Les responsables de la Bourse régionale de valeurs mobilières (Brvm) appellent les États à rompre avec les vieilles habitudes dans la vente d’action. La bourse veut désormais être le passage obligé en cas d’opérations stratégiques où l’État vend ses actions à des opérateurs privés.
L’État est appelé à donner le bon exemple au secteur privé dans la vente d’actions détenues dans une société. L’invite est de l’administrateur de la Bourse régionale de valeur mobilière (Brvm), M. Adnane Chmanti, lors de la conférence de presse que son responsable de l’antenne du Sénégal, Khady Sy a animé hier, jeudi 30 juillet à Dakar.
En marge de cette rencontre, Adnane Chmanti a estimé que : « Quand l’État donne l’exemple, le privé suit ». Mais, a t’il fustigé, « on voit que certains États vendent à un opérateur leurs actions qu’ils détiennent dans une entreprise nationale sans passer par la bourse ». L’administrateur général de la Brvm a émis le souhait de voir « au moins 10 à 15% d’une vente passer par la bourse. Ça va être bon pour tout le monde ».
La rencontre d’hier avec les journalistes était aussi une occasion pour le responsable de l’antenne nationale de la Brvm du Sénégal, Kady Sy de livrer le bilan 2008 de la bourse et de donner un tableau synoptique des réalisations engrangées lors de ces dix dernières années.
Selon elle, 2008 a été une année charnière. L’indice Brvm10 qui concerne le top 10 des plus grandes valeurs boursières a atteint un niveau jamais égalé dans l’histoire de la bourse. Khady Sy informe que la valeur des transactions a atteint 245 milliards en 2008 dont 150 milliards de transactions ordinaires (achat/vente). En terme d’échange, le responsable de l’antenne Brvm Sénégal informe qu’il a été enregistré 628 millions de F Cfa en moyenne par séance de cotation contre 82 en 2005. Elle ajoute que 18 sociétés en moyenne font l’objet de cotation contre 10 en 2005.
Effet de la crise : -10,5% de l’indice composite
Le marché boursier de la sous-région n’a pas échappé à la crise financière qui avait débuté en octobre 2007. Il a été constaté en septembre, une baisse du cours de Sonatel qu’il est cependant inévitable de corréler à la publication de ses chiffres et au changement de pratiques comptables intervenu dans l’établissement de ses chiffres (174 000 F fin août, 140 000 fin septembre et 125 000 fin octobre). La Brvm informe que la chute des indices se poursuit jusqu’au 31 décembre. « On enregistre une baisse de l’indice composite de 10,5% par rapport au début de l’année (-10,5%) ».
Ces résultats montrent que malgré l’élan significatif qu’a enregistré la bourse sur les trois dernières années, avec l’effet de la crise, il a été noté le retrait d’un certain nombre d’investisseurs internationaux. « Pour compenser des pertes enregistrées sur d’autres marchés, ils ont commencé à vendre leurs actions et c’est ce qui explique un peu cette baisse qu’a enregistré la Brvm », informe l’administrateur de la Brvm. A son avis, « si l’on compare la baisse de la Brvm par rapport aux autres bourses internationales, je pense qu’elle est relativement faible avec moins de 10% alors qu’il y’a des marché qui se sont totalement écroulés. Ce qui veut dire qu’on a de bons entreprises ». « Effectivement, il y’a des secteur qui vont souffrir notamment ceux qui sont dans les exportations », a conclu M. Adnane Chmanti.
Malgré ce contre coup, l’administrateur de la bourse affirme : « nous sommes toujours optimistes parce que les conséquences de la crise sont à 90% passées ». « Je pense par conséquent, aujourd’hui, les valorisations à la Brvm sont faibles donc on va avoir un certain nombre d’investisseurs qui vont revenir et j’espère que les compagnies d’assurance, les fonds d’investissement et les caisses de retraite vont aussi un peu s’intéresser d’une manière significative à la bourse. Je pense que y’a de bonnes opportunités », a t’il lancé.
Seul 39 sociétés cotées en 10 ans
En 10 ans d’existence, la Brvm ne compte que 39 sociétés cotées. Une situation qui, selon son administrateur s’explique par les résultats mitigés par rapport pour convaincre et attirer des entreprises à intégrer la bourse. Devant cet état de fait, les responsables de la bourse ont indiqué deux obstacles auxquels ils sont confrontés : la catégorie des entreprises qui remplissent les conditions d’introduction en bourse mais qui sont des filiales de multinationales déjà cotées ailleurs et celles appelées « entreprises familiales » qui ont leur propre manière de gestion. Pour l’administrateur, il faut vraiment convaincre ces dernières pour qu’elles sachent que s’introduire en bourse a plus d’avantages que ce qu’elles vivent aujourd’hui. « Elle va leur permettre de valoriser leur patrimoine. Elles vont passer d’entreprise familiale et une institution en terme d’image et ça va également leur permettre de se financer facilement parce qu’en s’introduisant en bourse, elles ont le monde pour eux ».
Malgré le nombre faible de société cotées à la Brvm, les responsables de la bourse pense qu’en 10 ans, « il y’a une grande réussite qu’est l’intégration avec une bourse qui a été créée en Côte d’Ivoire pour devenir sous régionale ».
source sud quotidien






