Mbaye au cours de la restitution d’une étude, intitulée « le secteur informel en Afrique de l’Ouest : le cas du Bénin, du Burkina Faso et du Sénégal ».
Cet atelier de dissémination des résultats de recherche sur le secteur de l’informel en Afrique de l’Ouest, organisé par le Centre de recherches économiques appliquées (Crea) de l’Ucad, en partenariat avec la Banque mondiale, la direction du Plan du ministère de l’Economie et des Finances et de la Commission de l’Uemoa, a été rehaussé par la présence du directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Mme Dieng Néné Ndiaye Mboup, du directeur des opérations de la Banque mondiale, Habib Fettini, et du recteur de l’Ucad Abdou Salam Sall.
L’étude, qui sera publiée en juin prochain, met en relief la question du gros informel en Afrique de l’Ouest, le secteur informel dans l’économie nationale, le secteur informel et la productivité des firmes, et enfin le secteur informel et les conditions de vie des ménagesIl y a une prolifération de définition du secteur informel en fonction des critères de taille, de tenue de comptes, de mobilité de lieu de travail, du type d’impôt payé et d’accès au crédit bancaire. C’est pour cette raison que le secteur informel demeure « un secteur à variable continu et non dichotomique par rapport à celui dit formel », a expliqué M. Mbaye Pour lui, c’est un modèle d’échec qui permet aux acteurs qui y sont impliqués de survivre et qui ne se développe que dans les secteurs où la technologie est rudimentaire.Quant à l’experte de la banque mondiale, le Dr Nancy C Benjamin, elle a noté que le secteur informel est à la fois guidé par la logique de la productivité et celle de survie.
Cependant, a-t-elle soutenu, dans ce secteur, le taux de la productivité est inférieur à celui du secteur formel.Il s’agit, selon les auteurs de cette étude, d’amener les pouvoirs publics à pouvoir créer les conditions de la formalisation à terme du secteur informel. Ce secteur a, en effet, du mal à se développer et à se formaliser du fait que la plupart de ses activités se font en dehors d’un cadre réglementaire et fiscal légal.*
Source: le Soleil






