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MARCHANDS – Recasement et accès aux financements : Les priorités des ambulants

MARCHANDS – Recasement et accès aux financements : Les priorités des ambulants

marchands ambulentInterrogés dans le cadre d’une enquête menée par l’Observatoire économique de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad), les marchands ambulants font de leur recasement et de l’amélioration des conditions d’accès aux crédits une priorité.
Après l’absence de sites appropriés, l’accès au financement est la deuxième préoccupation des marchands ambulants établis sur les artères de la capitale notamment, sur Ponty, Clarisse, Plateau, Petersen et Colobane. Interrogés par des enquêteurs de l’Observatoire économique de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad), ces marchands expliquent que l’accès au financement constitue un obstacle de taille pour eux. Ils éprouvent d’énormes difficultés à trouver des financements auprès des institutions financières. Seuls 14% des acteurs enquêtés ont accès au crédit bancaire. Cette situation résulte principalement d’une culture bancaire relativement faible chez les marchands ambulants. En effet, seuls 20% des acteurs déposent leurs recettes auprès des banques et des Systèmes financiers décentralisés (Sfd). Ces difficultés de financement de leurs activités se traduisent souvent par un niveau d’investissement assez faible.
Leur capital leur provient soit de l’épargne personnelle, souvent faible, soit de la solidarité familiale, notamment, de l’aide des parents ou d’un ami à l’installation. Au finish, il n’est pas exagéré d’affirmer que le financement du commerce ambulant s’appuie essentiellement sur le circuit informel, mentionne le dossier économique de l’Observatoire de la Cciad.
Une situation qui d’après les enquêteurs, pourrait être résolue par la mise en place des lignes de crédit et des fonds de garantie dédiés à ce secteur. En guise d’exemple, ils proposent de définir des mécanismes financiers destinés particulièrement à appuyer les marchands ambulants «auto-entrepreneurs» les plus performants et qui présentent en outre, des potentialités de croissance.

Occupation du trottoir
Sur l’ampleur du problème de l’occupation irrégulière de la voirie, la recommandation faite dans le dossier de l’Observation consiste à aménager des espaces appropriés pour les marchands ambulants. En effet, les tentatives de déguerpissement ont souvent entraîné de violents affrontements entre eux et les forces de l’ordre, occasionnant d’importants dégâts collatéraux, comme en attestent les événements de novembre 2007.
De passage devant le Conseil économique et social (Ces) le mercredi 16 septembre 2009, le ministre du Commerce, Amadou Niang a annoncé que le gouvernement a réussi à mobiliser un financement d’environ 3 milliards de francs Cfa destinés à recaser les 8 700 marchands ambulants recensés à travers les différentes artères de la capitale.

Protection sociale
Comme autres obstacles liés à leur commerce, les ambulants soulignent l’absence de statut et l’absence de protection sociale. A propos du statut, les marchands ne disposent d’aucune réglementation justifiant leurs activités. Une situation constituant un obstacle à la formalisation du secteur et une entrave pour bénéficier d’une protection sociale.
Pour les enquêteurs, la reconnaissance de statut peut se révéler avantageuse dans la mesure où elle permet aux pouvoirs publics, non seulement de mieux contrôler l’activité de commerce ambulant, mais aussi d’améliorer la collecte de recettes fiscales. Elle permet également, dans le cadre d’une politique de planification, de faciliter la mise sur pied d’un programme d’appui et d’encadrement en faveur des marchands ambulants. La mise en place d’un dispositif d’identification des acteurs et d’un cadre de concertation est un préalable à la définition d’un statut et la réglementation du secteur. En dépit de leur contribution à l’activité économique nationale, qui n’a pas été quantifiée dans l’étude, les marchands ambulants sont souvent exclus du système de la couverture sociale du pays. Rares sont les marchands ambulants qui disposent de régime d’assurance ou de sécurité sociale.
Pour résoudre ce problème, les auteurs de l’enquête posent deux options. La première consiste à mettre en place un nouveau dispositif de protection spécifique aux acteurs de l’économie informelle, qui tienne compte de leur diversité. Un dispositif qui selon eux, pourrait garantir un paquet minimal de prestations sociales. Le mode de financement de ce mécanisme pourrait être hybride pour garantir la pérennité du système. Comme deuxième option, les enquêteurs proposent de réformer et d’élargir le dispositif actuel de protection sociale de façon à intégrer les acteurs de l’économie informelle en tenant compte de leur spécificité. Les membres de l’Observatoire économique de la Cciad considèrent ainsi, que l’application de ces recommandations contribuerait à faire des marchands ambulants de véritables acteurs du développement économique du Sénégal.

dialigue@lequotidien.sn
Source : le Quotidien

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