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Le blog de Yoro

yoro dia

Quel a été l’événement le plus important de la semaine passée. La marche réussie de Benno Siggil Sénégal ? Bien sur que non. L’événement le plus important de la semaine a été l’audace rare du notre privé national de mettre 17 milliards sur la table et d’être ainsi premier actionnaire de la future compagnie aérienne qui doit remplacer AIR Sénégal International. Cette action, cette audace rare, doit être systématisée dans le cadre d’un fonds d’investissement qui permettrait ainsi au privé d’être présent dans tous les secteurs stratégiques comme l’énergie, les télécoms, les transports. Le fait que le privé national soit capable de sortir 17 milliards dans des délais aussi courts prouve que le fonds d’investissement est le seul levier qui permet de donner « un sens au patriotisme économique » comme le veut le credo de la CNES. On ne va pas réinventer le fil à couper le beurre. Ces fonds d’investissement nationaux existent dans tous les pays qui ont émergé. Le fonds d’investissement du Qatar est le bras financier de l’Emirat. A Abu Dhabi le fonds d’investissement est la porte d’entrée pour tout investisseur étranger obligé de travailler en joint venture avec le privé national presque toujours majoritaire dans le capital. Ce fonds d’investissement est devenu une urgence pour mettre un terme à la recolonisation économique de notre pays. Le privé sénégalais s’est largement décomplexé mais c’est l’Etat qui est le problème alors qu’il aurait du être la solution. On a souvent vu que l’Etat défend plus les intérêts des entreprises étrangères au détriment des nationaux comme dans le cas Bara Tall. Le privé national a déjà fait ses preuves. Les investissements de Yerim Sow, les initiatives de Serigne Mboup sans parler de la gestion impeccable du Aline Sitoe Diatta alors qu’on nous promettait un grand naufrage après le départ des marocains. Les marocains sont partis depuis deux ans et on n’a pas enregistré le plus petit souci dans la ligne Dakar-Ziguinchor. Les marocains sont partis après nous avoir floués dans AIR Sénégal International, le privé national prendra la relève parce que la compagnie va être gérer autrement. Quand un privé investit, il ne badine pas avec la bonne gestion. Ce qui n’est pas le cas de l’Etat actionnaire. En matière économique, le prive national est le premier allié de l’Etat. Dans un pays sérieux, c’est une évidence ( Sarkozy est le plus grand commercial des entreprises françaises) alors que dans les pays sous développés l’Etat se méfie du privé qu’il considère comme un concurrent. Ce qui est inintelligent. L’Etat a deux mains. La main droite est celle qui taxe les entreprises et la main gauche est celle qui redistribue ( salaires, école, santé). Donc plus le privé s’enrichit, plus l’Etat en profite. C’est pourquoi l’Etat doit activement soutenir la création d’un fonds d’investissement à l’image de celui du Qatar ou de Abu Dhabi. Ce fonds se chargerait de reprendre les actions de l’Etat à la Sonatel et dans les autres sociétés parce que la vocation d’un Etat, surtout d’un Etat libéral n’est pas d’être dans le secteur marchand mais de garantir un bon cadre économique. Un fonds d’investissement est tout ce qui manque pour faire émerger un privé national plus audacieux et plus ambitieux. En tout cas l’histoire de l’économie montre qu’aucun pays ne s’est développé avec la « binôme infernal : endettement et aide au développement », par contre tous les pays qui se sont développés l’ont été en s’appuyant sur le privé. Notre privé national qui fend l’armure de la timidité en investissant dans Sénégal Airlines est la meilleure nouvelle de la semaine.

Yoro Dia

CEO KYS Group www.kys-group.com

yorodia@hotmail.com










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