Categorized | Economie

Awa DIALLO, présidente nationale du directoire des femmes en élevage(Dirfel) : ‘Le lait local est soumis à une concurrence déloyale’

On ne parle, en général, de l’alimentation extravertie des Sénégalais qu’en pensant aux 600 mille tonnes de riz importées par an. Il y a, à l’évidence, un autre mal dormant. Il s’agit de l’importation de lait en poudre, ’exonérée de la Tva’, qui nous coûte 54 milliards de francs Cfa par an. Résultat : le lait local est soumis à une concurrence… ‘déloyale’. C’est du moins l’avis de Mme Awa Diallo, présidente nationale du Directoire des femmes en élevage (Dirfel).

Wal Fadjri : Vous décriez ce que vous appelez la concurrence déloyale des vendeurs de lait caillé de quartier. Qu’est-ce que vous leur reprochez ?

Awa Diallo : Nous faisons face à une importation de lait en poudre qui nous coûte 54 milliards de francs Cfa par an. Et depuis quelque temps, l’Etat a supprimé la Tva sur le lait en poudre. Au même moment, le lait local est taxé à 18 %. Je l’affirme sous le contrôle des directeurs de la Laiterie Berger et de la Sodefitex. Dans ces conditions de parti pris flagrant, on ne peut pas faire jeu égal avec ces vendeurs de lait caillé qui ont pignon sur rue dans nos quartiers. Nous voulons que l’Etat fasse des efforts par rapport à cette situation, en levant cette faveur faite à nos concurrents. Ou alors que les pouvoirs publics suppriment la Tva sur le lait local. Parce que notre élevage a des potentialités, le bétail dont nous disposons s’évaluant à quelque trois millions de têtes de bovins avec un million de vaches laitières. La potentialité est donc là.

Wal Fadjri : Etes-vous sûre que si l’Etat vous met sur un pied d’égalité avec les vendeurs de quartier, le lait local est en mesure de bien se vendre ?

Awa Diallo : Une chose est sûre, dans les conditions actuelles, nous ne pourrons jamais concurrencer le lait en poudre. En plus, un kilogramme de lait en poudre transformé donne huit litres. Vous voyez que c’est vraiment facile. Ce n’est pas notre cas. Car, avec toutes les charges qui pèsent sur le lait local, on ne peut avoir le litre à moins de 500 F Cfa. Nous faisons ainsi face à une concurrence déloyale.

Wal Fadjri : Mais avez-vous les moyens d’inverser la tendance actuelle ?

Awa Diallo : Au plan de la qualité, du goût, nous sommes meilleurs. Cela est attesté par des contrôles réguliers et des concours qui nous mettent tout le temps en avant. Nous sommes toujours premiers à ces concours, parce que nous maîtrisons les techniques de transformation. En plus, nous faisons tout pour répondre aux normes requises par le ministère du Commerce. En vérité, depuis que nous sommes dans le secteur de la promotion de la transformation du lait local, nous n’avons aucun problème. Du point de vue de la qualité et du goût, il n’y a pas de doute, nous sommes au-dessus de la mêlée.

Wal Fadjri : Qu’est-ce qui fait alors que le lait local transformé est moins couru que celui en poudre transformé et vendu dans les quartiers ?

Awa Diallo : Il y a un problème d’information et de sensibilisation. Nous devons aller auprès des médias en compagnie des associations de consommateurs pour informer les populations. La sensibilisation et l’information s’imposent, parce que ce qui est importé n’est pas, dans l’écrasante majorité, du lait d’animal. C’est du lait végétal. Je ne cite personne. Mais, les gens ne savent pas ce qu’ils consomment. Voilà qui explique, sûrement, la récurrence de certaines maladies comme le diabète, l’hypertension et autres. C’est en partie lié à nombre de produits importés. Il y a nécessité de mener une campagne sur ces questions. Nous ne pouvons pas le faire, faute de moyens. Mais nous sommes ouverts aux radios et aux télévisions pour nous expliquer sur des questions de cette nature.

source wal fadjri










ECOUTER LES RADIOS

Ecouter RFI Afrique

Ecouter RFM dakar

Ecouter BFM



  • Plus vus
  • News
  • Commentaires
  • Tags
  • Flux rss
au senegal le221 Senjob