Ancien ministre des Finances, ancien président de la Commission de l’Union économique, Moussa Touré dissèque différents aspects de la vie économique du Sénégal. Il revient notamment sur les Etats-Unis d’Afrique, les arriérés de paiements, la loi de finances rectificatives et la déclaration de politique générale. Sans détours, il dresse un constat alarmant, s’insurge contre les dérives des tenants actuels du pouvoir et indique la voie à suivre pour remettre le pays sur les rails.
LOI DE FINANCES RECTIFICATIVES
La loi de finances rectificatives qu’ils ont faite, ils n’étaient pas obligés de la faire mais dans les mêmes conditions, s’ils utilisent les mêmes canaux, ils seront obligés d’en faire une autre avant la fin de l’année. S’ils ne la font pas, ils vont faire les blocages de crédits. [xalima.com] Artificiellement, les budgets sont là, mais on empêche les ministères et l’administration de dépenser. [xalima.com] D’ailleurs, c’est ce qui a posé les problèmes que nous rencontrons.
Ces deux derniers mois, il y a eu une évolution très rapide, il y a eu la loi de finances rectificatives qui a été faite parce que la situation budgétaire avait changé. Dans l’exposé des motifs de cette loi, le ministre des finances dit que de janvier à avril, il y a eu une baisse des recettes fiscales de 82 milliards 400 millions, quand on l’étend sur l’année, on arrive autour de 250 milliards. [xalima.com] Dans la loi de finances rectificatives, ils font une projection d’une baisse de 130 milliards de recettes fiscales d’ici la fin de l’année. [xalima.com] Ça aurait un sens s’il s’avérait que d’ici la fin de l’année les choses iraient mieux et qu’il y aurait un rattrapage par rapport aux quatre premiers mois.
Or rien ne permet de penser cela, bien au contraire tout le monde prévoit que les choses vont se détériorer. La preuve, quand le budget de l’année 2009 a été élaboré, le gouvernement tablait sur une croissance de 5,2%, début juin, ils se sont rendus compte que la croissance ne dépasserait pas 3,1%, ce qui explique les baisses de recettes. Mais au moment où ils parlaient de 3,1% de recettes, ils savaient que cela n’était plus vrai. [xalima.com] Car une semaine après, Sogue Diarisso de la Dpee, disait que la croissance du Pib n’atteindrait pas 2%. Et une semaine après, dans la déclaration de politique générale du Premier ministre, ils ne parlent plus que de 1,5%.
Alors, aller de 5,2% à 1,5% est un écart extrêmement important. Donc qui demande un remaniement substantiel du budget. Même en termes de pauvreté et de revenus des Sénégalais, quand vous faites une croissance de 1,5%, avec un taux de croissance de la population qui oscille entre 2,5 et 3%, soit une moyenne de 2,8%, la différence est de 1,3%. [xalima.com] Ça veut dire que le Sénégalais s’appauvrit de 1,3%, et globalement pour le Sénégal, la pauvreté va augmenter.
DETTE INTERIEURE
On distingue la dette intérieure et les dépenses extra budgétaires. Ce n’est pas la faute des ministères ou des administrations. Le président de la République a menacé de sanctionner les ministères, mais qui a été sanctionné ? Personne. Parce que l’erreur est venue du ministère des finances car quand ils ont eu peur en voyant le gonflement des arriérés, ils ont dit qu’ils vont bloquer les crédits des ministères, mais quand on bloque des crédits, il faut aller dans la chaine de dépense qui a plusieurs étapes. Il y a l’engagement, l’ordonnancement, la liquidation et le règlement. [xalima.com] Une dépense qui est engagée à travers le bon d’engagement, quand il sort (bon d’engagement), l’entreprise peut commencer à travailler. C’est ce que les gens ont fait, ils ont commencé à travailler et le ministère des finances et du budget a enlevé ces crédits. Donc l’entreprise travaille, les crédits sont supprimés, l’entreprise fournit et on dit que les administrations et les ministères ont engagé des dépenses extrabudgétaires. (…) Mais on ne peut pas enlever 10 ou 15 % sur des marchés déjà engagés.
Dans la synthèse des commentaires des partenaires techniques financiers sur le Drsp II du 10 juin 2009, il est dit dans le paragraphe II, en réponse à un document du ministère des finances : « il est important de préciser que malgré les efforts du gouvernement, tous les retards de paiements ne sont pas résorbés ».
Et dans la loi des finances rectificatives, ils font un aveu. Le document dit : « pourque soit assuré l’achèvement des travaux de la phase I du projet de construction de l’autoroute à péage, sur le tronçon Malick Sy-Patte d’oie-Pikine, il convient de mettre en place des crédits d’un montant de 55 milliards 100 millions de Fcfa. En fait c’est ça qui est la cause de la loi de finances rectificatives. Il fallait trouver des crédits, les enlever un peu partout pour trouver ces 55 milliards pourque les travaux de l’autoroute puissent continuer. « 55 milliards 100 millions, les quels crédits seront prélevés sur ceux initialement prévus pour la couverture des différents projets déjà inscrits au budget général pour pouvoir prendre en charge le paiement des décomptes des travaux déjà réalisés, 25 milliards ». Donc c’est de l’argent qu’on doit, des arriérés. Voila un aveu.
Pour la dette intérieure, le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale en parle. Des fois on parle d’arriérés de paiement, de dette intérieure. Ça fait une confusion totale parceque chaque expression signifie quelque chose qui est différent de ce que signifie l’autre. La dette intérieure c’est une dette contractuelle, ce sont les bons du trésor que l’Etat lance.
INCAPACITE DE L’ETAT A PAYER
Quand vous regardez les travaux corniche-Vdn, en 1991, ils n’avaient pas coûté un sou au Sénégal, idem pour toute l’Organisation de la conférence islamique (Oci), au contraire on a reçu des dons qui ont permis de construire le Méridien Président, la cité Fayçal, de démarrer la Vdn. Et ce sont les circonstances dans lesquelles l’Oci de 1991 et l’Oci de 2008 se sont passées qui sont différentes. En 1991, sous Abdou Diouf, ce sont les pays membres de l’Oci qui ont décidé d’organiser le sommet en Afrique noire pour la première fois.
Et le pays le plus indiqué était le Sénégal, mais ce sont les pays arabes qui ont donné les moyens (…) Pour l’Oci de 2008, l’Etat du Sénégal a sorti rien que pour le tronçon corniche-Vdn la somme de 39 milliards. Et ajoutés aux 47 milliards de nos partenaires, elle a couté 86 milliards. Et dans le même temps l’autoroute à péage, c’est un manque d’expérience, un amateurisme.
Au départ le gouvernement avait déclaré qu’il allait financer l’autoroute à péage par Built operate and transfert (Bot). Et ils ont pris tout un ensemble de lois à l’Assemblée nationale. [xalima.com] Mais le Bot consiste à demander à un privé de financer une autoroute, un pont, un aéroport et s’engage à récupérer tous les péages pendant 25, 30 ou 40 ans. C’est comme ça que la plupart des routes ont été construites en France. Mais pour qu’un investisseur accepte de se faire rembourser en 25 ou 40 ans, il faut qu’il ait confiance en la stabilité du pays. Le Sénégal était stable, mais quand les investisseurs ont voulu démarrer, la crise a éclaté en Cote d’ivoire.
L’aéroport d’Abidjan a été construit par Bot mais l’éclatement de la crise a faussé les prévisions des investisseurs et a refroidi leurs ardeurs. Comment voulez vous dans ce contexte que les investisseurs financent une autoroute à Péage par Bot au Sénégal alors que la Côte d’ivoire était réputée être le pays le plus stable de la sous région.
RELANCE PAR L’AGRICULTURE DANS LA DPG
Là où il y a le problème, c’est que les bailleurs de fonds disent dans un document (il nous le montre) : « l’importante action engagée dans le secteur agricole souffre d’un manque de cohérence, tant en termes de stratégies que de résultats. La sédimentation des initiatives -le plan Reva, les programmes sociaux, la Goana, la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale- exprime cette absence de continuité dans la stratégie propre au secteur. Cette stratégie nécessite une plus grande coordination des acteurs, préalable à toute revitalisation des politiques agricoles et alimentaires ». Voila le préalable. Donc proclamer qu’on met l’accent sur l’agriculture, c’est un vœu pieux quand on constate qu’il n’ ya rien qui indique qu’un accent particulier a été mis sur l’agriculture.
Dans la déclaration de politique générale, on a dit à chaque ministère, les projets qu’ils ont. Les gens ont sorti des cartons de projets aux quels on a ajouté ce qui restait du Programme triennal d’investissement public (Ptip) ou ce qui restait pour l’année de la loi de finances rectificatives du budget national d’investissement. C’est tout ça qu’on a agrégé pour le mettre à la queue leu-leu. Je suis sûr que les sommes qu’il faut pour réaliser ce programme, le Sénégal ne pourra pas les rassembler en dix ans. Et ce qui est grave c’est que dans les volets énergie et mine, on proclame partout que c’est un partenariat public-privé. Mais les privés, on ne sait pas dans quelles dispositions ils sont et même les privés qui s’étaient engagés commencent à réfléchir parce que même dans le monde occidental, les gens repoussent les projets qu’ils avaient engagés.
Au delà du manque de cohérence, les nouveaux projets de création d’une banque agricole et d’un syndicat d’agriculteurs et de la Goana II posent problème. Nous avons un instrument qui est le Crédit agricole qui existe depuis 1987, pourquoi vouloir créer autre chose. Les syndicats d’agriculteurs, qu’est ce que cela veut dire ? Les agriculteurs sont très bien organisés, c’est le secteur le mieux organisé au Sénégal parcequ’il y a au moins une unité dans ce secteur. [xalima.com] Et puis, ce n’est pas à l’Etat de créer des syndicats, c’est comme si l’Etat se levait pour dire qu’il allait créer un syndicat des journalistes. C’est juste une manière de diviser, de faire diversion.
Et puis concernant la Goana, c’est vrai que la production céréalière a augmenté de 52% et avec une bonne pluviométrie. Mais ce n’est pas la première fois, mais est ce qu’on est allé voir ce qui s’est passé au Mali, au Burkina Faso, ces pays ont eu des récoltes bien meilleures sans avoir de Goana. Et puis ces résultats ne sont pas le fait de la Goana. Ce qu’il faut faire, c’est prier pour qu’il y ait une bonne pluviométrie.
Vous savez, on ne peut pas se lever et dire qu’on va faire trois millions de tonnes de manioc, 2 millions de tonnes de mais sans études, sans rien et sans se demander qui va le consommer. Et puis le manioc du Sénégal comparé à celui de la Cote d’ivoire, il est immangeable. Et avant de dire qu’on va produire tant de tonnes, il faut sélectionner de bonnes graines. Pour le maïs, c’est pareil car l’année dernière on leur a vendu du maïs pour nourrir le bétail. Et ce travail c’est le rôle de l’Isra. Il faut une cohérence, il ne faut pas se lever et décréter des quantités qu’on est sûr de ne pas atteindre.
SYMPOSIUM SUR LE GOUVERNEMENT AFRICAIN
Il faut que les Sénégalais arrêtent de s’amuser. Lorsqu’on veut se mettre ensemble, il faut trouver les plages de convergences ou les symétries. Il faut voir si les pays peuvent aller ensemble, d’abord les chefs d’Etat et ensuite les régimes. On parle de démocratie alors qu’il y a des présidents qui ont fait quarante ans au pouvoir et n’ont pas été élus une seule fois, des régimes installés par des ces coups d’état qui nous entourent, ces dictatures qui emprisonnent des journalistes. Rien de cela ne peut aller ensemble Est-ce qu’il ya une base sur laquelle on peut construire quelque chose de sérieux ?
Les étapes pour aller à des Etats-Unis d’Afrique n’existent même pas encore. Je l’ai dit lors d’une conférence inaugurale des 70 ans de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan). C’est comme cette histoire de monnaie, lorsque que vous avez des pays comme le Nigéria où vous avez une inflation galopante à deux chiffres, comment voulez vous partager une monnaie avec des pays comme ceux là ? Sur quelle base ? Car la monnaie c’est le sérieux, la confiance, la durée. Une monnaie, ce n’est pas un an, deux ans, c’est cinquante ans. Il ne s’agit même pas d’avoir un grand pays. La Suisse est un petit pays, mais il n’y a pas une monnaie plus solide que le franc suisse.
On ne pourra pas avoir une monnaie unique tant qu’on n’aura pas des présidents sérieux. La bonne démarche, c’est d’avoir des constitutions sérieuses, des présidents et des responsables sérieux. Lorsque vous créez une monnaie, elle a une valeur, mais cette valeur pour qu’elle soit maintenue, il faut des comportements vertueux, rigoureux dans beaucoup de domaines. Car si un président se lève un jour pour imprimer des billets qui ne sont adossés sur aucune réalité économique pour régler un problème, la monnaie chute. C’est ce qui est arrivé au Ghana avant Rawlings, au Zaïre du temps de Mobutu, en Guinée Bissau avant son accession dans la zone franc. Dans ces pays, on ne comptait pas les billets, on comptait les liasses.
DEVALUATION DU CFA POUR ATTENUER LES EFFETS DE LA CRISE
La dévaluation aurait un sens s’il y avait un décrochage important par rapport à la zone Europe, à la France. Mais la crise est plus forte dans ces pays que dans les nôtres. Le gain de compétitivité que nous avons eu avec la dévaluation du Cfa en 1994 est demeuré. Et par conséquent nos réserves auprès du quai d’Orsay en France sont très confortables, elles ne sont pas négatives, comme c’était le cas en 1994. Donc aujourd’hui il n’y a aucune raison qui milite pour une dévaluation, aucune, aucune raison. Il y a des gens que ça intéresse et qui spécule mais il n y a aucune raison objective. Et une dévaluation ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut que les signes apparaissent et cela sur cinq ans ou plus.
SIGNATURE DES ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE
La signature n’est pas une bonne chose pour les gouvernements de l’Afrique de l’Ouest tel que ça se passe. Et dans ces accords là, le Sénégal n’est même pas concerné. Aussi j’ai déploré à l’époque tout ce tollé, toutes ces manifestations qu’il y a eu autour des Ape. Le Sénégal n’est pas concerné parce qu’il fait partie des Pays les moins avancés (Pma) et bénéficie de la disposition « tout sauf les armes » de l’Union européenne (Ue). C’est un accord signé avec les Pma qui ne sont pas assujettis aux Ape. Lorsque l’on prend la Cedeao, il n y a que la Cote d’Ivoire, le Nigéria, le Cap vert et le Ghana qui sont concernés sur le 16 pays de la sous région.
Là où c’est mauvais, c’est d’avoir obligé des pays comme la Côte d’Ivoire par exemple à signer des accords intérimaires, car ça détruit la dynamique de l’Uemoa. Parce que dans l’Uemoa, il y a le tarif extérieur commun (tec) qui est commun à tous les pays, or cet Ape avec la Côte d’Ivoire amène les pays à consentir des baisses de droits de douanes à l’Ue et en ce moment, le tarif extérieur commun est rompu. Au départ, les Ape devaient entrer en vigueur en 2020, c’est-à-dire 12 ans après leur signature. Les négociations ont fait reculer ça donc ce n’est pas demain qu’ils vont entrer en vigueur. Et d’ici là, certainement beaucoup de choses se passeront.
SOLUTION DE LA CRISE ECONOMIQUE DANS LE CADRE DE L’UEMOA
L’Uemoa devrait pouvoir faire de grandes choses. Des choses ont été déjà faites, mais les choses seraient beaucoup plus importantes si les pays s’y engageaient résolument. Vous avez vu en Europe, les pays de l’Union européenne se réunissent tous les quatre ou cinq mois, prennent des décisions que les gens respectent. Mais les Africains, sur beaucoup de sujets, les présidents se réunissent dans des sommets, des grands discours sont faits, puis tout le monde repart, sans qu’aucune décision ne soit prise. C’est ça le drame des africains. Et après, chacun suit son chemin.
Par exemple lors de la déclaration de politique générale, le Premier ministre a promis de baisser la Tva et le ministre du Tourisme aussi l’a dit, mais cette Tva ne peut être baissée que par l’Uemoa. Le Sénégal ne peut pas prendre l’initiative de baisser la Tva parce qu’il y a un taux unique. A l’époque je me suis battu contre le taux unique et je n’avais pas compris la position du Sénégal, parce que je voulais qu’on crée des taux différents pour tenir compte du caractère social de tel produit ou de telle ou autre activité. Le Sénégal a opté pour le taux unique entre 15 et 20%. Le Sénégal a choisi un taux de 18% et pour que le Sénégal puisse change ce taux, il faut que l’Uemoa donne son accord (…)
Le Sénégal avec ses problèmes d’importations de riz, pouvait être nourri par l’Office du Niger au Mali, mais il faut que les gens s’y engagent solidairement. Mais si tous les pays produisent la même chose alors certains pays sont plus indiqués pour telle ou telle chose. A quoi sert-il d’ouvrir une cimenterie au Burkina Faso pour la vendre à deux fois son prix au Sénégal. Ce sont là les limites de l’Uemoa ou de la Cedeao.
LEVIERS SUR LES QUELS S’APPUYER POUR ARRIVER A UN NIVEAU DE CROISSANCE CONSEQUENT
La diminution de la pauvreté va de pair avec le règlement des problèmes de santé, d’éducation, car, c’est un tout. Je pense que ce régime avait une chance inouïe qu’il n’a pas su saisir. Parceque, la dévaluation de 1994 a fini de produire ses effets négatifs, un peu avant 2000, au niveau de l’Uemoa, c’est le 1e janvier 2000, qu’on a mis en place le Tec et c’est cela qui a produit l’explosion des recettes douanières. Le régime en place a eu un afflux extraordinaire de ressources qui ont été mal utilisées.
Toute cette population flottante, désœuvrée parce que manquant de moyens pour s’attaquer à des initiatives qui ont fait exploser les institutions de micro finance, il faut les encadrer avec en ciblant des activités en y injectant une partie des sommes utilisées dans la construction des travaux faramineux qui engloutissent des centaines de milliards. On insufflerait ainsi des activités, des revenus et il y aurait une hausse de la croissance et une réduction de la pauvreté.
L’agriculture dont on parle, il ne faut pas le faire en projets vagues, pour donner des terrains à des gens qui n’en font rien. [xalima.com] L’Etat pourrait s’engager de manière beaucoup plus ferme surtout dans le monde rural actuel pour ne pas perturber l’environnement du pays. Ce qui va se passer, c’est qu’on va être envahi encore par les paysans qui seront dépossédés de leurs terres.
Alors qu’il fallait trouver des choses pour les fixer dans leurs terroirs en les responsabilisant, en leur donnant des financements qu’ils sont en mesure de rembourser dans le domaine de la pêche, de l’agriculture…Il ne faut pas penser que ce sont les grands projets qui engloutissent des milliards pour créer quelques centaines d’emplois qui sont la panacée, ce sont souvent des éléphants blancs. C’est après que les infrastructures suivront, car pour aller et venir, il faut gagner de l’argent. L’agriculture, c’est fondamental, au-delà même des exportations, il s’agit d’assurer la sécurité alimentaire.
Mais c’est dans le monde des services que se trouve l’avenir du Sénégal. Par exemple ces centres d’appel, qui se développent et qui emploient beaucoup de main d’œuvre, l’Etat doit les aider. C’est ce que fait l’Inde où se traite presque toute la comptabilité des sociétés américaines, européennes parce que l’Inde a des ressources humaines très compétentes. [xalima.com] Et là on n’a pas besoin de mettre beaucoup d’argent mais seulement de créer des conditions une détaxation, faciliter l’accès au financement.
source: lagazette.sn






