Les produits cosmétiques et les parfums importés au Sénégal ont représenté une valeur de 12 milliards de FCfa en 2008 tandis que le marché des mèches artificielles pèse quelque 13 milliards de FCfa.
La beauté a un prix, la beauté à tout prix. C’est le slogan qui pourrait traduire le marché sénégalais, de plus en plus dynamique, des parfums, des produits cosmétiques et autres produits d’hygiène. En témoigne aussi la multiplication des instituts de beauté, salons de coiffures et des centres d’amincissement et de remise en forme qui fleurissent dans la capitale sénégalaise.
Entre une production locale axée sur le bas de gamme et des importations de toutes parts, le marché croule sous le poids des laits, crèmes de beauté, huiles de toutes sortes.
Il existerait au Sénégal une dizaine de fabricants majeurs de parfums, de produits cosmétiques et de produits d’hygiène dont l’offre – bas de gamme, adaptée au marché local – cible principalement la clientèle populaire. Parallèlement, de petites entreprises fabriquent de manière artisanale leur propre gamme de produits d’hygiène et de beauté, à partir de produits naturels et d’huiles essentielles.
Un schéma très concurrentiel, en somme, même si les matières premières destinées à la fabrication des produits cosmétiques, des produits d’hygiène et des parfums, sont importées d’Europe, principalement de France, mais aussi d’Allemagne pour ce qui est des huiles essentielles. Il en serait de même des conditionnements en verre, que le plastique remplace progressivement, notamment pour le conditionnement des laits et crèmes corporels.
Au prix fort
Les importations sénégalaises de parfums, de produits cosmétiques et d’hygiène se seraient en tout cas élevées, en 2008, à plus de 12 milliards de francs CFA soit 18 millions d’euros, selon une étude de la mission économique française au Sénégal qui souligne que la France reste le premier pays fournisseur devant la Chine, les Emirats Arabes Unis, les Etats-Unis, l’Indonésie et certains pays européens tels que l’Espagne et l’Italie. Pourtant, les importations de parfums au Sénégal sont taxées, au prix fort, au taux global de 58,76% et les cosmétiques et produits d’hygiène corporelle au taux de 44,30%. Cependant, le 4 février 2009, les parlementaires ont adopté le projet de loi n° 46-2008 modifiant certaines dispositions du code général des impôts, portant à 40 % la taxe sur le tabac et l’alcool. Cette taxe qui était de 10% pour les parfums passerait à 12,5%.
S’il n’existe aucune réglementation spécifique en matière d’importation et de commercialisation des parfums, pourvu que l’’importateur se soit acquitté des droits de douanes et des taxes à l’importation, la production et la commercialisation de laits et de crèmes éclaircissants sont en revanche réglementées au Sénégal, l’hydroquinone contenue dans ces produits étant vénéneuse. Ces produits sont soumis à homologation préalable, délivrée par la Direction de la Pharmacie au Ministère de la Santé. Mais ce n’est qu’en théorie car ces produits entrent souvent sur le marché sénégalais sans aucun contrôle.
Les industries locales exportent cependant une partie de leur production vers les pays de la sous région : Guinée, Mauritanie, Gambie, Mali, Congo, Sierra Leone, Togo, Guinée Bissau, Côte d’Ivoire, Benin … Les exportations de parfums, de produits cosmétiques et d’hygiène ont atteint, en 2008, plus de 20 milliards de francs CFA, soit plus de 30 millions d’euros. Ces données sont toutefois faussées par les exportations du secteur informel et la contrebande.
Goût du luxe et de la coquetterie
En revanche, dans la production locale de des mèches artificielles, trois entreprises se partagent le marché, totalisant un chiffre d’affaires de plus de 13 milliards de francs CFA en 2007. Elles se livrent une forte concurrence, à coups d’actions promotionnelles et publicitaires conséquentes et mettant à profit les partenariats établis avec les écoles et les salons de coiffure de la capitale. Elles font face cependant aux importations chinoises qui s’adressent davantage aux petites bourses, même si elles restent de qualité inférieure, mais aussi aux produits de contrefaçon qui inondent le marché.
Par ailleurs, si les pharmacies s’approvisionnent auprès des sociétés locales d’importation de produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques au Sénégal, elles s’adressent directement aux fournisseurs, s’agissant de produits plus spécifiques tels que les produits de dermatologie et certains produits cosmétiques.
Quant aux instituts de beauté, ils sont attachés aux produits de marques et s’approvisionnement largement auprès des représentations commerciales de ces dernières. Il convient, également, de tenir compte des importations individuelles : loin d’être négligeable, ce mode d’approvisionnement est largement recouru par les propriétaires de boutiques, les instituts de beauté et les salons de coiffure, au cours de leurs déplacements et leurs voyages à l’étranger : les marchandises entrent alors sur le marché sénégalais en bagages accompagnés.
Tout compte fait, le marché sénégalais, préoccupé par le goût du luxe et de la coquetterie, mais qui n’en a pas les moyens, est encore embryonnaire si on le compare au marché saoudien du parfum et des cosmétiques évalué à 3 milliards d’euros avec un taux d’augmentation annuel moyen de 9%. Une société préoccupée par le goût du luxe et de la coquetterie et qui en a les moyens.
source sud quotidien









