Categorized | Economie

Rapport d’audit des dépenses extrabudgétaires : Les pilleurs, la main dans le sac

Rapport d’audit des dépenses extrabudgétaires : Les pilleurs, la main dans le sac

palais présidentielPrésidence : Des écarts énormes entre les chiffres des créanciers et ceux de l’administration

On en a longuement disserté, dans les bureaux de l’Ad­mi­nistration, chez les bail­leurs de fonds, comme dans les entreprises du secteur pri­vé. Tout le monde y allait de ses chiffres et de ses estimations, concernant les dépenses extrabudgétaires qui, ajoutées aux arriérées de créances régulièrement dues aux entreprises du secteur privé, ont aggravé la crise économique dans laquelle se débat le pays depuis la seconde moitié de 2007. Les avis et les chiffres ne concordant pas, le besoin de faire un audit s’est imposé à tous. Mais là aussi, beaucoup ont affirmé qu’il fallait nécessairement que ce soit un audit réalisé par un cabinet international, à partir des termes de référence contraignants, pour éviter «toute influence locale nocive».
Le gouvernement, auquel ses partenaires techniques et financiers ont laissé le choix, a pour une fois, choisi de faire confiance à l’­ex­pertise nationale. Le ré­sul­tat en est un rapport volumineux, de près de 300 pages, plein de tableaux et de graphiques, mais également très précis et sans complaisance. Il circule depuis bientôt deux semaines, de bureau en bureau, et les bienheureux élus, le commentent à leur manière. Le Quotidien a pu parcourir une bonne partie, pour ne pas dire la totalité du document. Des infos que nous partageons aujourd’hui avec les lecteurs et qui peuvent d’ores et déjà réserver leur numéro de demain, et d’après-demain. Car une seule édition ne saurait suffire pour relater tous ces scandales.

La situation des fameuses dépenses hors budget est enfin révélée. Le cabinet d’audit Mamina Camara, qui a été re­tenu après sélection, a comptabilisé 35,877 milliards de francs Cfa en dé­penses extrabudgétaires réalisées par les ministères, pour 3,483 mil­liards de francs Cfa dus par les agences et établissements publics. Comme dans le domaine de l’économie libérale mondiale, l’enquête a démontré qu’­­une mi­norité de structures, 20% exactement, a consommé 80% des dépenses extrabudgétaires. Le rapport d’audit indi­que, dans l’ordre des plus grands «dé­viants», les ministères de l’Inté­rieur, de la Famille, la Solidarité nationale, l’En­tre­prenariat féminin et de la Micro­fi­nan­ce, des forces Ar­mées, et de l’En­vi­ronnement. Il n’empêche que quasiment toutes les structures de l’Admi­nis­tration ont fait dans l’extrabudgétaire, à quelques exceptions notables près.
S’agissant des agences, indiquent les auditeurs, ce sont essentiellement les structures hospitalières et le Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), qui concentrent les dépenses extrabudgétaires.
Le détail de ces dépenses donne les chiffres suivants, pour quelques-unes de ces structures : 6 milliards 124 mil­lions 536 mille 542 francs Cfa pour le ministère de la Famille, de la Soli­darité nationale, de l’Entrepre­nariat fé­mi­nin, et de la Microfinance, 3 mil­liards 565 millions 281 mille 253 francs Cfa pour les Forces armées, 2 mil­liards 393 mil­lions 940 mille francs Cfa pour la présidence de la République, et 14 milliards 586 millions 339 mille 920 francs Cfa pour le ministère de l’In­térieur, en ses différents services.
Le rapport d’audit, dont on se rappelle qu’il a été décidé après concertation entre le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers, en particulier le Fonds monétaire international (Fmi), avait pour but de recenser toutes les dépenses extrabudgétaires impa­yées, «effectuées par les ministères, les agences et les établissements publics», indique le rapport. Il ajoute que l’audit devait également analyser l’existence éventuelle de dépenses hors lignes bud­gétaires au-delà des montants déjà identifiés par l’audit de l’Inspection gé­nérale des finances (Igf). Tout cela, explique l’audit, devait faire «l’objet d’un audit technique, en vue de vérifier l’effectivité des fournitures ou prestations des créanciers et, de déterminer les responsabilités qui incombent à l’Etat dans ce cadre».
Dans le cadre des entretiens qu’ils ont eus avec de nombreux créanciers, les auditeurs ont noté, entre au­tres difficultés rencontrées, que plusieurs transactions se sont déroulées dans des conditions peu trans­pa­rentes. En plus de cela, il y a que plusieurs ministères, agences et établissements pu­blics, ont répondu bien tardivement aux questionnaires qui leur avaient été envoyés. Par ailleurs, certaines ré­ponses de fournisseurs et prestataires étaient insuffisamment détaillées, sur les références des factures. Il y a mê­me eu des cas de créanciers qui ont refusé de produire leur situation.

source le quotidien

Comments are closed.






Publicité

Google

Google Adsense