Posted on 30 October 2009.
La sous région est a pied d’œuvre dans l’élaboration de sa Politique industrielle commune en Afrique de l’Ouest (Picao). Un travail qui se poursuit dans un contexte où le chronogramme de négociations adopté le 17 Juin 2009 à Bruxelles par les négociateurs en Chef de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union européenne, avait prévu la signature, au plus tard le 30 octobre 2009 pour un Ape partiel portant sur les marchandises et le volet développement. Au terme de la réunion des experts nationaux sur la Picao, le Commissaire en charge du commerce, de l’industrie, des mines et de la Libre circulation de la Cedeao, Mohammed El Hadji Daramy, est revenu sur les enjeux de l’accord de partenariat économique par rapport à la volonté de développer le tissu industriel de l’Afrique de l’Ouest.
Concrètement, quelles sont aujourd’hui les priorités de politique de coopération industrielle pour encourager l’Agro-industrie, le Machinisme agricole, les industries sidérurgiques, entre autres ?
Aujourd’hui, la priorité est accordée aux infrastructures, l’eau, assainissement qui sont les problèmes essentiels de la sous-région. Il faut avoir des politiques pour ces écueils de développement. Il nous faut être très dynamique pour promouvoir des politiques favorables aux Petites et moyennes entreprises en particulier les Pme tournées vers le marché international.
Dans quelle mesure la PICAO va-t-elle prendre en compte le risque de désindustrialisation de la sous région qui pourrait découler de la faiblesse du secteur industriel de la Cedeao comparé à celui à technologie avancée de l’Union Européenne ?
Nous avons conscience que nous sommes hautement en retard par rapport à l’industrialisation. Après l’indépendance, tous les pays d’Afrique de l’Ouest hormis le Libéria ont développé une politique d’importation. Vous avez parlé de l’agro industrie. En effet, quand vous voulez envoyer les matières premières en Europe, il faut pouvoir les transformer dans la région afin d’ajouter de la valeur à ces produits de sorte que les entreprises engrangent beaucoup plus de ressources financières pour combattre la pauvreté.
Pour s’acheminer vers l’industrialisation, il est nécessaire de se doter d’une stratégie harmonisée qui prend en compte les capacités industrielles nationales, à tous les niveaux de transformation. Or, le secteur industriel de la Cedeao est encore embryonnaire et donc pas assez diversifié pour produire une grande variété de produits intermédiaires et finis ?
C’est la raison pour laquelle j’ai demandé aux participants à cette réunion d’Abidjan de se référer aux idées de chaque pays, en terme de secteur secondaire, le secteur agricole de contribution au Pib. La politique de la PICAO c’est de rétablir un cadre d’adhésion. Chaque pays membre peut tirer de ce document des choses positives pour développer sa politique industrielle nationale. Nous les harmonisons également afin de soutenir le développement agricole sur l’ensemble du continent africain. C’est l’objectif final que nous voudrions atteindre. Comme je l’ai dit, la Côte d’Ivoire a produit plus d’un demi million de tonnes de cacao par an. Le Ghana est pratiquement dans la même proportion. Pour les autres productions, seuls 2% sont transformées dans les deux pays dans la région. Les 90% qui restent sont exportés dans d’autres pays. Il faut donc faire de la consommation pour ajouter de la valeur et de sorte que le cacao puisse apporter de la valeur ajoutée au Pib. Et c’est l’objectif que nous tentons d’atteindre.
Comment signer un Ape devant faciliter l’intégration régionale tant que les Etats membres de la région ne se sont pas mis d’accord sur un ensemble de politiques communes (comme la politique agricole, Ecowap, mais aussi une politique industrielle, environnementale…) traduisant une vision commune de l’avenir de la région ?
Les négociations sur les politiques communes font toujours partie de nos discussions avec nos partenaires européens. Ils nous disent à chaque fois qu’il faut avoir une politique agricole commune qui doit être conclue au niveau de l’Organisation mondiale du commerce (Omc). Nous essayons de voir comment les choses vont évoluer et voir comment ça va affecter notre région. Nous en avons hautement conscience parce que c’est un secteur où nous pouvons parvenir à la compétitivité dans un temps très bref. Nous attendons de voir les choses évoluer positivement.
Une analyse approfondie révèle que pour que l’industrialisation de la filière coton, par exemple, soit attractive et confirme la compétitivité de la disponibilité de la matière première, il faudrait que le prix de l’électricité fournie au secteur manufacturier soit de 30 F Cfa/kWh (0,06$/kWh) au maximum. Une harmonisation à ce niveau est-elle réaliste ?
Cela est en cours dans la zone Cedeao. Nous avons le projet de gazoduc Ouest africain impliquant quatre régions dans quatre pays dont le Ghana, le Nigeria, le Bénin et le Togo. C’est le domaine où nous essayons d’harmoniser nos politiques. Il s’agira d’avoir suffisamment d’électricité pour plus de production. Plus il y aura des productions, plus les cours vont baisser et nous pourrons parvenir à l’efficacité dans la fourniture d’électricité. Ce sont les plus grands éléments contributeurs essentiels en Afrique, notamment l’électricité et nous y travaillons.
Dans le même ordre d’idée, les différents constats dressés ont esquissé une vision ambitieuse de l’industrie textile à l’horizon 2005-2010, uniquement en s’adossant à l’Uemoa, de sorte que nulle part n’apparaît de manière visible, l’implication de la Cedeao dans le processus de définition stratégique de la transformation de la fibre ouest africaine. N’est-il pas à craindre que cette « mise à l’écart » de la Cedeao soit un obstacle dans la réalisation de cette vision stratégique globale en Afrique de l’Ouest ?
Non je ne pense pas. Je pense qu’il y a une grande récupération au sein de la Cedeao. Il y a des domaines où l’Uemoa est en avance est nous essayons de partir sur ces bases par le biais de consultation. Donc, cela est en cours. Nous avons nos ambassadeurs à l’Omc qui sont hautement impliqués dans le processus du coton et celui des autres secteurs qui sont essentiels au développement de l’Afrique de l’Ouest. Donc on a des gens qui sont à l’Omc pour suivre ce dossier.
N’est-ce pas quelque peu aberrant que ce soit l’Union Européenne qui ait financé une étude sur le Code Commun des Investissements de la Cedeao et sur le cadre politique des investissements pour aider la région à accélérer la mise en œuvre de son marché commun d’investissement ?
Notre objectif avant d’arriver au marché commun, c’est qu’il nous faut une zone de libre échange que nous avons déjà depuis 2000. Il faut un tarif extérieur commun. Dans la Cedeao, à l’heure actuelle, nous avons une compétition, une politique sur la concurrence. Nous avons une politique sur l’investissement régional. Nous avons un cordon douanier commun à harmoniser et nous sommes également d’accord sur les déterminations des valeurs en douane. Mon collègue du secteur privé a élaboré des modalités pour le marché commun pour favoriser un environnement favorable, les changements aux lois commerciales, l’environnement juridique, les mécanismes de régulation. Nous travaillons à tout cela de façon conjointe et concertée.
Source: Sud