Archive | January, 2010

Consommation : L’huile d’arachide bientôt disponible sur les étales

huileDans les prochains jours, l’huile d’arachide sera plus présente sur le marché sénégalais que les autres huiles importées. Autrement dit, elle sera plus accessible aux consommateurs qu’elle ne l’était auparavant, parce qu’étant réservée à l’exportation en raison de sa qualité réputée ‘bonne’. C’est en tout cas l’ambition manifestée par le directeur général de Suneor, lors de la cérémonie de lancement d’un nouveau produit (Arad’Or), une huile d’arachide raffinée et enrichie en vitamine A. ‘Une grande partie de la commercialisation de nos produits sur le marché sénégalais sera réservée à l’huile d’arachide. Sa présence sur ce marché local sera plus importante que les huiles végétales, de palme ou de soja importées’, a déclaré Christian Samra. Il s’agit là, selon lui, d’une démarche stratégique consistant à mieux faire face à la concurrence. Cependant, la part significative réservée à l’huile d’arachide sur le territoire national ne signifie pas que le marché international sera exclu. Dans un souci d’équilibre, le patron de Suneor entend rester sur ce marché. Ce qui est important pour les consommateurs sénégalais, c’est le prix et la qualité du produit. Sur ce point, les propos de Christian Samra peuvent donner de quoi nourrir de l’espoir. ‘Le prix de l’huile Arad’Or sera 10 à 15 % mois cher que l’huile de soja raffinée’, promet-il. Mais pour l’instant, la distribution de ce nouveau produit est réservée aux grandes cérémonies comme les fêtes religieuses, avec notamment le Gamou de Tivaouane et le Magal de Touba, pour reprendre les exemples du directeur de Suneor. D’ailleurs, seules les grandes bouteilles de 20 litres ont été stockées à l’usine de Bel Air où ce produit est fabriqué. A travers cette approche, il s’agit de faire un test.

Et si les consommateurs apprécient ce nouveau produit, le conseil de direction de Suneor pourra mettre sur le marché des formats qui répondront à leurs attentes. ‘En fonction de la demande, nous verrons le format qui s’adapte à chaque catégorie de consommateurs’, a souligné M. Samra. Ce qui est sûr, c’est que ce nouveau produit répond aux exigences des normes de qualité édictées par l’Association sénégalaise de normalisation (Asn). Et c’est le directeur du Commerce intérieur qui l’affirme. ‘Nos services ont procédé aux prélèvements et à l’analyse de ce nouveau produit pour voir si l’huile d’arachide respecte les normes de qualité. Elle respecte les normes exigées. Et c’est pourquoi, nous avons autorisé sa commercialisation’, a soutenu El Hadj Diouf. L’Union nationale des consommateurs du Sénégal (Uncs) que dirige Jean Pierre Dieng salue l’initiative de Suneor avec le choix porté sur l’huile d’arachide qui constitue une fierté nationale en raison de sa qualité. Le même sentiment de satisfaction est exprimé par le président des Forces paysannes. Aliou Dia parle de la qualité de l’huile d’arachide réputée ‘meilleure’ que celles importées.

Source: Walf

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“Les défaillances des agences de notation sur les produits structurés ont porté une atteinte grave à leur crédibilité”

notationsA quoi servent les agences de notation ? Quel est leur rôle auprès des marchés ?

Nicolas Véron : Les agences de notation servent à informer les marchés sur le risque financier d’un certain nombre d’acteurs, privés ou publics. Elles analysent ce risque avec plus de moyens que n’en ont la plupart des investisseurs et mettent leur opinion à la disposition de l’ensemble des acteurs du marché.

On peut dire que c’est une manière pour les investisseurs de mutualiser leurs efforts d’analyse du risque, ou plus exactement de les déléguer à un petit nombre d’acteurs et de bénéficier ainsi d’économies d’échelle.

Comment les agences de notation jugent-elles de la solidité d’un emprunteur, qu’il soit un Etat ou une société ? Ces critères doivent-ils être changés ?

Les agences évaluent la probabilité que l’emprunteur puisse rembourser ses dettes ou, en d’autres termes, sa probabilité de défaut. Pour cela, elles examinent la structure future des coûts et des revenus de l’emprunteur, pour un Etat souverain ses revenus viennent de la fiscalité et dépendent donc à la fois de la croissance et de la capacité à lever l’impôt.

Pour une entreprise, il s’agit des perspectives de développement commercial et financier. Donc les agences construisent des scénarios financiers prévisionnels et évaluent la probabilité que chacun de ces scénarios se réalise en construisant les modèles financiers correspondants. Naturellement, comme il s’agit du futur, ce n’est pas une science exacte, et le métier de la notation implique une bonne part de jugement, ce qui veut dire aussi que les erreurs de jugement sont toujours un risque.

Les agences de notation sont rémunérées par les émetteurs dont elles sont chargées de noter le crédit, mais aussi, parfois, à l’origine de la conception de ces titres. Mettre des frontières entre ces activités, est-ce possible ?

Cette question se pose différemment dans les différents segments d’activité des agences. Le problème du conflit d’intérêt est peut-être plus aigu sur les produits structurés, un segment sur lequel les agences ont été très critiquées à l’occasion de la crise des subprimes. Dans ce domaine, il y a en effet un dialogue en amont entre l’agence de notation et le concepteur du produit structuré, qui est généralement une banque d’investissement. A travers ce dialogue, l’agence joue de fait un rôle dans la conception du produit et devient ainsi juge et partie à la fois. Ce problème existe beaucoup moins dans le cas des notations d’entreprise (“corporate”) ou des risques souverains. Il n’en reste pas moins que, dans tous les cas, l’agence est notée par l’émetteur de la dette, ce qui est en soi une forme de conflit d’intérêt.

Le fait que les entreprises choisissent une des agences et la paient pour avoir leur note n’est-il pas contradictoire avec l’objectivité de la notation ?

Si, il y a là une source potentielle de conflit d’intérêt. Mais il faut aussi reconnaître que ces conflits sont endémiques dans tout le secteur financier. En d’autres termes, la question est de savoir quel modèle alternatif serait plus performant. Certains ont suggéré que les agences devraient être payées par les investisseurs, et non par les émetteurs. Mais ce modèle ne serait pas non plus exempt de conflits d’intérêt. Si vous êtes un investisseur et que vous détenez un gros portefeuille de titres, vous n’avez pas envie que la note de ces titres soit dégradée. Surtout, le modèle financé par les investisseurs n’a jamais vraiment fonctionné commercialement depuis au moins trente ans.

L’indépendance de ces agences est-elle garantie ? Par qui, par quoi ?

L’indépendance n’est garantie que par le fait que les agences ont intérêt à maintenir leur bonne réputation. Comme on l’a vu dans le cas des produits structurés, cette garantie peut s’avérer insuffisante pour assurer la qualité des notations.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu une remise en cause des agences de notation après la crise de 2009 ?

Il y en a eu, comme après d’autres crises. Ce n’est pas la première fois que les agences se trompent. Cela a été le cas par exemple avec les crises de la dette en Amérique latine ou en Asie, ou avec Enron et Worldcom en 2001-2002. A chaque fois, les critiques sur le rôle des agences conduisent à envisager le renforcement de leur régulation et, dans le cas de la crise de 2008, pour la première fois, l’Union européenne a mis en place une régulation formelle des agences par les autorités boursières. Cette régulation est en place depuis 2009.

Est-ce qu’un Etat comme la France a la capacite d’influencer une agence de notation (et ainsi conserver sa note AAA)?

La France ne peut pas influencer directement l’agence par la régulation, puisque celle-ci aura lieu au niveau européen. Cela étant, il est vrai que plus les agences sont régulées par la puissance publique, plus les Etats risquent de se retrouver juges et parties, car leur position en tant que régulateurs peut entrer en tension avec leur position d’émetteurs. C’est un vrai danger pour l’intégrité future des agences.

Les agences ont-elles joué un rôle dans les déboires de la Grèce ?

Pas vraiment. Sur les risques souverains, les agences sont généralement en retard par rapport aux inquiétudes du marché. Cela étant, la dégradation d’une dette a des effets mécaniques car les notes de crédit sont souvent utilisées comme références dans un certain nombre de règles financières qui conduisent certains investisseurs à devoir vendre des titres lorsque la note est dégradée. Cet effet automatique est très pervers et peut déclencher des spirales de panique. Néanmoins, la responsabilité en incombe aux autorités de régulation, qui ont choisi de donner un rôle aux notes de crédit dans leurs règles prudentielles. Les agences ne peuvent pas être tenues directement responsables de cet état de fait.

Où en sont les projets européens de régulation de ces agences ?

Le projet est maintenant une réalité, puisque la régulation européenne a été publiée à la fin de l’année 2009. Les agences devront s’enregistrer auprès des autorités européennes, qui pourront s’assurer du respect d’un certain nombre de règles, notamment sur l’intégrité du processus de notation et la maîtrise des circuits d’information interne pour minimiser les conflits d’intérêt. Cela étant, cette régulation ne modifie pas le modèle économique des agences de notation.

Quels sont les récents cas où les agences ont été vraiment mises en cause ?

Il y a deux types de mise en cause. L’un qui est assez traditionnel, dans lequel on reproche aux agences de réagir trop tard. Par exemple, la note d’Enron a été dégradée seulement trois jours avant la faillite fin 2001. L’autre mise en cause, plus récente, concerne spécifiquement les produits structurés, et notamment sur le risque immobilier subprime aux Etats-Unis. Dans ce cas, les agences ont été trop proches des émetteurs et surtout n’ont pas consacré suffisamment de moyens à l’analyse des risques, et leur évaluation du risque de défaut s’est révélée totalement erronée.

Qu’est-ce qui pourrait remplacer les agences de notation ?

C’est très difficile de remplacer les agences, car le marché a besoin d’avis de référence sur l’évaluation des risques. Pour autant, les défaillances des agences de notation sur les produits structurés ont porté une atteinte grave à leur crédibilité, et il serait bon que d’autres acteurs de notation puissent apparaître, peut-être avec d’autres méthodologies d’évaluation des risques financiers. Pour cela, il faut sans doute réfléchir à rendre obligatoires plus d’informations sur les émissions de dette. Aujourd’hui, les agences de notation ont un privilège d’accès à l’information et connaissent des informations qui ne sont pas mises à la disposition de l’ensemble du marché. Ce privilège me semble devoir être remis en cause, ce qui faciliterait l’émergence de nouveaux concurrents.

Est-il possible d’avoir une ONG (comme Transparency International) qui classe les agences de notation ?

Pourquoi pas ? Aujourd’hui, il y a trois agences de notation qui dominent ce marché : Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch. On peut imaginer qu’une ONG prenne l’initiative de les évaluer. Rien ne s’y oppose en pratique.

A quelles autres méthodologies d’évaluation des risques pensez-vous en particulier ?

Le problème est précisément que les méthodologies traditionnelles n’ont pas été suffisantes. Je ne crois pas qu’on puisse inventer des méthodologies alternatives avec un coup de baguette magique. Mais il n’est pas non plus évident que les agences de notation soient les mieux placées pour innover dans ce domaine. C’est pourquoi il me semble nécessaire de réfléchir à l’ouverture de ce marché à de nouveaux concurrents, à de nouveaux entrants qui, eux, pourraient peut-être inventer les méthodologies dont nous avons besoin. Il y a exactement un siècle, John Moody, un entrepreneur américain, a inventé la notation telle que nous la connaissons aujourd’hui. Il nous faut aujourd’hui un nouveau John Moody pour le XXIe siècle, et il est peu probable qu’il se trouve dans le personnel actuel des agences.

Quelles sont les personnes présentes au CA des agences de notation ? A qui appartiennent concrètement ces entreprises ? Et au final, d’où vient leur légitimité a évaluer la dette d’un Etat souverain ?

La légitimité ne vient pas de leur actionnariat, mais de leur expérience dans ce domaine. Chacun sait que les agences de notation se sont souvent trompées, mais cela ne les empêche pas d’avoir une meilleure capacité de jugement que l’investisseur moyen. L’actionnariat varie selon les agences. Moody’s est une entreprise indépendante cotée en Bourse ; Standard & Poor’s est une filiale à 100 % du groupe de médias McGraw-Hill ; et Fitch est une filiale à 100 % de Fimalac, un groupe contrôlé par le Français Marc de Lacharrière.

Pourquoi d’autres Etats étrangers ne possèdent-ils pas d’agences de notation et que, comme par hasard, elles se trouvent aux Etats-Unis ? L’ouverture d’agences de notation chinoises par exemple, ou européennes, ne permettrait-il pas de pondérer des analyses venant au final d’institutions américaines ?

Fitch est une agence détenue par un groupe européen, et en termes d’activité, les agences ont des implantations partout dans le monde. Y compris à Paris. Il faut reconnaître que les marchés financiers sont concentrés sur quelques places, dont les deux principales au niveau mondial sont New York et Londres. Il n’est donc pas étonnant qu’une grande partie de l’activité des agences se concentre dans ces deux villes. Mais aucune des agences n’est une création d’Etat et, à vrai dire, une agence qui serait créée par un Etat ne serait pas facilement prise au sérieux par le marché, car son indépendance serait fortement sujette à caution. Il existe des agences de notation indépendantes des trois grandes, au Japon et dans d’autres pays, mais elles n’ont jamais réussi à acquérir une réelle envergure internationale.

L’économie des singularités affirme que la loi offre/demande, où le prix contient toute l’information, ne s’applique pas aux biens singuliers qui ont besoin de notations, de palmarès… S’applique-t-elle ici ?

Les prix de marché ne reflètent la totalité des informations disponibles que sous certaines hypothèses d’efficience, dont nous savons aujourd’hui qu’elles ne sont pas toujours réunies. En d’autres termes, les marchés sont imparfaits, et leur efficience est imparfaite aussi. Il y a beaucoup d’asymétries d’informations dans le système financier. Les agences ont vocation à réduire ces asymétries, mais elles ne peuvent pas les faire disparaître.

Quel va être le rôle pratique des agences de notation sur le grand emprunt national de 2010 ?

Pas de rôle particulier, sauf que cet emprunt est évidemment une des composantes de la dette française. Cela étant, son ampleur finalement limitée n’en fait pas un sujet majeur pour la notation du risque souverain français.

Clément : Quel est le rôle d’organismes tels que la Coface ? Ne sont-ils pas justement à l’abri des risques de conflits d’intérêt ? Pourquoi n’investissent-ils pas le marché des agences de notation ?

Personne dans le monde financier n’est totalement à l’abri des risques de conflits d’intérêt ! Les compétences de la Coface sont en effet proches de celles des agences de notation. D’ailleurs, la Coface a annoncé l’an dernier son intention d’entrer sur ce marché. A suivre donc.

Est-ce que les agences de notation ont le pouvoir d’influencer les décisions politiques, comme le fait dans une certaine mesure le FMI ?

Dans une certaine mesure, oui. Mais elles ne sont en cela que le reflet de la puissance des marchés obligataires. Les agences de notation reflètent les inquiétudes des investisseurs obligataires, qui peuvent orienter les décisions publiques, notamment lorsque la dette publique est élevée. Leur pouvoir politique autonome est négligeable, car si elles cherchaient à aller au-delà des préoccupations des investisseurs obligataires et à imposer un agenda qui leur serait propre, elles seraient immédiatement décrédibilisées.

Source: le Monde

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La Grèce relance les inquiétudes autour de l’euro

zone euroA la suite d’un article évoquant la possibilité d’un soutien financier des Européens à la Grèce, les marchés ont connu, hier, un nouvel accès d’inquiétude. La dette grecque mais aussi la monnaie unique sont sous pression.

A chaque jour, sa rumeur. Ces derniers temps, les marchés vivent au rythme de « bombes » médiatiques qui accentuent l’inquiétude autour de la Grèce. Mercredi, le « Financial Times » croyait savoir que la Chine envisageait de prêter 25 milliards d’euros à Athènes. Les démentis n’y ont rien fait : la crainte des marchés avait encore augmenté. Si Athènes était obligé d’avoir recours au placement privé d’une telle quantité de dette, n’était-ce pas la preuve de ses difficultés à se financer ? Le taux auquel l’Etat grec empruntait s’envolait, pour atteindre un record depuis 1999.

Hier, nouvelle rumeur : selon « Le Monde », les Etats de la zone euro se prépareraient « à aider la Grèce ». L’Allemagne et la France, en particulier, réfléchiraient à un tel scénario. Là encore, les démentis n’ont pas tardé. A Berlin, une porte-parole du ministère des Finances a déclaré qu’il n’y avait « absolument rien derrière ces rumeurs ». Même réaction à Bercy, où l’on « dément catégoriquement » ces informations. Qu’importe : les marchés, à nouveau, avaient réagi, selon un raisonnement simple. Si l’hypothèse d’une aide à la Grèce est envisagée, n’est-ce pas que cette dernière va très mal ? D’où une nouvelle chute de l’euro (voir page 31). Quant aux obligations grecques à 10 ans, elles se rémunéraient, hier, 4,05 points de pourcentage de plus que leurs équivalentes allemandes. Du jamais-vu depuis la création de l’euro.

A y regarder de près, pourtant, il y a probablement, une fois de plus, beaucoup d’exagération dans la réaction des investisseurs. Car, comme on l’explique à la Commission européenne, le plan actuel de redressement financier grec est très ambitieux. Bruxelles devrait lui apporter son soutien officiel début février. Dans ce contexte, des sources européennes donnent une vision plus nuancée du scénario qui se dessine : non pas un plan européen de soutien à la Grèce, mais des réflexions disparates, dans les différentes capitales, sur les modalités d’une éventuelle aide bilatérale.

Maillon faible

La partie que jouent les Européens est en effet complexe. Car il est essentiel, pour la zone euro, de ne pas apporter un soutien de principe à un pays en plein dérapage financier. Cela reviendrait à donner une prime aux mauvais élèves… C’est d’ailleurs pour cette raison que les statuts européens limitent la possibilité de plans de soutien à des circonstances exceptionnelles ou des catastrophes naturelles. D’ailleurs, comme le résume l’économiste Philippe Sabuco, chez BNP Paribas, « il serait étonnant que la population allemande, qui a fait d’importants sacrifices au cours de la dernière décennie, accepte de payer pour les Grecs ».

Pour autant, il est essentiel, à ce stade, de faire passer le message que le spectre qui hante les marchés -une sortie de la zone euro de la Grèce -est simplement inenvisageable. Et que les Européens feront le nécessaire pour qu’il ne se produise pas. Il en va de la crédibilité de la zone euro. Plus les jours passent et plus il semble clair que, derrière le cas grec, c’est cette crédibilité qui est testée par les marchés. C’est d’ailleurs ce qu’a sous-entendu le ministre des Finances grec, Georges Papaconstantinou, hier, à Davos. Alors que son pays est parvenu à emprunter sans difficulté lundi dernier, le « Financial Times » l’a de nouveau pris pour cible, hier. « Nous sommes attaqués en tant que maillon faible [de la zone euro]… avec un objectif au-delà », a-t-il estimé.

Source: les Echos

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EXPORTATIONS : Démarrage d’un programme d’appui aux techniques d’emballage

conteneursLe programme d’appui à l’emballage export (Africa food pack), destiné aux entreprises africaines du secteur agricole et agroalimentaire, a été lancé officiellement à Dakar. Initié par l’association Afrique agro export (Aafex), il vise à appuyer le développement des Pme agroalimentaires africaines à l’exportation.

Le programme d’appui à l’emballage export, dénommé Africa food pack et soutenu par l’Union européenne et l’Agence française de développement (Afd), a été officiellement lancé hier à Dakar. Organisée en collaboration avec l’association Afrique agro export (Aafex), la manifestation a été présidée par le ministre du Commerce, Amadou Niang, en présence des représentants du ministère de l’Agriculture et du département des Mines, de l’Industrie, de la Transformation alimentaire des produits agricoles et des Pme. L’initiative vise à appuyer le développement des Pme agroalimentaires africaines à l’exportation.

Dans le cadre de sa mission d’appui aux Pme du secteur agroalimentaire, l’Aafex, en tant que groupement d’entreprises africaines exportatrices de produits alimentaires, regroupant 16 pays africains et comptant 80 membres actifs et une douzaine de membres associés, a initié ce programme d’identification des besoins et de rapprochement avec l’offre. Selon sa présidente, l’Aafex compte profiter de la tenue à Dakar (du 23 au 26 mars 2010) du Salon international de l’agroalimentaire (Siagro) pour organiser des rencontres africaines de l’emballage Africa food pack qui réuniront des producteurs agricoles et des industriels agroalimentaires, en provenance d’une quinzaine de pays d’Afrique, des fournisseurs africains et européens d’équipements et de consommables pour le calibrage et l’emballage des produits agricoles et agroalimentaires, mais aussi leurs conditionnement. Le but du programme est de trouver une solution aux problèmes d’emballage des entreprises agroalimentaires africaines, et comporte quatre principaux volets. Il s’agit, entre autres, d’une étude diagnostic réalisée par des experts en emballage du Cci dans 7 pays d’Afrique : Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, Kenya, Tanzanie ; des ateliers et des tables rondes d’informations et de sensibilisation des opérateurs du secteur agroalimentaire export dans 4 pays : Côte d’Ivoire, Mali, Ghana et Sénégal. Le ministre du Commerce, Amadou Niang, qui a rappelé l’objectif de cette manifestation, a annoncé la mise en place d’un centre technique de l’emballage. La directrice de la transformation agricole et des produits alimentaires a bien apprécié ce programme qui, à son avis, contribuera à l’amélioration des conditions de mise en marché des produits agroalimentaires locaux. Pour la présidente de l’Aapex, Mme Marie-Andrée Tall, ce projet donne aux membres de son association, les moyens d’accompagner leurs « entreprises avec des programmes personnalisés de mises aux normes, de certifications et de mise au point de produits valorisant les matières premières locales en complémentarité avec les programmes existant au niveau national et sous-régional.

Source: le Soleil

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POUR NON RESPECT DES PROCÉDURES : Plusieurs structures épinglées par l’Armp

youssouf sakhoPlusieurs structures publiques n’ont pas respecté les procédures édictées par le nouveau Code des marchés publics. C’est ce qui ressort de ce premier rapport d’audit de l’Armp. Il est notamment reproché à ces structures d’avoir attribué des marchés de gré à gré ou de n’avoir pas respecté les procédures de demande de renseignement et de prix.

L’Agence de régulation des marchés publics (Armp) a publié, hier, son premier rapport d’audit sur les procédures de passation des marchés publics. Ce rapport révèle que plusieurs structures ont été épinglées pour non respect des procédures définies par le nouveau Code des marchés publics. Parmi elles, on peut citer notamment des ministères (de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat féminin, de la Micro finance et de la Petite enfance, des Forces armées, de l’Intérieur), des agences nationales (Anoci, Apix), des sociétés nationales (Senelec, la société Dakar Dem Dikk, etc.), des hôpitaux (Hoggy, Dantec, Fann) et certaines collectivités locales (notamment la ville de Dakar).

Revenant sur les principes sous-tendant cet audit, le directeur général de l’Armp, Youssouph Sakho, a rappelé le principe d’objectivité et le caractère aléatoire qui président au choix des structures devant être auditées. Ainsi, toutes les autorités contractantes gérant un budget de 10 milliards de FCfa et l’ensemble des collectivités locales ayant un budget supérieur à 500 millions doivent être systématiquement auditées chaque année, a expliqué, M. Sakho. Ensuite, selon un choix établit sur la base d’un caractère purement aléatoire (c’est-à-dire sans aucun parti pris), 50 % des structures gérant un budget compris entre 5 et 10 milliards et des collectivités locales ayant un budget compris entre 200 et 500 millions de FCfa doivent également être auditées. Au total, 72 autorités contractantes ont fait l’objet d’audit, d’après le rapport. Elles ont été réparties en trois lots, chaque lot ayant été confié à un cabinet d’audit choisis à la suite d’un appel d’offre international. L’audit concerne les marchés attribués durant la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2008 (année de l’entrée en vigueur du Code) et son coût est estimé à 200 millions de FCfa financé par la Banque mondiale.

Les tendances lourdes que dégage ce rapport de 7000 pages concernent essentiellement la non publication des avis d’attribution dans le plan de passation des marchés, le non respect des procédures de demande de renseignements et des prix et les marchés attribués par entente directe ou gré à gré. Plusieurs anomalies ont, également, été notées. En guise d’exemple, on peut voir un couteau grand model facturé à 42.000 FCfa dans un marché attribué par le Ministère de la Famille. Les rapporteurs ont également souligné une « utilisation abusive du secret défense (pour le Ministère des Forces armées) et l’évocation de la « loi d’exclusivité » par certaines structures (comme l’Apix) « sans fourniture de documents probants ». « Nous sommes en train de nous battre pour abroger la loi qui permet à l’Apix, par exemple, d’échapper à l’Armp », explique M. Birahim Seck, membre du Conseil de l’Armp.

L’audit a également révélé que ce sont les mêmes entreprises qui se partagent ces marchés opaques. Ces entreprises risquent des sanctions allant de la suspension provisoire à la suspension définitive. « Nous pouvons aussi saisir les autorités judiciaires compétentes », ajoute Mansour Diop, président du Conseil de l’Armp. En attendant, ce sont les audits techniques qui vont être déclenchés. Il s’impose également un toilettage des textes pour améliorer le Code des marchés, d’après le Dg de l’Armp, afin de réduire les dysfonctionnements et les difficultés de conformité des autorités contractantes.

Source: le Soleil

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Déficit : Nicolas Sarkozy veut réaliser des économies sans précédent

sarkozyLe chef de l’Etat réunit aujourd’hui une conférence sur le déficit. Les départements et les régions boycottent le rendez-vous. Un groupe de travail va plancher sur l’instauration d’une règle budgétaire à l’allemande.

C’était en décembre 2005 et cela paraît très loin. Dans une belle unanimité, le rapport alarmiste de Michel Pébereau invitait le gouvernement à « rompre avec la facilité de la dette » en supprimant le déficit sur cinq ans. Cela impliquait, selon l’auteur, un effort d’économies sans précédent et l’arrêt des baisses d’impôts. La dette représentait alors 66 % de PIB et le déficit public était inférieur à la limite européenne des 3 %.

Un peu plus de quatre ans après, les finances publiques sont dans une situation bien plus grave, en raison principalement de la récession brutale de 2008-2009, mais pas seulement. Et dans sa stratégie d’après-crise, Nicolas Sarkozy entame aujourd’hui un virage délicat en organisant à l’Elysée une « conférence sur le déficit », dont l’intitulé se veut explicite. Certes, son discours de juin 2009 devant le Congrès contenait déjà des éléments d’orthodoxie budgétaire, mais cette partie avait été occultée par l’annonce d’un grand emprunt. Celui-ci étant sur les rails, il reste au chef de l’Etat à expliquer comment il entend ramener le déficit public (prévu à 8,2 % de PIB cette année) sous la barre des 3 % d’ici à 2013 sans augmenter les impôts. Le virage est d’autant plus délicat que Nicolas Sarkozy ne peut annoncer de but en blanc ce que l’opposition qualifierait immédiatement de plan de rigueur à l’approche des régionales.

Sentant le vent tourner en leur faveur, François Fillon, qui a fait de la responsabilité budgétaire une marque de fabrique, et Eric Woerth, ont multiplié les déclarations pour « cadrer » l’exercice. «  Il n’y a pas d’autorité de l’Etat sans exemplarité financière, a lancé le Premier ministre au Sénat, mardi, en indiquant que la conférence allait servir à «  fixer les règles, les méthodes et la trajectoire qui permettront un retour à l’équilibre budgétaire, après trente-cinq ans de déficit sans interruption ».

Nouvelles normes tous azimuts

Le ministre du Budget a chiffré l’effort sans précédent à réaliser : 50 milliards d’euros d’économies d’ici à 2013, sur un peu plus de 1.000 milliards de dépenses publiques (voir infographie ci-contre). Pour cela, le gouvernement veut ramener entre 0,5 % et 1 % la progression annuelle des dépenses en volume (en plus de l’inflation), alors que le rythme moyen depuis 1980 a été de… 2,5 %. De nouvelles normes sont envisagées tous azimuts : progression des dépenses d’assurance-maladie abaissée à 2 % par an, économies de 10 % en trois ans pour l’Etat sur les dépenses de fonctionnement, norme indicative d’évolution des dépenses des collectivités locales, dont le rythme ne devrait pas dépasser 2 % à 3 % au lieu de près de 6 % aujourd’hui, souligne Eric Woerth. Le ministre du Budget pousse à l’instauration d’un objectif maximum de dépense publique, par exemple à 50 % de PIB (contre 56 % aujourd’hui).

Mais le gouvernement est aussi conscient qu’empiler les normes ne résoudra rien, et qu’il s’agit de les faire respecter. Dans « Le Monde », Didier Migaud (PS) affirme que «  seule la volonté politique compte » et Gilles Carrez (UMP) souligne qu’il «  ne faut pas se concentrer sur la seule dépense ». L’économiste Jacques Delpla est de ceux qui estiment que seule une règle d’équilibre à valeur constitutionnelle, à l’instar de l’exemple allemand, peut contraindre la droite comme la gauche d’agir (lire ci-dessous). Eric Woerth et François Fillon sont intéressés, et Nicolas Sarkozy a souhaité en décembre que l’instauration d’une règle budgétaire contraignante soit débattue lors de la conférence. Le chef de l’Etat va mandater un groupe de travail sur le sujet, sans préempter la solution (règle de solde ou règle d’or préservant les investissements, inscription dans la Constitution ou loi organique). « Aller dans cette voie avant les régionales constitue un signal fort », souligne une source gouvernementale. Même si l’Elysée juge que la classe politique n’y est pas prête à ce stade.

Une dimension très politique

Autre sujet au programme de ce groupe : l’affectation systématique des plus-values fiscales à la réduction du déficit. La conférence sera suivie par d’autres au printemps. Deux autres groupes vont être amenés à plancher sur l’assurance-maladie et sur les relations Etat-collectivités locales, afin de proposer des mesures permettant de tenir ces objectifs très ambitieux. Et d’aboutir, pour les collectivités, à un « diagnostic partagé ».

C’est très mal parti. L’Assemblée des départements de France, l’Association des régions de France et les maires socialistes ont annoncé hier qu’ils boycotteraient la conférence. Au-delà des aspects financiers, le rendez-vous prend évidemment une dimension très politique. Alors que l’exécutif veut convaincre les collectivités de lutter contre les déficits en réduisant leurs dépenses, les élus renvoient l’Etat à ses responsabilités et le PS, à la tête de presque toutes les régions, dénonce une «  mascarade » avant les élections.

Source: les Echos

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Dans son discours sur l’état de l’union, Obama met l’emploi au coeur de son action

obama_presidentLe président des Etats-Unis Barack Obama a mis mercredi l’emploi au coeur de l’action de son gouvernement lors d’un discours sur l’état de l’Union qui était pour lui l’occasion de reprendre l’initiative avec combativité après une série de revers.

Affirmant à propos de l’économie que si “le pire de la tempête est passé, les dégâts sont toujours là”, M. Obama a assuré que les actions entreprises depuis un an avaient empêché les Etats-Unis de sombrer dans une grande dépression comme dans les années 1930.

Face aux élus du Sénat et de la Chambre des représentants réunis dans l’hémicycle du Capitole à Washington, le président démocrate a demandé une loi soutenant l’emploi qu’il souhaite voir “sur (son) bureau sans retard”.

Si les Etats-Unis sont sortis de la récession l’été dernier, le chômage reste historiquement élevé à 10%. M. Obama a annoncé vouloir “prendre 30 milliards de dollars” sur les fonds “remboursés par Wall Street” pour permettre au banques de proximité d’aider les PME à créer des emplois, et dit son ambition de doubler les exportations d’ici cinq ans.

M. Obama, qui n’a pas mâché ses mots ces dernières semaines envers Wall Street, accusé d’avoir mis l’économie au bord du gouffre avec des pratiques à risque, a aussi promis aux élus d’être inflexible sur la réforme de la régulation financière.

Alors que la dette des Etats-Unis atteint 80% du PIB, M. Obama a annoncé la création par décret d’une commission chargée de résorber le déficit, après qu’un tel dispositif eut été bloqué mardi au Sénat.

Les démocrates ont perdu le 19 janvier leur majorité qualifiée dans cette assemblée à l’occasion d’une élection partielle, mettant en doute l’avenir de la réforme de l’assurance maladie, mais M. Obama a promis de ne pas abandonner cette promesse emblématique de sa campagne de 2008.

“D’ici à la fin de mon discours ce soir, davantage d’Américains auront perdu leur assurance maladie (…) Je n’abandonnerai pas ces Américains. Et personne dans cette salle ne devrait le faire”, a-t-il lancé.

Souvent grave mais émaillant parfois son propos d’humour –le sauvetage des banques a été “aussi populaire qu’une visite chez le dentiste” selon lui–, le président a aussi appelé le Congrès à légiférer sur un autre projet à l’avenir incertain, la lutte contre le changement climatique, demandant aux républicains de renoncer à bloquer des textes par électoralisme.

M. Obama s’est également attaqué à un sujet de société controversé en appelant les élus à abroger une loi imposant aux militaires homosexuels de cacher leur orientation sexuelle.

Lors de son premier discours sur l’état de l’Union – la tradition veut que le président n’en prononce pas lors de sa première année au pouvoir -, M. Obama, souvent interrompu par des applaudissements nourris, n’aura qu’effleuré les thèmes de politique étrangère.

Affirmant que la menace des armes nucléaires était “peut-être le plus grave danger menaçant les Américains”, il a mis en garde l’Iran contre des “répercussions accrues” si ses dirigeants “continuent à ignorer leurs obligations”, et a noté que la Corée du nord était déjà visée par des sanctions “appliquées vigoureusement”.

Soulignant que conformément à ses promesses, les soldats déployés en Irak, où la guerre “prend fin”, étaient en train de rentrer, il a affirmé être “confiant dans un succès” en Afghanistan, où il a récemment dépêché 30.000 militaires supplémentaires.

Enfin, après la tentative d’Al-Qaïda de faire sauter un avion de ligne à Noël, M. Obama a réaffirmé l’engagement des Etats-Unis à combattre les extrémistes, annonçant aussi un plan pour lutter contre la menace bioterroriste.

Source: les Echos

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Le gouvernement n’envisage pas d’augmenter le prix de l’électricité, selon le Premier ministre

senelecLa Société nationale d’électricité (SENELEC) n’envisage pas d’augmenter le prix de l’électricité, a précisé mercredi à Dakar le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, relevant toutefois ’’des paramètres’’ que le gouvernement ne maîtrise pas.

‘’On n’en est pas encore là. (…) A priori, il n’y aura pas d’augmentation’’, a affirmé M. Ndiaye, au sortir d’un conseil interministériel consacré aux ‘’investissements dans le secteur de l’énergie’’.‘’Il n’est pas prévu d’augmenter le prix de l’électricité. Cependant, il y a des paramètres que nous ne maîtrisons pas’’, le cours du baril de pétrole sur le marché international par exemple, a-t-il expliqué.

Le quotidien L’As (privé) a fait état, la semaine dernière, d’une éventuelle hausse du prix de l’électricité. Selon le journal, cette hausse devrait émaner de la volonté du Fonds monétaire international (FMI), partenaire technique et financier du gouvernement.

Sur le marché international, ‘’s’il y a des augmentations, la SENELEC sera obligée de réajuster les prix de l’électricité’’, a-t-il précisé, avant de poursuivre : ‘’Le gouvernement s’emploiera à ne pas laisser flamber le prix de l’électricité’’ dans pareils cas.

Le gouvernement va ‘’faire de sorte que cette éventuelle hausse ne soit pas ressentie par’’ les populations, a assuré M. Ndiaye.

Il a dit que ‘’cette année’’, le gouvernement fera construire une centrale à charbon à Sendou, dans la région de Dakar. Ce chantier sera achevé en 2012, a-t-il indiqué.

Les défaillances de la fourniture d’électricité sont la cause d’un ‘’retard d’investissement’’ dans le secteur de l’énergie, où de ‘’vieilles machines qu’il faut changer’’ sont encore utilisées, a expliqué le Premier ministre.

Source: Aps

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POISSONS D’EAU DOUCE : Les crues font revenir plusieurs espèces dans la Vallée

poissonsUne crue importante favoriserait le système de reproduction des poissons d’eau douce. C’est le point de vue des thioubalos (pécheurs traditionnels) qui présentement se réjouissent du retour en force de différentes espèces qui avaient complètement déserté le fleuve.

Si la nature a ses caprices, les pécheurs, eux, ont une explication à ce phénomène qui semble avoir pris de court tout un monde. Que le poisson du fleuve se régénère, cela est du domaine du possible, souligne Ngary NKawlè Bâ, un pécheur, doublé d’un fin connaisseur de la science des eaux, qui a retrouvé, grâce à ses incantations sur les berges du fleuve, plusieurs noyés. Pour lui : « c’est le retour des eaux en grande quantité, favorisant une crue abondante qui s’est déroulée dans de bonnes conditions, qui explique le déplacement de certaines espèces de poissons en bandes dans les marigots et les cuvettes ». Pour NGary NKawlè, certaines espèces remontent le lit du fleuve en nageant à contre courant, comme font les saumons face aux cascades. Le capitaine, de même que la carpe remonteraient les fleuves. « La carpe se retrouve dans les eaux de crue où elle se nourrie de gowè, une plante aquatique très prisée des femmes qui la récoltent après la décrue, pour son odeur d’essence », explique Ngary Nkawlé. C’est d’ailleurs, selon notre interlocuteur, cette plante qui lui noircie les entrailles.

Le thiof du fleuve (capitaine) trouve son alimentation, en hivernage, loin du lit majeur du fleuve, et il est friand de tout ce que l’on déverse dans les eaux, mais retourne en profondeur pour sa reproduction. Un autre poisson sans écailles, c’est le « Mbardi Haako qui a une capacité de reproduction à toute épreuve dans la boue et la vase. Et, selon les pécheurs en eau douce, si on ouvrait les vannes du marigot, la Taouée (un bras de fleuve dans le Walo qui irrigue les plantations de cannes à sucre de la Compagnie Sucrière Sénégalaise -CSS-), c’est à peu prés les trois quart de certaines espèces qui remonteraient le fleuve Sénégal, jusqu’à Bakel.

Pendant la crue, les œufs de ces poissons restent longtemps, même après la décrue. C’est un phénomène que l’on voit pendant l’hivernage dans les marres où les pondes libèrent de petits poissons noirâtres dont se régalent les oies. Aussi, l’actuelle évolution des prises dans le fleuve correspondrait au volume d’eau dans le fleuve qui ne peut pas être trop plein sans ces poissons, c’est un flux migratoire qui ne s’effectue qu’en période de grande crue qui a été abondante l’an passé.

Source: le Soleil

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FILIÈRE ARACHIDIERE : Le programme « soukhali Mbéyoum Guerté » lancé

arachideLe ministre de l’agriculture a lancé hier le programme « soukhali Mbéyoum Guerté » qui est un appui à la transformation arachidière. Par cette initiative il s’agit de produire et de commercialiser sur le marché local l’huile d’arachide.

C’est comme une réponse aux souhaits des producteurs d’arachide sur la nécessité de transformation pour sauver la filière. Hier la suneor a mis sur le marché le premier stock d’huile arachide produit pour la consommation locale. C’est le démarrage du programme « soukhali Mbéyoum Guerté » (soutien à la filière arachidière) sur lequel la société s’est engagée et que le ministre de l’agriculture, Mme Fatou Gaye Sarr, a vivement salué puisqu’étant, à son avis, une initiative novatrice. « C’est la première fois qu’une usine produit d’huile d’arachide qui sera mis intégralement sur le marché local », s’est-elle réjouie. Et cela va contribuer à régler, à son avis, la question de la commercialisation sur laquelle le gouvernement privilégie la voie de la concertation entre les producteurs et les opérateurs privés. « Nous mettons ensemble les opérateurs et les privés pour une concertation et nous pensons que c’est cela peut permettre de trouver des solutions heureuses à la récurrente question de la commercialisation », a soutenu Mme Fatou Gaye Sarr. L’exemple de la rencontre de la semaine dernière entre l’Etat et les banquiers et qui ab=débouché sur un engagement de ces derniers à financer la suite de la campagne en est sans doute une illustration. Cela permettra bientôt aux huiliers de régler les dettes puisque les chèques ont commencé à tomber. Revenant sur les raisons de la situation malheureuse des endettements le directeur général de la Suneor indexe la rapidité de la collecte qui est allé plus vite que prévue. A la date ou devait atteindre 60 000 tonnes de collectes on s’est retrouvé avec 120 000 tonnes. Donc le rythme de collecte est, selon Christian Samra, allé plus vite. Mais, aujourd’hui avec la volonté de sa société de produire d’huile d’arachide produit et consommer au niveau local et l’engagement des banques cela pourrait permettre à la filière de retrouver une bonne santé. L’option de sa société de favoriser la production d’huile d’arachide pour le marché locale va constituer, croit -il un appui à la filière.

C’est aussi le sentiment de Aliou Dia de force paysanne qui pense que cela devra contribuer à la résolution du problème de commercialisation de l’arachide. Cela, pense t-il, permettra désormais aux paysans sénégalais de retrouver sur le marché local et à un prix compétitif l’huile produite à partir de leurs graines.

Source: le Soleil

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ÉNERGIE : 720 milliards FCfa investis depuis 2000

sarL’Etat du Sénégal a investi 720 milliards FCfa dans le secteur de l’énergie depuis 2000. Ce qui a permis de doubler la production et de dépasser le déficit structurel. Et des efforts sont en train d’être consentis tant au niveau des recherches qu’au niveau des investissements pour satisfaire davantage les consommateurs.

Il n’y a plus de déficit structurel concernant le secteur de l’énergie et le Sénégal n’est plus confronté à un problème de combustible. C’est l’assurance donnée hier par le Premier ministre, Me Souleymane Ndéné Ndiaye, à l’issue du Conseil interministériel consacré au secteur de l’énergie. Selon le chef du gouvernement, l’Etat a dépensé, depuis 2000 à maintenant, 720 milliards Fcfa dans ce secteur. Ce qui a permis de passer d’une production de 300 à 700 mégawatts, rappelle-t-il. Cet investissement, poursuit le Premier ministre, s’est matérialisé par la construction de nouvelles centrales et le changement de machines dans d’autres afin de stabiliser le secteur. Toutefois, promet-il, les efforts vont se poursuivent dans ce domaine. Ainsi, les autorités misent sur la construction de deux centrales à charbon qui doivent permettre d’accroître la production énergétique.

Pour ce qui est de l’électrification rurale, le taux est passé de 6 à 23%, alors que l’objectif fixé est d’électrifier 850 villages d’ici à 2012 et d’atteindre un taux 50 % de l’objectif global. Une moitié sera faite par l’Agence nationale pour l’électrification rurale (Aser) et l’autre moitié, par la Senelec. L’objectif sera de toucher 6 millions de Sénégalais. L’ambition du président de la République, affirme le Premier ministre, est de mettre l’électricité dans la plupart des villages du pays pour lutter efficacement contre la pauvreté.

Et les autorités tiennent à la diversification des sources. Cela explique que les recherches pétrolière et gazière vont se poursuivre. Selon Me Souleymane Ndéné Ndiaye, le pétrole trouvé à la frontière avec la Guinée-Bissau sera exploité. A l’en croire, son potentiel se chiffre à un milliard de barils. Pour le gaz, il a soutenu que Petrosen va doubler la capacité de ses puits. Déjà, ce gaz est utilisé par la Senelec dans le cadre de sa production. Le Premier ministre a, également, annoncé l’option du gouvernement de promouvoir les énergies renouvelables, en particulier le solaire, avec la création d’une agence chargé de cette énergie. Par ailleurs, le Premier ministre est revenu sur les factures d’électricité et le gaz butane. « Dans les plans du gouvernement, il n’est pas prévu une hausse des factures d’électricité », a-t-il précisé. Seulement, à la condition qu’il n’y ait pas de perturbations des paramètres qu’ils ne contrôlent pas. Il faisait allusion au marché international. Le Sénégal ne produit pas de gaz butane, mais le gouvernement, dit-il, s’emploiera à maintenir les prix à un niveau raisonnable.

Source: le Soleil

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Fallou Dièye, ancien Pdg Sonacos : ‘Il faut reconquérir le marché national par l’huile d’arachide’

huile_sonacosSpécialiste développement secteur privé et ancien Pdg Sonacos et Sonagraine (1995-2000) Fallou Dièye plaide pour un consensus national en vue de la reconquête du marché national par l’huile d’arachide tout en assurant une présence sur le marché international. Dans l’interview, qu’il nous a accordée en marge du dîner-débat qu’il a animé pour l’Amicale des cadres de la Suneor, ce spécialiste développement revient sur les solutions possibles pour la reconquête du marché national par l’huile d’arachide sans abandon du marché international. Tirant les conséquences de la prééminence de la consommation nationale, il propose un changement de paradigme pour fixer le prix au producteur. Entretien.

Wal Fadjri : Vous avez récemment animé un dîner-débat des cadres de Suneor sur le thème : ‘Enjeux socio- économiques des industries agroalimentaires huilières : l’huile d’arachide, la solution ?’ Pouvez-vous nous résumer votre réponse ?

Fallou DIEYE : La réponse à une question aussi complexe, vous le savez, n’est pas simple. Mais je peux dire que la consommation d’huile d’arachide par les Sénégalais fait partie des solutions possibles. Avant 1980/81 (année où l’on n’a collecté que 180 mille tonnes), l’essentiel de la consommation sénégalaise en huile était fourni par l’arachide. Consommer une bonne partie de notre production d’arachide sous forme d’huile est donc possible et souhaitable pour solutionner partiellement la crise de la filière afin de sécuriser le revenu des producteurs et améliorer qualitativement la nutrition des Sénégalais. On peut multiplier les bienfaits. Toutefois, il y a un bémol. On peut évaluer approximativement la consommation d’huiles (notamment importées) et d’arachide sous toutes les formes (en vert, grillée, en sauces, etc.), à un million de tonnes, ‘équivalent’ arachide (on fait comme si toute cette demande était fournie en arachide).

A l’évidence, sous la pression démographique et notre attachement au Ceebu Djëun (riz au poisson) national, cette demande apparente va évoluer à au moins 3 % par an. Or, d’après les statistiques officielles, la tendance de la production est toujours baissière et la moyenne s’élève à 575 mille tonnes par an sur les 15 dernières années. Et il faut compter au moins une année sur trois ou quatre de mauvaise récolte, malgré le volontarisme de tout le monde. Il faut en même temps que l’huile d’arachide continue à être présente, même symboliquement, sur le marché international pour des raisons évidentes (balance commerciale, cours pouvant être plus intéressants, entre autres). Par conséquent, l’offre d’arachide aura du mal à satisfaire cette demande globale.

Je préconise donc de commencer par reconquérir le marché national par l’huile d’arachide. Cela passe par la construction d’un consensus national fort entre les parties prenantes : huiliers, producteurs, Etat, consommateurs et presse. La communication et le Marketing sont les outils pour mettre en valeur l’intérêt national (sauvegarde des équilibres socio- économiques) et les qualités de l’huile d’arachide (qualités organoleptiques, stabilité à la cuisson, etc.).

Wal Fadjri : Dans quelles conditions cette solution pourrait-elle être viable ?

Fallou DIEYE : Pour que cette solution soit viable, il faut plusieurs conditions. D’abord, il faut un programme de relance de la filière en commençant par l’éternelle reconstitution du capital semencier, la restauration des sols, la mise en place d’un système de crédit viable, la réorganisation de la commercialisation primaire. Il faut ensuite, et c’est le plus difficile, maintenir un différentiel de prix raisonnable entre l’huile d’arachide et l’huile végétale. On navigue ici entre deux contraintes. D’une part, le producteur voudra que le prix d’achat augmente. Mais l’alternative, c’est augmenter la productivité à l’hectare ; ce qui est difficile dans le court terme. D’autre part, il y a les cours des huiles végétales importées qui fluctuent au gré de divers facteurs, car on continuera à importer des huiles.

Wal Fadjri : Est-ce qu’il y a une méthode pour gérer de façon cohérente le système des prix (prix producteur, prix huile arachide et prix huile végétale) que vous avez évoqué dans votre exposé ?

Fallou DIEYE : D’abord pour la présente campagne, ceux qui réclament que le Sénégal consomme une bonne partie de la production ont évidemment raison. Les services officiels parlent d’un million 175 mille tonnes d’arachides produites. Et les trois huiliers prévoient d’acheter au total 300 mille tonnes. Si l’on estime à 400 mille tonnes les autres utilisations et les prochaines semences, il resterait encore 475 mille tonnes. Ce stock résiduel correspond à presque 157 mille tonnes d’huile raffinée. C’est-à-dire presque l’équivalent des quantités d’huiles végétales importées par an. Encore une fois, on suppose que l’estimation d’un million 175 mille tonnes est correcte.

Il faut voir avec les huiliers la faisabilité de cette solution (consommer tout ou partie du stock résiduel) car, sur le plan industriel, il y a des préalables. Il s’agit notamment du changement éventuel des plans d’approvisionnement en huiles végétales à l’import, du problème des emballages (le conditionnement est différent suivant les huiles pour des raisons de Marketing et de prix). Enfin, et c’est le plus important, à quel prix faut-il acheter ce stock résiduel après la subvention de 45 francs Cfa/kg ajoutée au prix international de 120 francs Cfa ? Supposons (ce n’est qu’une hypothèse de pur calcul) que le prix soit de 150 francs/kg – départ point de collecte ou bord champ – les frais de collecte (frais généraux, manutention, transport, frais financiers, marge Ops) sont fixés par le Comité national interprofessionnel pour l’arachide (Cnia) à 37,7 francs/kg ; les coûts de trituration d’un kg d’arachide sont de 50 francs ; les rendements huile et tourteau sont de 34,5 % et 42 %.

Dans ces conditions, si on compte le tourteau pour 125 francs par kg ; alors que le kg d’huile brute sortie de l’usine (notamment Lyndiane/Kaolack/Ziguinchor/Touba), transporté jusqu’à Dakar où se trouvent les installations de raffinage et de conditionnement, est d’environ 550 francs. Soit un coût de 550 mille francs la tonne ou 1 185 dollars par tonne, à comparer avec le prix de revient de l’huile brute de Soja, importée et dédouanée. On en tire des conclusions utiles.

‘ L’arachide plie, mais ne rompt pas. Ce sont les producteurs qui en veulent et qui en décident contre vents et marées. L’arachide est entrée dans notre substrat culturel et dans notre histoire ; quelqu’un a dit qu’elle fait ce pays. Un doyen disait que pour mesurer l’importance de l’arachide, (il faut) compter le nombre d’El Hadj (de fidèles ayant effectué le pèlerinage) en brousse.’

Wal Fadjri : Par quelle stratégie, le producteur pourrait-il tirer son épingle du jeu, face à ces prix instables ?

Fallou DIEYE : Au total, on voit qu’il y a des distorsions qui résultent d’un système de prix incohérent. Le litre d’huile végétale raffinée à 1 100 francs (ou le litre d’huile arachide raffinée à 1 300 francs) est incohérent avec le prix au producteur. Dans quel sens faut-il faire l’ajustement ? S’il n’est pas fait, le marché fait le nécessaire, notamment par la trituration artisanale dans la limite de la demande disponible… Cette année, l’importance de la production masque le problème. Mais la récolte est faible ; les huiliers souffrent.

On a ici l’explication de la rentabilité de l’huile obtenue par la trituration artisanale. Avec un peu plus de 3 kg d’arachide, le producteur obtient un litre d’huile et un peu moins de 1,5 kg de tourteau… S’il valorise le tourteau entre 75 et 100 francs et le litre d’huile entre 600 et 700 francs en brousse, il obtient un revenu total compris entre 675 et 800 francs contre 500 francs environ avec l’Ops (qui va peut-être lui donner un bon !). Dans la banlieue (Pikine, Guédiawaye, Thiaroye), l’huile artisanale est offerte en abondance à des prix plus compétitifs (700 à 800 francs) que l’huile obtenue industriellement. A 165 francs le kg d’arachide (120 + 45 de subvention), le kg d’huile brute sort à 593 francs.

Wal Fadjri : Certains observateurs parlent de la mort programmée de l’arachide. D’autres défendent le contraire. Quelle est votre position vis-à-vis de ces deux camps adverses ?

Fallou DIEYE : Ce sont des expressions qui reviennent régulièrement. Mais comme j’ai dit dans mon exposé, comme le roseau, l’arachide plie, mais ne rompt pas. Ce sont les producteurs qui en veulent et qui en décident contre vents et marées. L’arachide est entrée dans notre substrat culturel et dans notre histoire ; quelqu’un a dit qu’elle fait ce pays. Un doyen disait que pour mesurer l’importance de l’arachide, (il faut) compter le nombre d’El Hadj (de fidèles ayant effectué le pèlerinage) en brousse. Au début des années 70 (avec la sécheresse et l’endettement des producteurs), on a parlé du ‘malaise paysan’ et de la disparition prochaine de l’arachide. Mais en 1975 on a collecté près de 1,5 million de tonnes. En 1980/81 la collecte totale, y compris les 120 mille de semences, s’élevait à 180 mille environ. Mais la production rebondit l’année d’après.

En 1985/86, on a voulu presque remplacer l’arachide dans la zone nord par le niébé (le Cb5) mais les paysans sont allés chercher leurs propres semences et la décision fut annulée aussitôt. A l’évidence, les ressorts de l’arachide dans le contexte sénégalais sont solides. Regardez le dynamisme des segments du marché qu’on appelle improprement ‘marché parallèle’, c’est une réponse à cette crise permanente de la filière. En absorbant 300 mille à 350 mille tonnes, ce marché soutient la production et fait vivre plusieurs milliers de Sénégalais dans le contexte de pauvreté que nous connaissons. La vendeuse d’arachides grillées ou de Tigadégué (pâte d’arachide) peut nourrir sa famille et envoyer sa fille à l’école. Ce marché parallèle participe au sauvetage de la filière et joue un rôle économique et social considérable.

Compte tenu de l’importance de la composante nationale de la demande apparente en arachide, sous toutes les formes, il est peut-être temps de changer légèrement de paradigme : il faut tenir compte de cette demande nationale pour la détermination du prix au producteur au lieu de ne considérer que la demande à l’export (avec notamment le marché international de l’huile et du tourteau).

Wal Fadjri : Est-ce, au regard de votre spécialiste développement, on peut dire que la filière a un avenir porteur ?

Fallou DIEYE : Evidemment oui ! Je viens de vous en administrer la preuve par sa grande capacité de résistance grâce notamment à la détermination des producteurs, car ils ont le choix de venir grossir les rangs des Goorgorlou (débrouillards) en ville, mais la plupart des paysans ne le font pas. Toutefois, avec la diversification amorcée depuis 30 ans, à la fois de l’agriculture et de l’économie en général, le poids de l’arachide est moins important. En milieu rural, où la pauvreté est deux fois plus élevée, l’arachide reste encore le premier rempart contre la pauvreté et contre l’exode rural.

L’arachide peut encore apporter beaucoup à l’économie nationale si elle est soutenue, organisée. En particulier, si ce consensus fort s’établit pour la reconquête du marché national tout en maintenant une présence minimum sur le marché international, alors la filière peut retrouver un second souffle. Il faut y veiller sans retourner à l’économie administrée en construisant un consensus qui tienne compte des intérêts légitimes des différentes parties prenantes. Avec notamment les producteurs au centre des préoccupations parce qu’ils ont les éléments clés et les plus faibles ; les industriels qui ont investi leur argent à rentabiliser ; les autres professionnels qui apportent de la valeur, les consommateurs et l’Etat.

Source: Walf

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MARCHE DU KARITE: Le casse-tête de l’emballage

karitéLe karité local devient de plus en plus demandé dans les marchés du monde. Mais, pour l’essentiel, il souffre encore du respect scrupuleux des normes de qualité exigées sur le marché international. Malgré ces efforts consentis, l’emballage de qualité constitue toujours un frein empêchant aux produits locaux d’atteindre leur véritable niveau de commercialisation.

Un véritable casse-tête pour les exploitants du beurre de karité en Afrique de l’ouest : l’emballage. Or pour percer dans l’univers des produits les plus demandés, les exigences du commerce mondial ne peuvent se passer d’un tel support. C’est pour corriger cette anomalie, que l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme) organise une séance de formation, le vendredi 29 janvier prochain sur les normes de qualité européenne. Un expert belge a été dépêché pour la circonstance.

En prélude de la formation, une tournée a été effectuée dans certains consortiums, entreprises ou groupements engagés dans l’exportation de produits locaux. C’est dans ce cadre que La maison du karité, sise à la Médina, a été visitée hier, mardi 26 janvier. Le promoteur de cette structure spécialiste du traitement de beurre de karité, dans les échanges qu’il a eus avec la délégation de l’Adepme, s’est beaucoup appesanti sur la problématique que constitue l’emballage de qualité.

Selon M. Taïb Chérif Diop, directeur général de La Maison du karité, « nous sommes en deça de notre capacité de production qui est de 200 kilogrammes par jour pour une exportation annuelle de 4 tonnes ». Cette situation s’explique, à son avis, par l’absence d’attractivité de leurs produits. « Les emballages qu’on utilise et qui sont généralement confectionnés au Sénégal ne sont pas trop luxueux pour être mieux vendu en France ou dans les pays européens ». Cette situation met ainsi La Maison du karité qui capitalise une expérience de 12 ans et emploi beaucoup de gens, à limiter son chiffre d’affaire record à 40 millions de F Cfa.

Devant cet état de fait, Taïb Chérif Diop estime que : « il faut qu’on ait un financement ou un appui extérieur pour pouvoir trouver des emballages qui répondent aux normes du marché européen ». Selon lui, la tendance actuelle sur le marché met en avant les emballages en tube. Il souligne ainsi que les emballages requis doivent être en mesure de protéger les produits de la lumière et de l’air. Au problème de la qualité de l’emballage, s’ajoute la cherté des prix fixés par les revendeurs établis dans les pays européens.

Ce round up montre à quel point l’emballage constitue un problème majeur et complexe pour la promotion des produits locaux face aux conditions difficiles d’accès aux marchés européens et américains. En plus de l’atelier de l’Adepme, sera officiellement lancé à Dakar, ce mercredi 27 janvier, le Programme d’appui en matière d’emballage, destiné aux entreprises africaines du secteur agricole et agroalimentaire.

Cette manifestation prévue à la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (Cciad) est organisée, en collaboration avec l’Association Afrique Agro Export (Aafex), afin d’appuyer le développement des Pme agroalimentaires africaines à l’exportation. Selon le ministère du commerce, le Programme est appuyé par la Commission Européenne ainsi que l’Agence Française de Développement (Afd).

Source: Sud

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SITUATION INTERNATIONALE INFLATIONNISTE:Le sucre dans tous ses états

sucreLes cours du sucre ont connu les treize derniers mois une flambée vertigineuse de plus de 100% et « si l’on considère que cette flambée des prix du sucre importé s’accentuera pour se stabiliser autour de 900 $ FOB, soit 405.000 F Cfa dans les trois prochains mois », selon des analystes, l’on se rend rapidement compte que les pays non producteurs de sucre devront vendre bientôt le kilogramme de sucre cristallisé à 750 F Cfa. Alors que les institutions de Bretton Woods parlent d’un léger redressement de l’économie mondiale, le sucre lui, semble être dans tous ses états dans nos Etats.

Avec la flambée du prix du sucre sur le marché mondiale, le sucre produit au Sénégal sera bientôt convoitée par les pays voisins non producteurs de sucre, affirment des spécialistes. C’est la raison pour laquelle, selon des sources proches de la Compagnie sucrière du Sénégal (Css), il est urgent, de prendre des mesures économiques et douanières pour juguler la « fuite » du sucre produit au Sénégal et ainsi assurer une disponibilité permanente de la denrée et une stabilité de son coût. Une tâche qui devrait être une surpriorité pour les autorités publiques.

En treize mois, les cours du sucre ont connu une flambée vertigineuse de plus de 100% et « si l’on considère que cette flambée des prix du sucre importé s’accentuera pour se stabiliser autour de 900 $ FOB, soit 405.000 F Cfa dans les trois prochains mois, selon des analystes, l’on se rendra rapidement compte que les pays non producteurs de sucre vendront bientôt le kilogramme de sucre cristallisé à 750 F Cfa », affirment les mêmes sources. Dès lors, le sucre produit au Sénégal sera convoité par ses voisins non producteurs pour la plupart, du fait que son prix est moins onéreux. En effet, la tonne de sucre importé est cédée à 500 mille F Cfa contre 413 mille F Cfa pour la tonne du sucre produit au Sénégal, apprend-on.

Ce qui fait dire à plusieurs observateurs que « si la forte demande constatée depuis quelques mois ne s’estompe pas, la Css sera amenée à faire face à une demande qui, en 12 mois croitra de plus de 35% ». On se souvient qu’un tel phénomène avait provoqué les tensions observées sur la disponibilité du sucre dans le marché national en décembre 2009. Toutefois, nous n’avons pas pu joindre hier, certains commerçants importateurs de sucre pour avoir leur avis sur la question.

Source: Sud

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EMPLOI DES JEUNES : De nouvelles perspectives s’ouvrent

jeunes & emploiUne rencontre a regroupé hier, les directeurs nationaux et hauts cadres du ministère de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, dans le cadre de la définition des indicateurs de suivi du département. Il était surtout question de définir de nouvelles perspectives pour l’emploi des jeunes.

Dans son discours d’ouverture, le Directeur de cabinet du ministre Mamadou Lamine Keïta a salué l’appui de la Banque mondiale qui a permis au département de procéder au diagnostic de son système d’évaluation avant d’ajouter que « la conclusion forte de cet état des lieux a révélé l’absence d’un dispositif unifié et fonctionnel invitant la tenue immédiate de cet atelier, pour corriger le dysfonctionnement ».

Aux cadres du ministère, Gabriel Luciano Preira a dit : « vous comprendrez tout l’enjeu de cette rencontre qui vise à nous donner les moyens d’un meilleur suivi de la mise en œuvre de ses programmes notamment ceux relatifs à l’emploi des jeunes ». « Que peut bien valoir une politique dont il est impossible d’assurer le suivi encore moins d’en mesurer l’impact ? », s’est interrogé le représentant du ministre poursuivant que « la quête d’efficience constitue une exigence de bonne gouvernance que le ministère a décidé de se doter d’indicateurs généraux et spécifiques ». Selon lui, le ministère s’est résolument engagé dans la voie de la modernisation de la mise en œuvre des réponses de l’Etat à la problématique de l’emploi des jeunes. A partir de cet atelier, a conclu M. Preira, il sera plus aisé pour le département, au terme de l’exécution du budget 2010, d’évaluer le progrès et de définir de nouvelles perspectives enregistrées en matière d’emploi des jeunes qui garantissent encore un avenir meilleur à la jeunesse conformément aux instructions du chef de l’Etat. Représentant la Banque mondiale, Mademba Ndiaye a rappelé que récemment, une étude réalisée dans le cadre du renforcement de capacité a montré un déficit important dans le suivi-évaluation des programmes, l’inexistence de système de monitoring et une faiblesse relative des connaissances réelles sur l’impact des programmes d’emplois des jeunes. Pour sa part, Mme Henriette Négri du Sénat a réitéré l’engagement de son institution avant de demander la réhabilitation des centres départementaux d’éducation populaire et la formation des agents. Des doléances qui trouveront des réponses sur place avec l’annonce faite par le représentant du ministre à propos de l’ouverture d’un concours pour les agents intermédiaires et le vaste projet de réhabilitation confié à la nouvelle direction officialisée par le président Wade. Quant au président de l’Oncav, par ailleurs membre du Conseille Economique et Social, Amadou Kane, il a salué cette initiative du département dans la quête de solution aux problèmes des jeunes.

Source: le Soleil

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Pour le FMI, la reprise mondiale reste encore dépendante des plans de relance budgétaire

croissanceLe Fonds monétaire international a relevé hier de près de 1 point, à 3,9 %, sa prévision de croissance mondiale 2010. Mais cette reprise reste fragile et largement dépendante des plans de relance budgétaire mis en place par les différents gouvernements.

A la lecture des nouveaux chiffres du Fonds monétaire international, chacun serait en droit de pousser un « ouf » de soulagement. En effet, hier, le chef économiste de l’institution multilatérale, Olivier Blanchard, a indiqué que son équipe avait relevé de près de 1 point à 3,9 % les prévisions de croissance mondiale pour 2010. L’expansion devrait même se poursuivre l’année d’après puisque la hausse du produit intérieur brut (PIB) mondial atteindrait 4,3 %.

La crise serait donc un vieux souvenir ? Pas si sûr. Car ces prévisions restent pour le moins fragiles. Comme l’a expliqué Olivier Blanchard, ce rebond de la croissance demeure lié aux plans de relance budgétaire mis en place par les différents gouvernements et qui continueront de faire sentir leurs effets tout au long de l’année. Néanmoins, la révision à la hausse des perspectives concerne l’ensemble des pays à des degrés divers. Aux Etats-Unis, par exemple, la hausse du PIB devrait s’élever à 2,7 % cette année et non de 1,5 % comme avancé à l’automne dernier. Ce relèvement de plus de 1 point provient du fait que les performances de la première économie mondiale au troisième trimestre 2009 ont été meilleures que prévu. Les chiffres du quatrième trimestre qui seront publiés vendredi devraient être également prometteurs.

Un défi redoutable

Le redressement des marchés boursiers et une consommation intérieure plus importante que prévu expliquent en partie cette bonne surprise. Il n’empêche. Pour 2011, le FMI prévoit un certain recul du dynamisme américain avec seulement une croissance de 2,4 % due au fait que les mesures de soutien ne seront plus à l’oeuvre. Le dynamisme plus fort que prévu des pays émergents est à l’origine, aussi, de l’amélioration des perspectives mondiales. « Que ce soit en Chine, en Inde, en Indonésie, au Brésil, nous sommes revenus à un rythme de croisière qui était en vigueur avant la chute de Lehman Brothers, en septembre 2008 », a souligné Olivier Blanchard. La zone euro, quant à elle, voit ses prévisions améliorées même si le taux de croissance ne devrait être que de 1 % cette année (1,5 % pour l’Allemagne et 1,4 % pour la France). « Le niveau élevé du chômage et de la dette publique ainsi que l’existence de systèmes financiers qui ne sont pas encore complètement rétablis et, dans certains pays, la fragilité du bilan des ménages sont autant de facteurs qui risquent de freiner la reprise » dans les pays riches, souligne le FMI. D’une manière générale, Olivier Blanchard juge que la croissance dépend encore pour une large part de la dépense publique. « Nous ne distinguons pas encore de signes où la demande privée [consommation, investissement] est prête à prendre le relais de la demande publique. » Ni dans les grands pays émergents, même si ce phénomène pourrait avoir lieu prochainement. Et certainement pas dans les pays développés. Aussi, pour lui, il est encore bien trop tôt pour les Etats-Unis, le Japon où la zone euro, d’enlever les béquilles de la dépense publique. Néanmoins, « les pays où la viabilité des finances publiques est de plus en plus préoccupante, doivent avancer dans la conception et la communication de stratégies de sortie crédibles », a averti l’institution multilatérale. Un défi redoutable mais qui témoigne de la fragilité des prévisions qui pourront être revues à la hausse comme à la baisse en avril prochain.

Source: les Echos

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