Le Fonds monétaire international a relevé hier de près de 1 point, à 3,9 %, sa prévision de croissance mondiale 2010. Mais cette reprise reste fragile et largement dépendante des plans de relance budgétaire mis en place par les différents gouvernements.
A la lecture des nouveaux chiffres du Fonds monétaire international, chacun serait en droit de pousser un « ouf » de soulagement. En effet, hier, le chef économiste de l’institution multilatérale, Olivier Blanchard, a indiqué que son équipe avait relevé de près de 1 point à 3,9 % les prévisions de croissance mondiale pour 2010. L’expansion devrait même se poursuivre l’année d’après puisque la hausse du produit intérieur brut (PIB) mondial atteindrait 4,3 %.
La crise serait donc un vieux souvenir ? Pas si sûr. Car ces prévisions restent pour le moins fragiles. Comme l’a expliqué Olivier Blanchard, ce rebond de la croissance demeure lié aux plans de relance budgétaire mis en place par les différents gouvernements et qui continueront de faire sentir leurs effets tout au long de l’année. Néanmoins, la révision à la hausse des perspectives concerne l’ensemble des pays à des degrés divers. Aux Etats-Unis, par exemple, la hausse du PIB devrait s’élever à 2,7 % cette année et non de 1,5 % comme avancé à l’automne dernier. Ce relèvement de plus de 1 point provient du fait que les performances de la première économie mondiale au troisième trimestre 2009 ont été meilleures que prévu. Les chiffres du quatrième trimestre qui seront publiés vendredi devraient être également prometteurs.
Un défi redoutable
Le redressement des marchés boursiers et une consommation intérieure plus importante que prévu expliquent en partie cette bonne surprise. Il n’empêche. Pour 2011, le FMI prévoit un certain recul du dynamisme américain avec seulement une croissance de 2,4 % due au fait que les mesures de soutien ne seront plus à l’oeuvre. Le dynamisme plus fort que prévu des pays émergents est à l’origine, aussi, de l’amélioration des perspectives mondiales. « Que ce soit en Chine, en Inde, en Indonésie, au Brésil, nous sommes revenus à un rythme de croisière qui était en vigueur avant la chute de Lehman Brothers, en septembre 2008 », a souligné Olivier Blanchard. La zone euro, quant à elle, voit ses prévisions améliorées même si le taux de croissance ne devrait être que de 1 % cette année (1,5 % pour l’Allemagne et 1,4 % pour la France). « Le niveau élevé du chômage et de la dette publique ainsi que l’existence de systèmes financiers qui ne sont pas encore complètement rétablis et, dans certains pays, la fragilité du bilan des ménages sont autant de facteurs qui risquent de freiner la reprise » dans les pays riches, souligne le FMI. D’une manière générale, Olivier Blanchard juge que la croissance dépend encore pour une large part de la dépense publique. « Nous ne distinguons pas encore de signes où la demande privée [consommation, investissement] est prête à prendre le relais de la demande publique. » Ni dans les grands pays émergents, même si ce phénomène pourrait avoir lieu prochainement. Et certainement pas dans les pays développés. Aussi, pour lui, il est encore bien trop tôt pour les Etats-Unis, le Japon où la zone euro, d’enlever les béquilles de la dépense publique. Néanmoins, « les pays où la viabilité des finances publiques est de plus en plus préoccupante, doivent avancer dans la conception et la communication de stratégies de sortie crédibles », a averti l’institution multilatérale. Un défi redoutable mais qui témoigne de la fragilité des prévisions qui pourront être revues à la hausse comme à la baisse en avril prochain.
Source: les Echos






