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Le football français replonge dans les déficits

Le football français replonge dans les déficits

rougeLe bilan financier 2008/2009 des clubs français affiche une perte globale de 33,5 millions d’euros, partagée entre la Ligue 1 et la Ligue 2. Le modèle basé sur le trading de joueurs s’essouffle.

Les comptes du football professionnel français ont basculé dans le rouge. Sous la férule de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), les 40 équipes de l’élite française avaient clôturé un cycle de déficits à la fin de l’exercice2005/2006. Il n’aura fallu que trois saisons pour repartir en arrière.

Selon le bilan publié vendredi, les résultats des clubs ont atteint un déficit cumulé de 33,54 millions d’euros en 2008/09. Les pertes sont mêmes de 50 millions si l’on ne tient pas compte des abandons de comptes courant des actionnaires. Des chiffres qui démontrent la fragilité du modèle économique puisque, globalement, le chiffre d’affaires de la Ligue 1 et de la Ligue 2, en raison de la hausse des droits de télévision et des affluences aux stades, ont progressé de 5 %, à 1,27 milliard d’euros.

On est certes encore loin du milliard et demi des championnats allemand, espagnol et italien, et des plus de deux milliards de la Premier League anglaise. Mais il s’agit tout de même du plus haut niveau jamais atteint dans l’Hexagone, et ce, malgré la crise.

Grosse différence entre la Ligue 1 et la Ligue 2

En réalité, la situation est très différente en Ligue 1 et en Ligue 2. Au second niveau, les pertes, au total 18,8 millions d’euros, sont dû à deux clubs, Lens et Metz, relégués à l’étage inférieur tout en conservant des masses salariales du niveau de l’élite. Un pari sportif – gagné par Lens remonté en Ligue 1, mais pas par Metz – très coûteux.

Au premier niveau, le bilan est contrasté. Treize clubs, dont Marseille, affiche un résultat quasi nul, compris entre un gain à peine supérieur au million et des pertes qui ne dépassent pas quelques centaines de milliers d’euros. Cinq équipes enregistrent des pertes sensibles (Paris, Saint-Etienne, Auxerre, Grenoble et Lorient) comprises entre 4 et 7 millions d’euros. Seuls Lyon et Bordeaux sont nettement bénéficiaires.

Résultats en baisse pour l’OL et l’OM

La tendance à la baisse n’en reste pas moins réelle. Les résultats de l’Olympique Lyonnais et de l’Olympique de Marseille sont en baisse de près de 75%. A 47.000 euros mensuels, le salaire moyen des joueurs de Ligue 1 n’a progressé que de 3% en 2008/09, contre 13% la saison précédente.

C’est en réalité l’activité de ventes de joueurs qui a pesé sur les comptes. Au total, les plus-values dégagées par les transferts se sont élevées à 215,5 millions d’euros en Ligue 1, contre 265,8 millions lors de l’exercice 2007/2008. Le modèle économique basé sur le “trading de joueurs” s’épuisent avec le resserrement des marchés anglais, espagnol et italien touchés par la crise et poussés à la raison par l’introduction en juillet prochain du “fair-play financier” européen (qui traitera d’abord des impayés des transferts).

Le déficit cumulé pourrait atteindre 100 millions d’euros en 2010

Pour la saison en cours, les prévisions sont pessimistes. Le déficit cumulé de la Ligue 1 et de la Ligue 2 pourrait dépasser les 50 millions d’euros, selon les experts, voire atteindre les 100 millions. La suppression au 30 juin 2010 du droit d’image collective (DIC), ce dispositif qui permet d’exonérer de charges sociales 30 % des salaires, devrait coûter environ 30 millions aux clubs français. Des mesures compensatoires ont été promises par Nicolas Sarkozy, mais, selon nos informations, elles ne figureront pas dans le collectif budgétaire en cours d’examen et restent aléatoires.

Les clubs doivent basculer vers un modèle plus équilibré en dopant leurs recettes liées aux stades, comme en Angleterre. Une récente étude de l’agence Sportfive a montré que, sur la base d’hypothèses basses, 20 stades neufs ou rénovés généreraient 183 millions de revenus annuels additionnels pour les équipes à l’horizon 2015. C’est l’enjeu de la candidature française à l’organisation de l’Euro 2016. Le football professionnel devra gérer au plus juste en attendant ce levier de croissance. Son faible endettement, 60 millions au total pour les 20 équipes de Ligue 1, pourrait lui permettre de passer ce gué.

Source: les Echos

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