Archive | June, 2009

CRISE ÉCONOMIQUE : Repenser la politique industrielle

L’économie nationale est, on le sait, affectée par la crise économique mondiale. En conférence publique avant-hier au Centre de recherche ouest-africain (Croa) sur la question, Mansour Cama du Conseil national du patronat (Cnp) est revenu sur les voies et moyens pour sa relance.

Un soutient de l’Etat à l’économie nationale, une accélération de l’intégration régionale, un investissement public/privé, une diversification des partenariats, une bonne gouvernance aussi bien publique que privée, le développement des services, booster la production nationale, insister sur la formation, organiser la recherche économique, revenir à la prospection et à la planification adéquate… Voilà, entre autres, les solutions proposées par le président du Conseil national du patronat (Cnp) afin de relancer l’économie nationale affectée par la crise financière mondiale. Mansour Cama abordait, avant-hier, ce thème au Centre de recherche ouest-africain (Croa), à l’occasion d’une conférence publique organisée par les Alumni (anciens boursiers) du département d’Etat américain. Le conférencier, lui-même un ancien de l’Université Georgetown de Washington, a beaucoup insisté sur la transparence et le contrôle citoyen pour ce faire. Des spécialistes comme l’ancien ministre socialiste, Mamadou Faye, le parlementaire Mamour Cissé ou encore Coumba Ndoffène Diouf de la Faculté des Sciences économiques et de Gestion de l’Ucad ont intervenu. Ils estiment qu’il faut repenser notre politique industrielle et intervenir, si nécessaire, voire même rebâtir l’économie mondiale.

Auparavant, le conférencier a soutenu que la crise n’est pas arrivée en trouvant une économie bien solide. Il a rappelé les crises alimentaires et énergétiques, la dette intérieure, la relative maîtrise de l’inflation ou encore le « manque de concertation avec les acteurs économiques ». De son point de vue, le profil de l’économie sénégalaise dépend beaucoup des importations et le tourisme – qui a connu une baisse de 30% de ses activités – est le secteur le plus touché. Il a aussi soutenu que les transferts des émigrés – qui a atteint un pic – l’aide publique au développement et l’investissement direct étranger pourraient connaitre une baisse. Mansour Cama a souligné que les Pme accèdent difficilement aux financements et que les politiques volontaristes de l’Etat produisent parfois des contraintes d’ordre budgétaires. Pour lui, il faut alors un plan de relance pour sauver notre économie, c’est-à-dire « définir ce qu’il faut faire et où aller ».

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La Chine et l’Afrique : cela ne fait que commencer

Depuis 2001, les performances économiques de l’Afrique ont dépassé les prévisions, et l’un des facteurs qui explique cette performance a été l’émergence de la Chine comme partenaire commercial du continent.

La capitale britannique a abrité fin mai une rencontre sur la vitalité des relations d’affaires entre la Chine et l’Afrique. En 2008, le volume des affaires entre la Chine et l’Afrique a atteint 100 milliards de dollars, un objectif fixé en 2006, alors que ce volume commercial était tout juste de 55 milliards de dollars à l’époque. Londres étant une plaque tournante du monde des affaires, avec de nombreux pôles financiers s’intéressant à l’Afrique, cette rencontre a permis de rassembler ces acteurs, spécialistes, experts des relations sino-africaines pour analyser les perspectives d’avenir.

Hu Jintao l’africain.

En février dernier, le président chinois Hu Jintao est revenu sur le continent, visitant cette fois-ci des pays non producteurs de pétrole comme la Tanzanie, le Sénégal, le Mali et l’Ile Maurice. La rencontre de Londres voulait aussi être une plateforme pour des investisseurs potentiels dans le domaine de l’agro-business. Yuan Chen, l’un des directeurs de la Banque de développement de la Chine, confirmait que la Chine était prête à travailler avec les pays africains sur des projets d’infrastructures mais aussi agricoles. Ainsis en RDC, la Chine s’est engagée en janvier de l’année dernière, à mobiliser jusqu’à 9 milliards de dollars, dont six milliards uniquement pour des projets d’infrastructure. Ce financement, qui s’étale sur une période de trois ans, semble capital pour ce pays grand comme l’Europe de l’Ouest, même si tout le monde ne s’accorde pas sur ce genre de partenariat pour le développement. En 2007, les relations d’affaires entre la Chine et l’Afrique se sont élevées à 73,3 milliards de dollars soit un accroissement de 32% par rapport a 2006.

Soutenir le commerce Chine Afrique

Pour soutenir ce commerce Chine-Afrique, les Chinois ont d’ailleurs mis en place un Fond de développement Chine-Afrique. Ce fond vise, entre autres, à remédier au manque de prêts et d’aide sans intérêts dans la coopération entre la Chine et l’Afrique. Cette structure soutient donc les compagnies chinoises travaillant sur l’Afrique. Le capital de ce fond s’élève à 1 milliard de dollars mais passera bientôt à 5 milliards. La Banque Mondiale à également mis en place, en mai 2009, une plateforme de partage de savoir-faire entre l’Afrique subsaharienne, la Chine, la Malaisie et Singapour pour permettre aux pays africains de partager leurs expériences dans la mise en place de Zones économiques spéciales, afin d’améliorer leur compétitivité et leur interaction avec les marchés asiatiques.

Investir dans l’agriculture africaine

Au delà de sa boulimie pour les matières premières du sous-sol africain, la Chine a aussi commencé à s’intéresser à l’agriculture africaine. Car il faut garder à l’esprit, dira Raphael Kaplinsky, spécialiste des relations sino-africaine à l’Open University, que la Chine représente 20% de la population mondiale, mais ne dispose que de 7% des terres arables. La Chine a donc besoin de produits agricoles en tous genres. Pour l’instant des pays comme le Brésil, l’Argentine, la Russie, l’Ukraines les pays de l’est et du sud-est asiatique tirent avantage de ces besoins chinois en produits agricoles. Mais l’Afrique devrait aussi se positionner sur ce marché grâce à des investissements chinois. Par exemple, le Mozambique envisage d’exporter du riz vers la Chine. Un partenariat a été mis en place qui permettrait à 10 000 exploitants chinois d’être transférés dans ce pays. La Tanzanie vise aussi l’exportation de riz vers la Chine, alors que 400 exploitants chinois sont déjà opérationnels en Ouganda, et qu’il y a des projets de coopération agricole, dont les détails ne sont toujours pas publics, avec des pays comme le Zimbabwe, le Kenya et la Cote d’Ivoire.

Relations publiques

La rencontre de Londres organisée par le groupe de relations publiques Okra Express, a regroupé une centaine de participants et à donner l’occasion de présenter le potentiel existant sur le continent africain à tous les investisseurs potentiels. Il y a ainsi eu une exposition de produits agricoles et artisanaux du Rwanda, et Youssouph Diallo, un diplomate de l’ambassade du Sénégal est venu également présenter le potentiel et l’environnement des affaires mis en place dans son pays. Un contingent important d’investisseurs et d’institutions chinoises étaient présents, comme le directeur général adjoint de la Banque de Chine, Zhuanglei Li, avec de nombreux représentants de la Banque de développement de la Chine.

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