C’est par un début mouvementé que s’est ouverte la 7e conférence ministérielle de l’Omc. Des manifestations ont paralysé la ville de Genève durant pratiquement la journée du samedi, manifestations pacifiques interrompues par la Police du fait de dérives incontrôlées. A deux jours de cette conférence, un consensus a été trouvé pour ne pas produire de communiqué ni de déclaration finale. Et, cela, au moment où la fondation allemande Friedrich Ebert produit un document qui indique les différents scénarios auxquels le monde pourrait être confronté en 2020.
La 7e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce qui s’ouvre ce lundi a ceci de particulier il n’y aura pas de déclaration ni de communiqué final qui sanctionnera la fin de la rencontre. Et cela a été décidé d’un commun accord par les différentes parties qui y participent. Un «gentleman agreement » comme le souligne M. Keith Rockwell, le directeur de l’information et des relations extérieures. Il était face à des journalistes et des syndicalistes invités par la fondation allemande Friedrich Ebert. Selon M. Rockwell, «il n’y aura ni déclaration ni communiqué final. C’est le président qui va présenter un résumé factuel». Et certains se demandent ce que contiendra ce rapport factuel, et s’il prendra compte des différentes préoccupations des pays présents à cette conférence, d’autant plus que cette rencontre ne sera pas un autre round de négociations. M. Rockwell explique qu’il a été décidé de cela parce que «ce n’est pas possible de faire un rapport différent et tout le monde était d’accord. Cela peut être frustrant, mais il est parfois difficile d’avoir un consensus. Mais personne n’a voulu d’une conférence qui sera un échec».
Au titre de l’ordre du jour, auquel sera sans doute consacré la plus grande partie de la séance plénière, les ministres du Commerce auront l’occasion d’examiner le fonctionnement du système commercial multilatéral. La documentation dont disposeront les délégations pour l’examen des activités de l’Omc comprendra les rapports du conseil général et d’autres organes de l’Omc sur les activités menées dans le cadre de leurs mandats respectifs. Il y aura deux séances de travail. Le but des séances est de donner aux ministres la possibilité de mener des discussions interactives sur deux grands sous-thèmes, à savoir l’examen des activités de l’Omc, y compris le programme de travail de Doha, pour le premier jour et les contributions de l’Omc à la reprise, à la croissance et au développement pour le deuxième jour. La conférence ministérielle est l’organe suprême de l’organisation et les réunions auxquelles elle donne lieu ont toujours suscité beaucoup d’agitation, attirant les foules de délégués, de journalistes et d’organisations non gouvernementales. «A chacune de ces conférences, l’accent était mis sur les négociations, lesquelles étaient destinées soit à lancer un nouveau cycle commercial soit à faire avancer un cycle commercial existant. Certaines de ces conférences ont pour le moins, été plus réussies que d’autres» selon le Directeur général de cette institution, M. Pascal Lamy. «Il ne fait aucun doute que les négociations sont un élément vital de notre travail. La meilleure chose que les 153 gouvernements membres de l’Omc pourraient faire pour renforcer le système commercial multilatéral et con-tribuer à mettre fin à la crise économique qui nous a tous affectés, serait de mener à bien le programme de Doha pour le développement», a rappelé M. Lamy.
Manifestations :Genève secouée par les Altermondialistes
Les manifestants anti-Omc ont tenu, à deux jours de l’ouverture de la 7e conférence ministérielle à exprimer leur désaccord sur la tenue de cette rencontre. La Police genèvoise a estimé leur nombre entre 3 000 et 5 000. Pendant toute la journée du samedi, la ville de Genève n’avait rien à envier aux villes en état de siège.
Les manifestants étaient pour la plupart habillés en noir et munis de petits marteaux qui ont servi à certains pour casser la devanture de succursales de banques, dont le Crédit Suisse, des horlogeries et de cafés. Voitures incendiées et vitrines brisées ont jalonné leur parcours. La plupart des pancartes qu’ils brandissaient, disaient «Stop au capitalisme, non à l’Omc», ou «L’Omc est l’ennemi du climat». Ou encore : «Nous ne vendrons pas notre âme aux multinationales». Les forces de l’ordre avaient bloqué les accès au siège de l’Omc .
La Police a interrompu la marche et procédé à une vingtaine d’arrestations. Tout au début de la manifestation, des groupes se sont livrés à des déprédations et retournaient se dissimuler parmi les manifestants à l’arrivée des policiers. C c’est ainsi que la Police a interrompu la marche afin de séparer les manifestants pacifistes des casseurs, en utilisant du lacrymogène.
Source: le Quotidien






