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Les acteurs de l’informel doutent de la bonne utilisation des produits de l’impôt

Les acteurs de l’informel doutent de la bonne utilisation des produits de l’impôt

abdoulaye diopLe doute sur l’utilisation par les pouvoirs publics des produits de l’impôt et la peur de s’exposer au harcèlement fiscal expliquent la réticence des acteurs du secteur informel à s’acquitter de leurs impôts, selon une étude du Centre de recherches économiques appliquées (CREA).

L’étude intitulée ‘’Quelle politique fiscale pour le secteur informel dans l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine)’’ a été menée par l’experte de la Banque mondiale Nancy Benjamin et l’économiste sénégalais Ahmadou Aly Mbaye.Evoquant les entraves au recouvrement fiscal dans le secteur informel, l’étude évoque le doute des acteurs dans l’utilisation par les pouvoirs publics des produits des impôts, d’un risque de s’exposer au harcèlement fiscal, le niveau d’application des règles par les pouvoirs publics.

’’Les acteurs du secteur informel déplorent en outre le coût élevé de la mise en place d’un système de comptabilité fiable, un niveau de taxation jugé élevé et le mauvais accueil au niveau des services de recouvrement’’, a souligné l’étude consacrée au Sénégal, au Bénin et au Burkina Faso.

’’La mise en œuvre de l’identification fiscale unique pourrait aider à solutionner ce problème, même si on doit s’attendre à une forte résistance des bénéficiaires des rentes ainsi créées’’, préconise le document rendu public lundi à Dakar au cours d’un atelier.

’’L’informel se développe dans la sous-région essentiellement du fait du manque de communication entre les différentes régies financières, notamment la douane et les services des impôts’’, souligne l’étude dont les résultats seront compilés dans un livre à paraître en juin.

Au Sénégal, le secteur de l’informel contribue à hauteur de 60 pour cent à la formation de la valeur ajoutée globale et pour 80 pour cent à celle du total des entreprise. ’’Mais sa contribution aux recettes fiscales représente moins de 3 pour cent’’, a fait remarquer le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances à l’ouverture des travaux.

Néné Mboup Ndiaye a cependant loué le rôle ‘’extrêmement important’’ du secteur informel dans le processus de croissance économique et dans la détermination du niveau de vie des ménages.

Elle a ainsi réitéré l’engagement des autorités à trouver avec les acteurs concernés et les chercheurs, des voies appropriées pour accompagner les entreprises informelles afin de les rendre plus compétitive.

Source: Aps

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