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STANDARD & POOR’S NOTE LE SENEGAL:Ça va, mais attention…

palaisDepuis 2001, le Sénégal, premier pays en Afrique de l’Ouest à avoir accepté d’être noté par le cabinet international Standard & Poor’s, est noté B+ à long terme et B à court terme par l’agence de notation économique Standard & Poor’s. La même note est confirmée sauf que la perspective dégradée qui l’accompagnait a été révisée la semaine dernière, passant de « négative » à « stable ».

Les notes « B+/négative/B » attribuées récemment, le 16 mai dernier, précisément, au Sénégal par l’agence de notation économique Standard & Poor’s sanctionnaient une gestion des finances publiques et une situation économique inquiétantes. La perspective « négative » reflète en effet les risques importants de détérioration des finances publiques sénégalaises qui sont déjà vulnérables.

Aussi, Standard & Poor’s avait même averti que les notes du Sénégal pourraient être révisées à la baisse si les efforts visant à améliorer la gestion des finances publiques ne parvenaient pas à mener aux résultats escomptés et conduisaient à une détérioration du déficit budgétaire. Il en serait de même si l’effort de réformes devait être interrompu. L’Etat sénégalais s’était alors décidé à s’ajuster et de rechercher « immédiatement » des solutions au déficit budgétaire et à la question des arriérés de paiement aux entreprises du secteur privé, notamment. Aussitôt dit aussitôt fait ?

Tout en confirmant, la semaine dernière, la note attribuée au Sénégal, l’agence de notation vient en tout cas de revoir la perspective y attachée, la faisant passer de « B+/négative/B » à « B+/stable/B ».En d’autres termes, le Sénégal est sur la voie de retrouver du crédit et échappe, pour l’heure, à une dégradation drastique de sa signature.

La notation de Standard & Poor’s, une des trois grandes agences mondiales de notation des dettes souveraines (dettes des pays), permet d’évaluer le risque « de non-remboursement en temps et en heure d’un emprunt émis sur le marché », et donc la capacité et la volonté d’un Etat à rembourser sa dette. On parle aussi de la qualité de la signature. En outre, la notation est censée soutenir « l’investissement étranger direct, améliorer l’accès du secteur privé aux marchés des capitaux et favoriser une plus grande transparence financière du secteur public ».

Si l’on en croît l’agence, cette révision positive de la perspective reflète « l’amélioration de la gestion des finances publiques ». Il semble que des progrès sont réalisés dans la mise en place de procédures de dépenses et d’exécution budgétaires devenues plus rigoureuses. S’y ajoutent le paiement des arriérés légaux (3% du PIB en 2008) envers les fournisseurs ainsi que la réduction du déficit budgétaire sur la base d’un objectif de 4% en 2009 (dons inclus) contre 7% en 2008 (arriérés inclus), entre autres.

Mêmes signes, ailleurs…

Au Royaume-Uni, un sérieux avertissement a été lancé jeudi au vainqueur de la prochaine élection générale britannique par l’agence de notation Standard & Poor’s, qui a menacé d’abaisser la note de crédit « AAA » du pays, la meilleure possible, si des engagements n’étaient pas pris pour restaurer l’état des finances publiques.

S&P a attribué une « perspective négative » à cette note de crédit de long terme, ainsi qu’à la note court terme.

La note de S&P a porté un violent coup aux marchés britanniques. La livre, bien portante récemment, a plongé de quelque trois cents face au dollar à 1,5517 dollar et de deux centimes d’euro à 1,1275 euro. Le Footsie-100, l’indice vedette de la Bourse de Londres, a perdu jusqu’à près de 3%. Deux autres « triple A », l’Espagne et l’Irlande, ont déjà vu leur note abaissée par S&P, qui a aussi abaissé les notes de la Grèce, du Portugal, et de l’Islande notamment. Les « triple A » de S&P sont au nombre de 18 actuellement, avec des profils très variés : Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Danemark, Etats-Unis, Finlande, France, Ile de Man, Liechtenstein, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Singapour, Suède et Suisse.

Quand les agences sont « notées » à leur tour

Déjà considérées comme responsables de la crise des subprimes en ayant trop bien noté des produits en réalité trop risqués, elles irritent maintenant aussi en période de crise. Peu connues du grand public, les agences de notation jouent un rôle essentiel sur les marchés financiers. Leur rôle est d’apprécier le risque de solvabilité financière de différents acteurs (entreprises, États) en donnant aux investisseurs des informations sur le risque encouru lors de l’achat d’un actif. Leur influence est énorme et tout changement de la notation a des répercussions parfois dramatiques sur le cours des actions de l’entreprise ou du pays ainsi notés. En quelque sorte, pour l’opinion, on pourrait écrire qu’en temps normal, les agences de notation surévaluent et qu’en temps de crise, elles dévaluent.

Par ailleurs, tout distributeurs de bons et mauvais points, les agences de notation sont loin d’être des enfants de chœur. L’ouverture, le lundi 12 janvier dernier, d’une procédure formelle d’enquête sur l’agence de notation Standard and Poor’s (S&P), soupçonnée d’abuser de sa position dominante sur les numéros ISIN, utilisés pour identifier les actions ou obligations, en atteste.

S&P pourrait avoir abusé de sa position de monopole en tant qu’agence nationale de numérotation aux Etats-Unis, en obligeant des institutions financières (banques, fonds d’investissement) à payer des droits de licence pour pouvoir utiliser les codes ISIN américains dans leurs bases de données, selon la Commission qui agit suite à une plainte déposée par « plusieurs associations représentant des investisseurs (institutions financières et gestionnaires de fonds) », sans les identifier. Ces associations ont accusé S&P d’imposer aux institutions financières localisées dans l’UE des droits de licence, y compris pour des services que ces institutions n’utilisent pas.

Tout compte fait, la référence faite ici à la crise des « subprimes » est d’autant plus appropriée que la transparence et l’indépendance dans la production de l’information constituent un enjeu crucial pour les marchés, qu’ils soient financiers ou autres. La question se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que les agences se sont vues conférer un rôle de quasi-régulateur avec la convention de « Bâle II » notamment sur la régulation bancaire.

source sud quotidien










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