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TVA TOURISTIQUE DE 10% EN JANVIER 2010: C’est bien mais, ce n’est pas le problème

TVA TOURISTIQUE DE 10% EN JANVIER 2010: C’est bien mais, ce n’est pas le problème

thierno loRéduction de la TVA touristique de 18% à 10% à partir de janvier 2010, selon le nouveau ministre de tutelle, Thierno Lô. Une annonce que les professionnels du secteur attendront sans doute de voir, depuis le temps qu’ils en entendent parler. Cependant, entre l’instabilité institutionnelle, l’insuffisance de la promotion, les contraintes de financement, entre autres, il faudra bien plus qu’une réduction de Tva pour régler le problème du secteur.

C’est connu, la pression fiscale dans l’industrie touristique se reflète sur le prix du produit touristique. Et dans un environnement concurrentiel, le facteur compétitivité est essentiel. Aussi, une pression fiscale moins forte notamment à travers la TVA, est toujours bien accueillie par les professionnels du secteur pour lesquels, une fiscalité trop forte représente une ponction considérable sur la liquidité des établissements hôteliers et par voie de conséquence sur la possibilité d’investissement dans la rénovation.

Surtout dans un contexte sénégalais où le Crédit immobilier et hôtelier (C.I.H.) est absent. La seule réduction de l’Impôt sur les sociétés (Is) concédée il y a quelques années par le gouvernement aux entreprises en général, ne suffit donc pas pour redorer le blason d’un secteur touristique sénégalais en sérieuse perte de vitesse. Ceci dit, une réduction de la TVA de 18% à 10%, pour peu qu’elle soit effective en janvier 2010, comme l’a annoncé le ministre du Tourisme, et pour peu qu’elle touche toute la chaîne notamment les agences de voyage et de location de véhicules de transport touristique, est un frémissement dans la dynamique de booster la destination. Mais juste un frémissement car les vrais problèmes du secteur sont ailleurs.

Dépoussiérez les tiroirs

Thierno Lô est le sixième ministre sénégalais du Tourisme depuis l’alternance intervenue en 2000. On peut légitimement se demander pour combien de temps si l’on considère que le ministère du Tourisme a été remanié 16 fois entre 1960 et 2002. C’est bien-là le premier problème du tourisme sénégalais. Cette instabilité institutionnelle est la première caractéristique du secteur car affaiblissant au fur et à mesure les politiques institutionnelles d’appui et dont la conséquence directe débouche sur un manque de coordination et de continuité dans la politique mise en oeuvre. Au point qu’un audit, financé par la coopération française avait été entamé pour une réforme de l’organisation de cette administration dans un contexte où les textes en vigueur régissant le secteur sont également inadaptés aux conditions actuelles.

Car il n’est plus question de diagnostic du secteur, les tiroirs de l’administration en sont remplis. Ajoutez-y les nombreuses recommandations jamais appliquées et issues des assises nationales initiées en 2001 par un autre ministre, Ousmane Masseck Ndiaye et qui avaient enregistré la participation de tous les acteurs du secteur, la coupe est pleine. Ces assises avaient insisté, entre autres, sur l’élaboration d’un plan global pour déterminer la vocation de chaque site touristique.

Du coup, les mêmes causes produisent les mêmes effets : Une promotion touristique insuffisante principalement basée sur une image du pays est trop orientée ” Soleil d’hiver “, la mettant en concurrence directe avec des pays plus compétitifs en termes de prix (Tunisie, Maroc) ; la saisonnalité du produit, des contraintes de financement, la faible insertion des nationaux, une insuffisance des ressources humaines avec un manque d’harmonisation des programmes.

C’est dans un contexte pareil contexte que le gouvernement a adopté une cible de 1,5 millions de touristes en 2010. Aussi, à chaque saison, on avance des chiffres mirobolants relatifs à la fréquentation (874 600 touristes en 2007, près de 900 000 en 2008) en l’absence même de statistiques fiables et normées. Par ailleurs, en 2003, il a même été question d’intégrer le compte satellite du tourisme, un instrument élaboré par les Nations Unies pour mesurer l’impact du tourisme dans l’économie et l’envergure des secteurs économiques qui ne sont pas définis comme des branches d’activité dans les comptes nationaux. C’est resté lettre morte.

M. le Ministre, s’il faut vous le rappeler, une nouvelle politique prenant en compte les compétences du facteur humain touristique, le volume et l’efficacité des fonds de promotion, puis une diversification des produits et marchés, entre autres, s’avère très nécessaire. Les objectifs assignés au secteur supposent le déploiement d’un ambitieux programme d’investissements à caractère public et privé. Les investissements publics concerneraient particulièrement les investissements structurants et porteraient sur la réalisation d’infrastructures routières, ferroviaires, portuaires aéroportuaires et de télécommunications. Les investissements privés, quant à eux, concerneraient notamment les infrastructures productives selon le type de besoin identifié.

Aussi, si le temps de votre fonction vous le permet, en appliquant la réduction de la Tva, profitez-en pour non pas seulement dépoussiérer les tiroirs de votre département, mais passer concrètement à l’action.

Source: Sud

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