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RECHANGE- On gagne beauoup et vite : Un secteur en plein boom

RECHANGE- On gagne beauoup et vite : Un secteur en plein boom

Jadis, les magasins de pièces détachées se comptaient sur le bout des doigts. Mais aujourd’hui, c’est la ruée vers le secteur. Boutiques, étals, poussent comme des champignons à travers les artères de la capitale du Sénégal. Secteur informel, la vente de pièces de rechanges est considérée comme un créneau juteux, qui fait vivre son homme, malgré les difficultés. «Avant les années 1980, nous étions les seuls vendeurs de pièces détachées ici. Il n’y avait aucun magasin dans les parages. Aujourd’hui, non seulement il y en a plusieurs, mais on est même envahi par des étals, des chariots qui vendent au même titre que nous des pièces», se désole Pape Alioune Fall, gérant de l’un des grands magasins de pièces de rechanges de la première centrale des lieux dénommés «Di Foncier». Environ la cinquantaine, M. Fall a fait ses premiers pas dans la mécanique avant de se convertir en vendeur de pièces de rechanges. Situé entre l’Avenue Blaise Diagne et la gare routière Petersen, le magasin d’Alioune Fall dispose de toutes sortes de pièces. Amortisseurs, portières, ailes, pare-chocs, cardans, moteurs entre autres. Individuellement, ou par groupe de deux, des clients viennent chercher l’«organe» ou les «organes» dont ils ont besoin.
Les marques dominantes sont d’origines japonaises, françaises et allemandes, notamment les marques Toyota, Peugeot, Renault entre autres. En effet, explique le gérant, la majeure partie des véhicules est d’origine japonaise, française ou allemande. Il prend pour preuve, «70% des taxis qui circulent dans la capitale sont de marques japonaises. Nous importons en fonction de la demande. Le constat est que les gens sont plus demandeurs de ces marques».
Pour importer des pièces, l’ancien mécanicien collabore avec un Français basé à Lyon. «Notre collaborateur achète sur place des véhicules, surtout ceux qui sont hors d’usage, qu’il démonte et nous envoie les pièces. Pour remplir un conteneur de 20 pieds, il faut dépenser environ 8 millions de francs Cfa. Au Port de Dakar, les taxes peuvent atteindre jusqu’à 2,5 millions, auxquels il faut ajouter les frais de transit, variant entre 200 000 et 300 000 francs Cfa, soit un total d’environ 10,7 millions de francs Cfa», explique M. Fall. L’aspect le plus contraignant dans le métier, souligne M. Fall, «ce sont les taxes douanières. Elles sont exorbitantes. Elles se répercutent sur le prix de vente des pièces au Sénégal. Malgré tout, on s’en sort. Il suffit de bien planifier et d’avoir un minimum de savoir-faire. C’est vraiment un créneau qui rapporte. C’est pourquoi tout le monde y investit».

«3 millions de francs Cfa de benefice par conteneur»
A la Sodida, chez Mame Mor Diagne, c’est le rush. Hommes et femmes prennent d’assaut le magasin. A la devanture, des moteurs de marque Peugeot, Renault, Toyota, Nissan entre autres, sont rangés au fond, des portes, des ailes, des pare-chocs en plastique, des pare-brises, des batteries de 40, 45, 55, 60 ou 70 ampères jonchent le sol. Sur la toiture, surplombent des cardans, des courroies. Le maître des lieux vient de débarquer un conteneur. «C’est un secteur florissant où les pertes sont minimes. Le seul hic, c’est la lourdeur des taxes», déplore l’importateur qui, néanmoins, indique que «les bénéfices peuvent aller jusqu’à trois millions de francs Cfa par conteneur de 20 pieds.»
D’après lui, l’importation d’un conteneur de 20 pieds peut coûter jusqu’à 20 millions de francs Cfa, le double du prix déclaré par Alioune Fall. Ce qui démontre un peu du flou qui règne dans le secteur. Mame Mor Diagne ajoute qu’un conteneur de 40 pieds représente environ 30 millions de francs Cfa. Il importe souvent des moteurs de marque Mercedes diesel, et des Bmw, dont les prix tournent autour de 500 000 francs Cfa. Pour les cardans et les amortisseurs, les prix varient entre 10 et 15 000 francs Cfa. Une batterie d’occasion de 55 Ah coûte chez lui, 25 000 francs Cfa, alors qu’une batterie neuve d’une même puissance, coûte 75 000 francs Cfa, soit une différence de 50 000 francs. C’est la raison pour laquelle explique-t-il, «les propriétaires de véhicules préfèrent acheter des pièces d’occasion. Non seulement, elles coûtent moins chères, mais aussi, elles durent plus longtemps». Pis dénonce l’artisan, «la majeure partie des pièces neuves, notamment les batteries, les phares, les pare-brises, les huiles, les filtres… font l’objet de contrefaçon. Ce sont souvent des produits venant du Nigeria. Ca coûte moins cher, mais, leur durée de vie ne dépasse pas trois mois. Les Nigérians d’à côté vendent, par exemple, une batterie neuve contrefaite de 70 Ah à 15 000 francs, alors que celle d’occasion, coûte chez nous à 40 000 francs Cfa. Un pare-brise neuf contrefait, peut coûter 30 000 francs Cfa, tandis que celle d’occasion, nous la vendons à 50 000 francs».

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