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Le numéro 1 mondial de l’acier renonce au projet Faléméé : Mittal détale

arcelor mittal- Wade reçoit une confirmation écrite du Pdg

La plus grande compagnie d’exploitation de fer dans le monde, la société Arcelor Mittal vient, par une correspondance de son Pdg adressée au président de la République, annoncer qu’elle renonce à exploiter le minerai de fer de la Falémé, dans le Sénégal oriental. Le plus grand projet d’investissement jamais connu au Sénégal, prend fin avant même d’avoir commencé.

On avait cru que Mittal ne faisait que repousser la mise en œuvre de son projet d’exploitation des mines de fer de la falémé, du fait de la crise financière internationale. Que nenni ! Voilà que le Pdg de Arcelor Mittal lui-même, l’Indo-britannique Lakshmi Mittal, vient de faire comprendre au président de la République, Abdoulaye Wade, que sa société n’est pas prête de s’engager dans cette histoire. Dans sa lettre datée du 26 juin dernier, dont copies ont été faites aux ministres d’Etat Karim Wade et Ousmane Ngom, Lakshmi Mittal se montre toutefois généreux, et permet dans la même occasion, au gouvernement de sauver la face dans une histoire dans laquelle il s’était engagé à corps perdu. Le Pdg de Arcelor Mittal tient à préciser que, malgré son retrait de ce projet, «Arcelor Mittal poursuivra son engagement en matière de programme social et d’appui institutionnel». En langage clair, le leader mondial de l’acier va continuer son programme de soutien aux populations, en ce qui concerne la santé, l’éducation, ou les loisirs, tel qu’il avait été convenu avec le gouvernement.
Le projet d’exploitation des mines de fer de la Falémé, est le type de projet intégré à plusieurs volets. Il devait comprendre, outre la mise en place des structures d’exploitation des minerais du Sénégal oriental, la création d’une ligne de chemin de fer reliant la zone d’exploitation à la ville de Tambacounda, où il allait se raccorder au rail existant. Ce dernier allait être réhabilité et renforcé de manière à pouvoir supporter les wagons de fer qui allaient passer dessus. Et pour l’évacuation de ce minerai, un port minéralier en eaux profondes allait voir le jour à Sendou, aux environs de la ville de Bargny-sur-mer. Tout ce montage avait été estimé à la signature du contrat entre l’Etat du Sénégal et Mittal, à 2,2 milliards de dollars américains, soit la faramineuse somme de 1 100 milliards de francs Cfa. Le plus gros projet jamais vu au Sénégal, à ce jour.
Pour lui donner une chance de voir le jour, Le gouvernement du Sénégal n’a pas hésité à prendre le risque de se faire attraire en justice par les Sud Africains de Koumba Resources, à qui la concession du fer de la Falémé avait été accordée quelques temps auparavant. Le contrat des Sud Africains ne comprenait pas la construction du chemin de fer, ni non plus, celle du port en eaux profondes. Le gouvernement, appâté, a préféré prendre le plus ambitieux. Interrogé sur le risque que prenait ainsi l’Etat, M. Madické Niang, à l’époque ministre des Mines et de l’Energie, en charge de la question, avait répliqué que le gouvernement avait agi pour le mieux des intérêts du Sénégal, et ne craignait pas de suites juridiques de sa rupture avec Koumba Resources au profit de Mittal.
C’est dire que le gouvernement du Président Wade avait misé beaucoup sur son nouveau partenaire. Hélas, aucun d’entre eux n’avait prévu la crise financière internationale.
C’est pourtant elle qui vient de servir de prétexte à Mittal pour arrêter son projet sénégalais : «…L’industrie mé-tallurgique et minière traverse une crise sans précédent, causée par la très grave détérioration de l’économie mondiale, notamment dans les secteurs de l’automobile et de la construction. Cette situation contraint les sociétés de notre industrie à réduire considérablement les programmes d’investissement tant industriels que miniers, lesquels ont été conçus dans un environnement économique et financier très différent de ce qui prévaut aujourd’hui.» Parmi les mesures prises par Arcelor Mittal pour s’adapter à la nouvelle conjoncture internationale, il y a la volonté de surseoir «temporairement à la mise en œuvre de la plupart de ses projets d’investissement à travers le monde, y compris le projet Falémé».
Reconnaissant que d’importants moyens humains, techniques et financiers ont déjà été consacrés à ce projet, Mittal se dit disposé à coopérer avec le Sénégal, dans l’hypothèse où le pays voudrait chercher d’autres partenaires, «qui pourraient soit racheter l’intégralité des droits d’Arcelor Mittal sur le projet, soit étudier des formules d’association avec des tiers sur le projet». Rappelant qu’une délégation de l’entreprise avait rencontré le président de la République à Dakar, quelques jours auparavant, le magnat indien déclare que sa société est prête à participer à toute réunion que les autorités voudraient convoquer dans ce sens.
Il y a quelque temps, le magazine La Gazette avait annoncé que la société Arcelor Mittal se retirait, en citant des sources anonymes, internes à la compagnie. Comme en une sorte de démenti, le ministre des Mines, Ousmane Ngom, avait quelques temps après, reçu le représentant de la compagnie au Sénégal. A la sortie de l’audience, M. Goel avait réaffirmé la volonté de sa société à poursuivre ses investissements au pays. De même, hier, dans le cadre de la rédaction de cet article, Le Quotidien a joint le même M. Rash Goel qui, comme en mai dernier, a affirmé n’être pas informé de la volonté de son patron de se retirer du Sénégal. Il a également affirmé n’être pas au courant de la correspondance de M. Mittal au chef de l’Etat. A se demander s’il représente véritablement le même Mittal dont la signature a été authentifiée grâce à d’autres correspondances antérieures. Il faut néanmoins tenir compte du fait que, après sa première sortie dans la presse, pour se plaindre des atermoiements des autorités sénégalaises dans la finalisation du dossier de ces minerais de la Falémé, en 2007, M. Goel avait reçu des menaces à peine voilées, de la part des autorités sénégalaises, qui avaient laissé planer sur lui la sanction d’une interdiction du territoire. Depuis, le citoyen indien est devenu d’une prudence de loup.

source le quotidien










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