Les ministres des Finances des pays représentant 85 % de l’économie mondiale ont réaffirmé leur volonté de rétablir la croissance, mais la coopération mondiale avance plus vite sur le front des réformes.
Les ministres des Finances des pays membres du G20, réunis au début du week-end dans le sud de Londres, sont parvenus à dépasser leurs divergences, s’engageant tout à la fois à lutter énergiquement contre la récession, à remettre sur pied le système financier et à proposer de nouvelles régulations. « Nous sommes prêts à prendre toute mesure qui s’avérerait nécessaire jusqu’à ce que la croissance soit rétablie », ont promis les grands argentiers des pays qui, ensemble, représentent 85 % de l’économie mondiale. Leur principale priorité semble cependant de « rétablir le bon fonctionnement du crédit », en partie à l’aide d’un cadre de principes qu’ils ont édictés pour « restaurer » les bilans des banques et autres assureurs.
A l’issue des deux jours de rencontres dans un luxueux manoir anglais, la satisfaction était de mise. Les participants ont souligné à l’envi l’excellent esprit de collaboration ayant présidé aux rencontres. « Je n’ai jamais vu ce niveau d’engagement », s’est ainsi félicité Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor américain, « même si nous voyons des différences de priorités car nous faisons face à différents défis ». Bref, une préparation jugée réussie en vue du grand sommet des chefs d’Etat, le 2 avril à Londres.
Plans de soutien
Une mission a été confiée au FMI pour « évaluer » l’efficacité des politiques de relance engagées à travers le monde. Ce sera à lui, in fine, de juger si les plans de soutien mis en oeuvre à travers le monde sont ou non suffisants. En outre, les argentiers sont convenus de multiplier par deux, au moins, les ressources de l’institution internationale, mais ont laissé aux chefs d’Etat le soin d’annoncer un accord sur les montants. Les Américains voient dans l’augmentation des moyens du FMI une façon indirecte de peser sur la relance. Les Européens, Britanniques en tête, veulent confier au FMI un rôle d’« alerte précoce » des crises et jugent utile d’accroître son rôle dans la crise. Cet appel à ressources peut enfin convaincre les pays émergents de réduire leurs réserves et dépenser utilement leurs excédents. Quant aux autres pays, ils ont obtenu une avancée sur la gouvernance de l’institution internationale.
Si le communiqué final est un long catalogue de mesures à détailler encore, les pays du G20 y manifestent clairement leur intention de réguler les fonds spéculatifs, d’encadrer les agences de notation, de lutter contre les paradis fiscaux et de se défaire au plus vite des « actifs toxiques » des établissements financiers. Sur le volet de la réglementation, Paris et Berlin se sont empressés de revendiquer le pas en avant opéré par la nouvelle administration américaine, qui n’était pas présente lors du sommet de Washington. Ouverture de la part des paradis fiscaux, surveillance des « hedge-funds », plus grande standardisation des produits dérivés, Christine Lagarde et son homologue allemand Peer Steinbruck, réunis lors d’une inhabituelle conférence de presse commune, se sont réjouis des « avancées » obtenues en matière de transparence.
« Le vrai sujet de la réunion d’avril est de maintenir la foi dans des solutions multilatérales au moment où la tentation du chacun pour soi et des politiques protectionnistes grandit », rappelle Katinka Barysch, du Centre for European Reform.
source les Echos








